Plonger en août, c’est l’hiver !

18 juin 2006 par Un Monde Ailleurs  
Dans Plongée sous-marine

Récit plongée ile MauriceTrou aux Biches, île Maurice. Deux plongées hier, et deux aujourd’hui. Pas trois ! L’eau est trop froide pour moi ! Hier je suis remontée sur le bateau après la seconde plongée à demi congelée tellement je grelottais. Ici, c’est l’hiver, l’eau doit être à 22°… Résultat, les poissons sont un peu moins nombreux (mais il en reste tout de même assez pour se faire plaisir).

Anémone de mer de l’île Maurice

Hier, à onze heures, j’ai accompagné tranquillement des baptêmes. Avoir le temps d’observer les lèvres indigo et or d’un bénitier fiché dans le corail, de retourner les coquillages cônes (ne le faites pas, ce n’est pas bien !), d’en gratouiller l’une des pattes oranges et velues sur le bord qui appartient en fait à un bernard-l’ermite, de constater qu’une étoile de mer orange peut très bien continuer à se déplacer sur du corail avec seulement quatre branches, c’est la belle vie…

Quatorze heures, plongée sur l’épave du Stella Maru, un ancien chalutier japonais coulé par 25 mètres sur un fond sableux pour créer un récif corallien. J’aime cette épave, et j’ai du plonger cinquante fois dessus ; l’eau était un peu chargée en suspensions, peu de poissons cette fois sur ou contre l’épave, mais autour !… Un vrai jardin d’Eden, du corail sous toutes ses formes, somptueux ! Alcyonnaires rose, bleu lavande, moutarde, corail-patate (ou corail-cerveau en Martinique), plateaux de coraux, un champs d’anémones (photo) et leurs poissons dominos (petits triangles noirs aux points blancs), et puis des bébés partout ! Des bébés chirurgiens tout bleus, des bébés dominos, des bébés pteroïs (petites rascasses rouges), des petits partout, en groupe, en ballets… Un poisson pierre dissimulé dans le sable, et on s’éloigne du dangereux animal… Une anguille de sable que j’avais déjà vue au même endroit il y a trois mois. Un beau turbot paon, également appelée sole par de nombreux plongeurs, d’au moins quarante centimètres aux points bleus qui s’enfuit sous nos yeux. Ce que l’on peut appeler une belle plongée…

Mais je suis remontée en me tenant les bras croisés sur la poitrine pour m’empêcher de trembler. Palier de 3 minutes à 3 mètres qui semble interminable. Et d’ailleurs cette fois j’ai atteint la réserve, à trop téter le détendeur sous les tremblements et l’effort fourni pour me réchauffer… J’ai fini sur 5 litres d’air, pas terrible pour une bouteille de douze litres et 45 minutes de plongée avec la petite pointe à 25 mètres. J’étais gelée ! Tellement, qu’à peine remontée sur le bateau je me suis changée immédiatement et j’ai enfilé mon petit gilet de laine. En août je souffre de l’hiver austral !

(extrait de mon journal de plongée)
18 août 2001

 

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