Si l’Homme a eu l’énergie de replonger tout de suite après notre exploration du site Daisy ce matin, j’ai déclaré forfait pour essayer de me réchauffer avant toute chose. Mais quand les plongeurs sont rentrés à midi en racontant leur mise à l’eau parmi un banc de dauphins, forcément j’ai regretté ! Même si je n’étais toujours pas réchauffée malgré quelques thés brûlants.

(le priacanthe de Mer Rouge)
Alors lorsque Ahmed nous propose de plonger en « libres » sur le site de Gazelle (c’est-Ă -dire sans moniteur pour nous encadrer), la curiositĂ© est la plus forte : j’enfile de nouveau la combi, saute dans les chaussons encore humides, et je complète l’équipement d’une souris nĂ©oprène (sorte de tee-shirt pour les non-plongeurs), histoire de garder au moins le buste le plus couvert possible sous la combi. Et nous partons en Zodiac vers le site qui propose cinq pinacles Ă explorer, petites pics coralliennes d’une quinzaine de mètres de hauteur, couverts de faune.
Dès la mise à l’eau, nous constatons pourtant conjointement que la visibilité est inférieure à celle de ce matin, et ce n’est pas le plus enthousiasmant pour un photographe sous-marin. Mais nous entamons malgré tout notre exploration parmi les coraux de toutes formes, de toutes couleurs. Une promenade d’une petite heure qui me paraît moins intéressante que ce matin, ou tout au moins similaire si ce n’est que nous avions une meilleure visibilité et que tout était concentré sur un seul site. Ici il faut faire une trentaine de mètres entre chaque pinacle pour passer de l’un à l’autre et faire le tour de chacun nous demande de l’énergie (un courant plus prononcé que ce matin me houspille davantage et je dois être extrêmement attentive à ne pas briser les coraux lorsque je pose pour Francis). Ces distances nous fait perdre du temps. Or, le temps est ce qui coûte le plus cher pour un photographe sous-marin…
D’autant que, malgrĂ© ma souris nĂ©oprène, je me refroidis vitesse grand V !…

(poisson-coffre masqué)
Séance photos le long des alcyonnaires multicolores (ci-dessous), dans les coraux de feu (à la couleur ocre), ou derrière les anthias, nous jouons avec un poisson-coffre puis avec quelques carangues égarées, avec trois gros poissons argentés que je n’ai pas encore repérés sur mon livre d’identification de faune, puis je commence littéralement à claquer des dents !

J’ai un peu trop de plomb autour de la taille ou dans les poches, et je dois jouer constamment avec la purge et le gonflage du gilet pour réussir à m’équilibrer sans palmer comme une folle et m’épuiser en prime (il me faudra près de trois jours pour trouver le bon lestage, ensuite ces problèmes disparaîtront). Jusqu’à ce que, au cours d’une descente dans un rayon de soleil vers l’Homme qui cadre plus bas, mes oreilles se mettent à crier au scandale : refus de saut, je dois stopper net ma descente, et la photo est ratée…
J’accompagne un ballet de poissons-papillons qui me ramènent deux mètres plus haut, juste assez pour soulager mes tympans, mais je suis alors prise d’un lĂ©ger vertige de quelques secondes : dĂ©cidĂ©ment, le froid ne me vaut rien !… En fin de plongĂ©e, vingt minutes et un palier plus tard, c’est une nausĂ©e qui me taraude en surface et je suis sur le point de laisser tomber dĂ©finitivement la plongĂ©e !
Mais pour ceux qui seraient tentĂ©s, Gazelle est effectivement un joli site d’exploration, d’une belle richesse avec une abondance de coraux et de poissons. Comme celui de ce matin. Et sans doute comme celui de demain.
Hum… sans doute suis-je un peu déprimée ce soir…





Rédactrice, auteur et photographe, Marie-Ange Ostré publie chaque semaine le récit et les photos de ses voyages en direct ou en léger différé. Paysages, rencontres, plongée sous-marine, cuisine, culture, bons plans,... Tous les voyages, à l'écoute des cinq sens !






