Visiter l’île de Cat Island aux Bahamas, c’est s’offrir quelques heures paradisiaques, loin de tout : ancien fieff d’un pirate contemporain de Barbe Noire, l’île porte ainsi le nom d’Arthur Catt après avoir assumé celui de San Salvador (attribué depuis à une autre île). D’ardents défenseurs étaient convaincus que Christophe Colomb avait débarqué sur cette île avant d’aborder les autres terres de ce côté de l’Atlantique. Après des recherches approfondies, il s’avère que l’explorateur, s’il est bien venu sur Cat Island, avait foulé le sable d’autres îles avant celle-ci. Mais qu’importe ! J’ai eu un coup de foudre pour Cat Island et ses plages, ses habitants et ses petits hôtels au parfum de sable et de soleil.
Pour être heureux aux Bahamas, la recette est simple : prenez un vol Sky Bahamas depuis Nassau, emmenez avec vous une poignée d’amis, installez-vous dans un bungalow sur la plage, et laissez-vous vivre au son du reggae. Promenez-vous sur la seule route qui traverse cette île de 80 km de long. Vous vous arrêterez forcément devant le Floating Point, à hauteur de New Bight, aux deux-tiers inférieurs de la Queen’s Highway. Sur cette île de 1 650 habitants, vous rencontrerez là Lance Major, et sa femme Manoera. DJ et père de deux adorables poupées de 5 et 4 ans, Lance joue de la platine tandis que Duke Moss, son compère, taille dans la chair des conques, ce coquillage rose flamant à la pêche réglementée dans les Caraïbes et dont les Bahaméens raffolent. Vous vous assiérez à même le bois chauffé à blanc des poutres qui soutiennent le café sur pilotis au-dessus du lagon de la plage qui s’étend à perte de vue. Vous siroterez une Kalik, la bière locale, ou un Sky Juice, cocktail à base de coco, rhum et lait, en écoutant des remix de Michael Jackson version Caraïbes (et ça se danse tout aussi bien !).
Vous bavarderez avec Star, pêcheur de conques aux muscles aussi secs que la corde d’ancrage d’un bateau resté trop longtemps sous le soleil tropical. Peau acajou et barbiche grise, Star a perdu quelques dents et son anglais est tel qu’il vous faudra vous habituer d’abord à son accent. Mais après quelques minutes de timidité, ou de pudeur instinctive, il vous expliquera son travail et vous l’observerez remettre à l’eau les coquillages pêchés du matin pour les maintenir au frais, sous surveillance, jusqu’à ce qu’un client s’arrête pour commander l’un des deux plats locaux, la salade de conque à la bahaméenne. Alors Star entrera dans l’eau cristalline du lagon et choisira un beau spécimen pour le lancer à Duke.
Les yeux mi-clos sous la caresse des alizés vous suivrez la danse hypnotique du long couteau extirpant le mollusque de sa coquille, coupant, tranchant, hachant jusqu’au citron vert qui se mêlera intimement aux sucs iodés du lambi, le nom antillais de ce coquillage d’exception. Et quand les éclats de piment écarlate tacheront la chair nacrée, vous tremperez une cuillère gourmande dans cette salade fraîche tout juste extirpée de l’océan et du jardin voisin. Tomate, oignon, orange, les parfums se côtoient jusqu’à l’explosion de saveurs qui mettront vos papilles en émoi.
Vous y êtes…
Pendant votre dégustation paresseuse, votre regard se perd entre le miroitement du soleil sur le lagon translucide et cette fillette aux nattes perlées qui danse sur les chansons de Rihanna…
Quelques voisins arrivent, qui chantent et dansent avec Preston, regard brun et dreadlocks blondes sur une peau de cuir tannée par trop de soleil sous le vent. Les hanches roulent sur les notes rasta, les bras se lèvent vers le soleil, les pieds lèchent le bois au rythme caribéen. Sea, music and sun… Refrain renouvelé sur un air qui balance, qui fait ociller le corps instinctivement. Ceux qui ne dansent pas encore frappent dans leurs mains ou chantent. Personne ne peut rester indifférent à cette allégresse commune au son de la musique tropicale qui sent bon les vacances et le farniente, à mi-chemin entre épicurisme et hédonisme.
Ici les sens sont rois, l’âme est folle.
Ici on oublie iPhone et cours de la bourse. Ici on profite de la vie, on raconte la sienne à de parfaits inconnus qui repartiront vers leur anonymat deux heures plus tard, en laissant dans un coin de votre tête comme un sentiment de fraternité ébauchée.
Cat Island…
Ici on retrouve le sourire oublié sur la route d’une vie chahutée. Et on repart, repu et heureux, avec en prime le parfum mouillé de rhum ambré d’une moustache affectueuse qui s’écrase en un gros smac sur votre joue, élan d’affection spontané de Star, heureux d’avoir partagé quelques heures de bonheur avec une poignée de Français qui garderont longtemps le souvenir ensorcelant d’une après-midi sous le soleil de cette île rare…

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comme tout tes reportages , cela donne l’envie de partir dans ces endroits paradisiaque , et ces visages rayonnants montrent la joie de vivre , méme si parfois cela cache l’enver s du décors , mais qu’ils sont beaux j’ai hate de lire la suite ;,
Ca c’est une ile que l’on ne vas pas manquer lors de notre voyage cet ete. Et ou est la recette de la salade de conque? A la place de l’avion peut on y aller en bateau? Merci. On reve deja.
Mais rentrée appremment? Comment était le temps? Tu n’as pas répondu à ma question sur le meilleurs moment pour y alller. Merci. On attend la suite de ton voyage.
