Toxic, de William Reymond : à dévorer d’urgence
1 août 2007 par Un Monde Ailleurs
Dans Lire et dire
Bien sûr j’ai quelques récits de voyage à vous proposer, et quelques plongées à vous raconter, mais ça fait quelques mois que je ne vous ai pas parlé lecture et franchement, ce serait un manquement à mon devoir de citoyenne de ne pas vous parler, très rapidement, de ce livre que j’ai lu pendant toutes les heures de vol qui nous ont menés de Paris aux Bermudes au printemps.
Et j’hésite à classer cet article dans le chapitre “Lire et Dire” puisqu’il s’agit de lecture ou dans “Saveurs d’Ici et d’Ailleurs”, puisqu’il s’agit surtout d’alimentation. De notre alimentation…
Si j’ai acheté Toxic (écrit en français, par un auteur français vivant aux Etats-Unis), c’est parce que, comme quelques millions de cybernautes dans le monde, j’ai cédé en novembre dernier aux sirènes de MySpace : je me suis inscrite, j’ai développé une page et j’ai commencé à jouer avec ce monde virtuel au début attrayant, mais très vite vampirisant. De jour en jour, je me retrouvais (grâce à ma photo de fille ?…) envahie de centaines de demandes d’”amis” venus des quatre coins du monde, essentiellement masculins…
Au début, flatté(e), vous acceptez toutes les demandes en pensant que vous allez élargir le champs de vos relations et en apprendre davantage sur d’autres mondes. Puis, très rapidement, vous vous rendez compte d’un léger disfonctionnement dans la machine : si MySpace est essentiellement fréquenté par des jeunes (15 à 25 ans), la plupart des contacts masculins sont établis pour tenter leur chance (j’ignorais que cela pouvait être un site de drague) et pour le reste il s’agit, en dehors de quelques vrai(e)s motivé(e)s par la curiosité et le désir de nouer des relations épistolaires autour d’un thème précis, d’un immense réseau voué à la publicité personnelle : agents, acteurs, musiciens en devenir et auteurs en herbe, tous trouvent sur MySpace l’occasion (gratuite, donc louable) de faire connaître leurs “produits”, de vendre leur image, ou tout simplement d’être présents en ligne. Une sorte de carte de visite virtuelle, animée et immédiate. J’y suis, donc j’existe !
Pourquoi pas ?…
Inutile de préciser qu’on fait très vite le ménage entre sincérité et curiosité, et que j’ai en quelques semaines réduit drastiquement le nombre de mes “amis” virtuels jusqu’à ne conserver que ceux qui se disent réellement intéressés par mes écrits ou mes photos. Un moyen aussi, je suis honnête, de diffuser l’adresse de mon blog même si, je suis toujours honnête…, la littérature semble moins intéresser le MySpacien que les photos dites érotiques (et je n’en présente pas !).
Par contre, et il faut le dire également, MySpace est aussi un bon moyen de se tenir au courant de l’actualité de certains, et de trouver quelques bons tuyaux, et notamment en matière de musique (des artistes qui cherchent un label et qui ont pourtant du talent) et dans le domaine de l’écriture. Ainsi, s’il est de bon ton d’afficher ses propres goûts en la matière en inscrivant certains parmi ses amis (vous en chercherez quelques-uns et d’autres vous trouveront tout seuls, ce qui vous surprendra sans doute !), j’ai découvert un auteur journaliste que je ne connaissais pas tout en l’ayant pourtant déjà lu : William Reymond (voir sa page MySpace ici).
Certains d’entre vous ont peut-être lu, comme moi, l’un de ses livres sur Bush, sur JFK ou sur Coca-Cola ? Non, pas encore ?… Alors commencez donc par son dernier livre, celui que je vous suggère fortement de lire non pour embellir votre été parce qu’il va plutôt vous plomber le moral, mais pour vous informer et surtout pour vous donner toutes les bonnes raisons de cesser de vous alimenter de travers !
