Pas de voyage enrichissant sans rencontre prédominante : accumuler les miles en avion, fouler les plus belles plages du monde, admirer des paysages à couper le souffle, ne sont que broutilles sans l’émotion d’un contact avec des hôtes, ceux qui vous ouvrent leur porte, qui racontent leur quotidien ou leur histoire. On m’avait parlé de Karen von Opstal, et j’étais curieuse de rencontrer cette dame au nom venu du froid pourtant résidente du désert égyptien depuis vingt ans.
Tous les plongeurs rêvent de palmer en Mer Rouge, et beaucoup l’ont déjà fait. Vous le savez, nous avons effectué un reportage en février dernier pour Blue Lagoon et Red Sea Diving Safari, en visitant les trois villages de Marsa Shagra, Nakari et Wadi Lahami, et en plongeant sur les plus beaux sites qu’ils proposent. Dugongs, tortues, barracudas, dauphins, tunnels,… Des plongées de rêve. Et je vous en ai déjà longuement parlé ici. Mais si vous voulez lire mon article de huit pages, illustré par les photos de Francis, il vous faut courir acheter le numéro 91 du mois de mai de Plongeurs International (ou le commander sur Internet). Et par ailleurs…
J’ignore si vous procédez comme moi, mais j’aime réserver une plongée de nuit pour ma toute dernière immersion lors d’un séjour plongée. Je n’y ai pas dérogé en Egypte, il me fallait une plongée de nuit à Marsa Shagra. En février, après une belle exploration récréative sur le site de Sharm Abbu Dabbab dans la matinée, nous avons enfilé notre équipement encore humide à la tombée du jour et sommes entrés dans l’eau par la plage. Le temps de chausser nos palmes et nous glissons dans l’eau couleur jade sous la lueur de nos phares…
Février, 9:00 du matin, mer calme et temps superbe. Notre séjour plongée en Egypte s’achève doucement et nous sommes à Marsa Shagra avec Red Sea Diving Safari. Les photos s’amoncellent sur mon petit disque externe de 80 Go, mais ici la moisson est infinie tant les sites que nous explorons incitent à plus encore. Pendant les vingt minutes de bateau vers le site de Sharm Abbu Dabbab, nous croisons deux tortues qui affleurent en surface, demoiselles placides à peine perturbées par notre apparition soudaine. Une petite respiration, et elles disparaissent pour un autre voyage. Il est temps pour nous de les imiter…
Ce matin nous avons plongé sur le site de Daisy au large du village de Wadi Lahami ; une belle plongée à faible profondeur, mais j’en suis ressortie frigorifiée. En début d’après-midi, Karen von Opstal ayant compris mon désir de rencontrer des Egyptiennes me propose d’aller prendre un café chez l’une d’entre elles. Trop heureuse, j’accepte avec empressement et elle m’embarque à bord d’un 4×4 pour faire une dizaine de kilomètres sur l’unique route qui traverse le désert du Nord au Sud, vers Hamata, le port d’embarquement de tous les bateaux de croisière qui voguent vers St-John’s, jusqu’aux frontières du Soudan.
Peut-être êtes-vous, comme moi, à la recherche du carnet de plongée idéal. Celui sur lequel on inscrit tout ce qu’on a peur d’oublier avec la plongée suivante : les profondeurs, le temps d’immersion, le nom du site, sa description sommaire, les poissons admirés,… Ne vous fatiguez pas, le carnet idéal n’existe pas ! Par contre en Egypte j’ai déniché un petit quelque chose que j’ai bien apprécié, un carnet de plongée dédié aux sites du Sud de Marsa Alam, sous forme de fiches perforées, à glisser dans votre carnet type PADI (d’après ce que l’on m’a dit parce que jamais vu de carnet PADI) ou dans un classeur petit format.
Pendant plus de dix ans j’ai entendu les plongeurs sur tous les bateaux du monde s’exclamer en faveur de la Mer Rouge. De mon côté, fuyant farouchement les sites surpeuplés et les palanquées en rang d’oignons, j’avais vaillamment résisté mais j’avais conscience malgré tout qu’il me manquait ce point de comparaison. Alors quand Blue Lagoon et Red Sea Diving Safari nous ont offert cette opportunité de tester quelques nouvelles pépites réservées à leurs plongeurs, je ne me suis pas fait prier très longtemps…
On m’avait dit « le désert, c’est grandiose !« . J’en attendais donc beaucoup. Sans doute trop. Le désert, autant le dire, ne m’a pas émue d’emblée. Oui, c’est beau, c’est un autre paysage, d’autres reliefs. Il a fallu me laisser pénétrer par les millénaires qui ont façonné ces montagnes des confins du Sahara pour ressentir la première émotion. Puis, après avoir pris les clichés indispensables de ce temple de Sukait creusé sous la roche au temps de Ptolémée, quand les voix de nos guides se sont éloignées, le souffle de l’Egypte ancienne m’a enfin caressée, avec des murmures d’Histoire aux accents d’Indiana Jones…
Les chiffres prétendent que 10 % de la population du Moyen-Orient serait bédouine. A l’extrême limite du Sahara égyptien, là où le sable se heurte aux eaux de la Mer Rouge, un vieux pêcheur bédouin m’a offert le thé à l’ombre de sa hutte…
Nous sommes arrivés hier soir dans le troisième village de tentes, de huttes et de « chalets » gérés par Red Sea Diving Safari pour Blue Lagoon ; il ne nous a fallu qu’une heure pour effectuer le trajet depuis celui de Wadi Lahimi où nous avons remercié chaleureusement Ross McGrath et Virginie Rimbert pour leur accueil sympathique. Chaque village a une atmosphère différente, Nakari m’a semblé plus cosy : des paillotes sur la plage pour abriter l’aire de préparation dédiée aux plongeurs, un petit ponton de bois qui permet aux semi-rigides d’aborder en douceur et sans détruire le platier qui affleure, un espace de détente pour boire un soda ou un thé à la menthe face au lagon après la plongée, sous les ruines romaines de l’ancien site de Nechesia. Et ce matin, je plonge…
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