Hum… en publiant ce matin ce texte que j’ai rĂ©digĂ© le soir-mĂŞme de cette plongĂ©e, je me dis que je ne rends pas vraiment compte de la beautĂ© de ce site de plongĂ©e localisĂ© Ă trois minutes de bateau du village de Wadi Lahami. Or, je ne voudrais pas que mon vĂ©cu vous laisse une mauvaise impression : le site de Gazelle est vraiment une plongĂ©e facile Ă faire (Ă partir du niveau 1 sans problème) et une promenade tranquille et agrĂ©able. Vous irez de pic en pic, au-dessus d’un fond de sable lumineux, pour jouer avec les carangues, les bancs de fusiliers ou de vivaneaux, les poissons-papillons, et tout ce qui fait la faune rĂ©cifale, abondante sur ce site comme partout en Mer Rouge. C’est une plongĂ©e qui est aussi idĂ©ale pour la photo, mĂŞme si ce jour-lĂ nous avions effectivement un peu plus de courant et qu’il faut ĂŞtre prudent avec les coraux. Mais justement, les coraux sont magnifiques, et intacts. C’est un site peu connu puisque quasiment privĂ© (situĂ© Ă l’intĂ©rieur du rĂ©cif frangeant) et seuls les plongeurs de Wadi Lahami peuvent en jouir. Alors, profitez-en !…
L’eau est-elle si froide que ça ?
En Belgique, nous plongeons en humide dans de l’eau Ă 6° (20min pour moi, avec mes deux couches de neoprene 7mm), et c’est froid !
L’eau Ă©tait Ă 22° et je suis une frileuse confirmĂ©e. Mais Francis qui supporte un peu mieux le froid que moi, habituĂ© comme il l’est aux profondeurs de la plongĂ©e spĂ©lĂ©o, portait une 5 mm Ă©galement, et Julien Stein (moniteur habituĂ© de ces sites) portait aussi une 5 mm (et une cagoule, sauf lorsqu’il posait en photo sous-marine). Donc, nous avions tous la mĂŞme tenue.
Les deux hommes ont eu froid, sur certaines plongĂ©es. Moi j’ai eu froid sur presque toutes les plongĂ©es. Mais il faut tenir compte aussi du fait que je sers de modèle sous-marin sous l’eau, et par consĂ©quent je suis souvent immobile, en attente. On bouge beaucoup moins en photo sous-marine qu’en plongĂ©e d’exploration classique…
(et pour ĂŞtre honnĂŞte, je crois que l’idĂ©e mĂŞme de pouvoir avoir froid sous l’eau me donne dĂ©jĂ froid avant d’entrer dans l’eau !
).
Quand je suis allĂ© en Egypte, j’ai chaque fois mis ma sous combi 7mm Ă manches et jambes longues.
Et en fin de semaine, c’est tout juste. A force de plonger, on supporte de moins en moins. En plus, ça protège du corail de feu, surtout quand on prend des photos.
Bonjour Marie ange,
Et en snorkeling, ce site vaut le coup ?
merci
yann
Amaury : le temps oĂą je plongeais en shorty est bien loin… Dès l’instant oĂą j’ai commencĂ© Ă manipuler un Nikonos V sous l’eau, j’ai enfilĂ© d’office la 3 mm (ocĂ©an indien). Mais je ne plongeais plus entre juillet et mi-septembre oĂą l’eau descend Ă 23°. Depuis que je « joue » le modèle, plus le choix : shorty hors de question !
Yann : bonjour ! Il y a des sites plus adaptĂ©s au snorkeling que celui-ci je pense. Demain le village de Wadi Lahami il y a tout un platier qui aboutit forcĂ©ment Ă un petit tombant. Je ne me suis pas intĂ©ressĂ©e de près au snorkeling puisque je pratique très peu, mais je crois que pour du snorkeling les villages de Nakari et de Shagra sont plus indiquĂ©s. Encore une fois c’est Julien qui pourrait te rĂ©pondre avec plus de certitude. N’hĂ©site pas Ă le contacter directement pour des dĂ©tails plus prĂ©cis.