Quand je lis ton article évidement j’ai très envie de partir mais je me dis surtout que nous devrions peut-être dans nos vies de tous les jours à plus de simplicité comme ces personnes dont tu nous contes si bien la vie. Les rencontres et les échangent les plus riches sont faits de simplicités entre les êtres.
Jline > l’envers du décor sur Cat Island est relativement visible : peu de ressources, mais peu de besoins également pour ceux qui savent se contenter de l’essentiel. J’idéalise peut-être un peu, mais je n’ai croisé que des gens qui avaient l’air d’être satisfaits.
Caroline-de-caroline > pour la salade de conque il va falloir patienter un peu, mais vous l’aurez, c’est promis ! Je n’en ai pas raté une miette ! Spécialement pour vous !
On peut se rendre sur Cat Island en bateau également, en croisière catamaran (voir la compagnie Moorings sur place et notamment dans les Abaco), ou en prenant le mailboat, le bateau qui distribue le courrier dans les îles. Il fait plusieurs haltes le long de l’île.
Stephanxx > j’ai eu un temps superbe, sauf une journée où le ciel était gris, avec quelques averses. Mais une belle chaleur tout de même… On peut se rendre aux Bahamas toute l’année, les ouragans qui dévastent le sud des U.S. épargnent les Bahamas qui ne sont pas sur la route des vents. Ils n’atteignent ces îles, et principalement Grand Bahama qu’une fois tous les douze ans en moyenne, la dernière fois étant septembre 2004. En général septembre est le mois le plus « susceptible » de voir passer un ouragan, mais c’est donc rare.
Pour ma part je suis allée sur Andros en décembre, très beau temps avec un vent frais (mais ce n’est pas une généralité me dit-on). Ensuite sur les îles de Bimini en avril, temps chaud et vent chaud en mer. Puis New Providence, Grand Bahama, Abaco, Cat Island donc en juin : temps très chaud, peu de vent, quelques pluies rafraîchissantes, mer à 30 ou 32° en surface. Je me suis laissée dire par les locaux que mai serait le meilleur mois à tous points de vue (pour les plongeurs et non-plongeurs). Encore faut-il définir ce qu’est un climat idéal pour chacun d’entre nous !…
Sylvie > petite minute de philosophie grâce à ton intervention… Il est certain que quand on se promène comme je l’ai fait d’île en île, et notamment sur les îles moins fréquentées comme Cat Island qui reste un petit eden peu touché par le tourisme, on revient vite à l’essentiel dont les relations humaines. Comme le répète une chanson, « il y a le ciel, le soleil et la mer ». On oublie iPhone, Internet et chaînes câblées. Les différences sociales sont aussi moins marquées, on partage des instants privilégiés, c’est tout.
Deux heures plus tard je me jetais dans le lagon d’une seule traite dans une eau à + de 30°, et deux personnes m’ont rejointe. Nous avons bavardé dans l’eau pendant plus d’une heure…
Pretty good post. I just came across your blog and wanted to say
that I have really enjoyed reading your posts. Any way
I’ll be subscribing to your blog and I hope you post again soon!
peu à peu je reconstruits mon site.
Le tien est génial, avec ces articles découpés comme un magazine.
mais dur de le faire sur la plateforme overblog.
a bientot.
Conseil : Si tu avais à choisir un trekking en Irlance ou au canada, tu choisis quoi ?
Le Canada me semble plus approprié pour un trekking, ne serait-ce que par la taille de son territoire. Voir la Colombie Britannique avec ses paysages splendides…
Bon courage pour ton site…
Tout ceci est vrai, j’en atteste, j’y étais ! Bravo Marie-Ange pour ton tableau plein de saveurs. Félicitations et bonne continuation. Vincent
Très heureuse de te retrouver sur les pages d’Un Monde Ailleurs après ce beau voyage aux Bahamas !
En espérant te croiser de nouveau sur d’autres chemins…
Good luck !
Really good post. I came accross your blog quite a few times, but with my bad french I could only look at your photographs. Now with the translater you added (I am sure I am still missing the beauty of the French language) I can understand most of your writing. Really great. Like Sara, I am now one of your fans.
Sara > thanks a lot Sara and welcome…
Patrick > I am very happy to finally meet some of my English speaking readers and « fans »! It’s great to know that you are read in countries where your home language is not generally spoken…
Site très joli et très agréable à parcourir ! Il figure déjà dans mes favoris !
Merci pour vos partages de voyages, de photos et de récits !
Quelles sont les prochaines destinations ?
Je vais lire si vous avez des récits sur la Réunion, l’ile maurice car j’y vais en fin de semaine !
Sur mon site, je n’ai pas la même qualité de photo ou de rédaction et votre métier est passionnant !
à très bientot pour lire vos prochaines aventures !
Bonjour Etienne,
Et bienvenue sur les pages d’Un Monde Ailleurs…
J’ai publié de nombreux récits sur les îles de La Réunion et Maurice, j’y ai vécu, et je connais suffisamment pour en parler avec beaucoup de tendresse.
Je vous souhaite un excellent séjour dans l’océan indien…
Ouh là là… rien qu’à te lire, j’en ai les papilles toutes titillées par cette salade de coquillage tout droit sortie de l’océan. Voilà une île bien alléchante à tous points de vue!
Et rien qu’à l’évoquer, j’ai très envie d’acheter une conque pour me préparer cette salade de rêve !
(problème immédiat : où trouver une conque en plein Paris ?…)
PS : si un lecteur pouvait me faire une suggestion pour remplacer ce coquillage un peu ferme par un autre plus facile à trouver en France, je lui serais reconnaissante !…