Toxic est un titre résolument agressif, mais le sujet ne l’est pas moins : démonter le mécanisme de la mal-bouffe qui “produit” des générations d’obèses partout à travers le monde, y compris dans les pays dits sous-développés. Je vous entends déjà soupirer, mais non ! le sujet n’avait jamais été traité de cette façon. Avec William Reymond, vous apprendrez très vite qui a décidé un jour de multiplier les portions par deux, qui a inventé le fameux concept du “buy 2 get 3 !”, et surtout pourquoi on intoxique le monde entier avec des produits artificiels véritablement nocifs pour la santé. A votre grande surprise, et sans doute aussi avec une grande répulsion, vous apprendrez qu’il n’y a pas que les frites qui sont dangereuses chez MacDo (oui, je sais, pourtant elles sont délicieuses et on y résiste mal ! mais pourquoi, le savez-vous ?…) mais que le contenu des hamburgers l’est encore bien plus (une horreur !). Et quelle mère ne frémira pas, comme moi, à l’idée des kilos de Nutella qu’elle aura offert généreusement à ses enfants ?…
Si j’ai eu du mal à accrocher sur les 80 premières pages un peu fastidieuses qui démontent tout le mécanisme et surtout l’origine historique de ce marché toxique à l’échelle mondiale, j’ai ensuite été très vite horrifiée de réaliser tout ce qu’on nous fait avaler au détriment de notre santé, et avec l’aval de nos gouvernements parfaitement informés. Ce livre se lit alors avec une boulimie morbide, celle-là même que William Reymond dénonce et contre laquelle il nous prévient, à grands renforts de chiffres et de démonstrations. Un playdoyer pour le “manger sain et méfiez-vous…”.
Je ne regrette pas l’achat de ce livre, et MySpace m’aura au moins permis, par le biais de William Reymond, de prendre conscience enfin (par la connaissance) de tout ce qu’on essaie de nous faire croire, sous couvert de grands slogans “mangez moins gras et bougez-vous !”. J’ai été narquoise quand j’ai fait le lien entre l’apparition de ce slogan sous toutes les publicités alimentaires sur notre écrans de télévision et la parution du livre Toxic. Mais sans doute n’est-ce là qu’un hasard ?
Lire ce livre n’est qu’un pas de plus vers la prise de conscience, un pavé à ajouter à ceux que des “agitateurs” de pensée, comme William Reymond ou Michael Moore, déposés un à un sur la pyramide de l’information, celle qui nous veut du bien, celle qui permet d’analyser, de raisonner, de juger et ensuite de décider.
Peut-être comme nous, puisque j’ai fait lire Toxic à l’Homme qui n’en a fait qu’une bouchée, prendrez-vous de nouvelles résolutions : lire davantage les étiquettes de vos produits au supermarché et bannir de votre assiette et de vos placards tous les produits qui contiennent trop de ces produits en trop… Au rythme où nous porte l’obligation de surconsommation, c’est une sage décision, ne serait-ce que pour les futures générations.
Mots-clés :gastronomie, littérature





Et puis sur MySpace, il y a même des gens qui tiennent leurs promesses. Qui lisent vos livres et ensuite partagent leurs sentiments.
Merci pour tout cela.
William
J’aurais pu le faire plus tôt puisque j’ai lu ce livre dès sa parution, mais j’étais en divers océans. Merci d’être passé par ici.
Je connais déjà trois personnes qui viennent d’investir dans ce livre qui vaut bien mieux que tous les magazines de plage.
Bonjour,
Je lis ce blog depuis des semaines et je le trouve très bien écrit, les photos sont splendides, réellement et j’aime beaucoup ce petit rendez-vous que je m’accorde avec vous le vendredi soir en rentrant chez moi. C’est comme si je fermais la porte sur mon travail de la semaine et j’ouvre la porte à un week-end d’évasion. Chaque fois je fouille un peu dans vos chapitres, comme pour me choisir une nouvelle destination, et je rêve parce que financièrement je ne peux partir qu’une fois par an mais vous m’offrez d’autres voyages. Alors merci pour ça! Mais cette fois j’écris juste pour signaler que j’ai lu ce livre de William Reymond et j’ai réagi comme vous également. Merci de l’avoir signalé parce que d’autres le liront et peut-être réussiront nous a modifier notre façon de manger. Merci.
merci a william d’avoir eclairé ma lanterne , deja que je ne mettais presque plus les pieds en grandes surfaces et bien là c’est chose faite c’est terminé , on fait avec le potager et terminé la viande , pas encore le poisson mais ca viendra………..maintenant j’espere quet l’ on avoir vraiment avoir confiance dans les magasins bio .
j’ai deja fait lire le livre a 3 personnes autour de moi et ne cesse d’en parler.
Oui, c’est un livre édifiant, et qui fait presque peur. Mais s’il peut éclairer les consciences et permettre de s’alimenter différemment, ce livre aura été utile.
Sans aller jusqu’à boycotter totalement tous les produits et tous les “marchands de bouffe”, il faut savoir s’autoriser un petit écart de temps en temps, même si le plaisir est atténué quand on sait ce qu’on avale…
Je l’ai aussi fait lire à de nombreuses personnes de mon entourage…
