Petite chronique marseillaise…

17 mai 2005 par Un Monde Ailleurs  
Dans Europe

Récit MarseilleDécidément, les dieux des plantes vertes ne sont pas avec moi. Samedi soir, j’ai écrasé les têtes de la seule plante dans laquelle nous ayons investi jusqu’à présent, à savoir un malheureux pied de basilic poivré, délicieux, et courageux !… : en appuyant sur le bouton électrique qui commande le volet roulant de la baie vitrée, je n’ai pas vu que ce pauvre pot placé devant les vitres était condamné au broyage de certaines de ses branches les plus hardies. Dimanche matin, en ouvrant le volet, j’ai constaté mon méfait, dépitée, en découvrant un plumet écrabouillé mais odorant.


Désireuse de prouver à l’Homme que je suis tout de même capable de maintenir en vie quelques herbes aromatiques, je me suis affairée immédiatement à redonner à ce basilic une petite santé : arrosage à l’Evian (il faut bien se faire pardonner !), ébouriffage des tiges, proximité du soleil mais sans lui griller ce qui lui restait de présentable. Et miracle de dame Nature, dimanche soir le plant avait retrouvé toute sa vigueur et son panache ! Même les feuilles écrabouillées, pour les moins atteintes, s’étaient défroissées !… Est-ce la raison pour laquelle j’ai totalement oublié l’arrosage indispensable ?…

Je ne saurais le dire. Parce que ce matin, mardi, j’ai découvert sur la terrasse devant le pot un amalgame vert tendre qui ressemblait fort à un tas d’épinards hachés…

Je n’ai pas la main verte, je ne cesse de le répéter autour de moi afin de décourager les bonnes volontés qui essaient de m’encourager dans mes efforts. Il y a quelques années, j’avais un jardin de taille respectable, laissé à l’abandon au moment où nous avions acheté cette maison. En deux ans, j’ai tout appris des azalées japonaises, rosiers anciens et autres weigelias panachés ! Je courais les Truffaut et toutes les serres environnantes pour trouver les plus beaux arbustes à fleurs, les plus vigoureux semis de roses trémières et autres rhizomes d’iris de collection achetés à grands frais. Si, au moment de la vente dudit pavillon cinq ans plus tard, le jardin avait au moins l’air civilisé et beaucoup plus coloré, j’avais baissé les bras depuis quelques temps devant l’étendue de l’entretien que cela nécessite au quotidien et la lenteur exaspérante de la croissance de ces chers (très chers !) végétaux en tous genres.

Quelques années auparavant, j’avais, malencontreusement, laissé mourir successivement des pots entiers de plantes vertes pourtant bien exposées devant le bow-window d’une belle terrasse d’appartement…

Si je suis aujourd’hui capable de m’extasier avec sincérité devant de sublimes camélias ou magnolias, j’oublie toujours régulièrement l’opération arrosage lorsqu’il s’agit de plantes d’intérieur. Définitivement, je préfère les fleurs coupées, celles qui durent une semaine quand on change l’eau du vase tous les jours et qui, en fin de semaine, se laissent jeter sans une once de culpabilité parce qu’après tout, elles ont fait leur temps !

Pour en finir avec ce malheureux pied de basilic, je vous rassure : en quelques heures, et après un bain de siège dans l’évier à l’heure du petit déjeuner, il a retrouvé toute sa vigueur et quelques feuilles finement ciselées ont même agrémenté mon déjeuner ce midi. Si tout va bien, je réussirai à le maintenir en vie jusqu’au retour de l’Homme. Parce qu’après tout, les plantes, c’est son domaine. Lui, il sait faire. Pour lui faire plaisir, et donner un peu de vie à cette terrasse qui se plaint de ne connaître jusqu’à présent qu’une triste chaise longue, je vais acheter avant son retour quelques pots majestueux de citronniers et deux ou trois arbustes nains qui mettront un peu de verdure sous le soleil.

Un dernier point : après avoir rallumé ma lampe de chevet vers 2:00 du matin parce que depuis 23:00 je n’arrivais pas à m’endormir malgré une grosse fatigue physique et nerveuse, j’ai lu dans le détail deux magazines de recettes de cuisine, vous savez ces revues qui vous confirment que vous êtes déjà douée et qui vous montrent du doigt votre ignorance en matière de gastronomie coréenne… J’ai tout lu, et tout retenu ! Ce matin j’ai ajouté sur ma liste quelques ingrédients à acheter cette semaine pour être prête à oeuvrer dès que le moindre invité montrera le bout de son groin ! Mais ce midi… je n’ai pas réellement fait dans la délicatesse…

Parce qu’il faut bien que je me nourrisse, et parce que, seule, je ne trouve aucun intérêt à la chose, j’ai ouvert le réfrigérateur et sorti quelques éléments de base pour me confectionner ce que je vais appeler : le potager des pâtes ! Ca sonne bien, non ?!… Je suis certaine que vous allez m’envier dans quelques secondes parce que vous pouvez essayer chez vous : il faut mélanger dans un grand bol un reste de coquillettes de la veille au soir (dégustées avec un morceau de beurre et une tranche de jambon, un menu parfaitement régressif !), un fond de boîte de maïs en grains, une petite tomate replette coupée en quartiers, sel, poivre, muscade fraîche rapée, poudre de garam massala rapportée de Thaïlande et trois feuilles de basilic résistant à tous les volets roulants. Ajouter un filet de crème liquide, remuez le tout pas trop délicatement, enfournez au micro-ondes pour 2 x 1mn30 de bonheur, laissez reposer 30 secondes et avalez près de votre PC tout en rédigeant l’article du jour sur votre blog perso !

Je ne suis peut-être pas douée en plantes vertes, mais la cuisine vite fait, ça me connaît !

:-)

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Commentaires

Une Réponse à “Petite chronique marseillaise…”

  1. Romino le 18 mai 2005 23:40

    J’admire !

    Bon peut-etre que tu m’as donné l’envie de faire un blog, je ne sais pas, on verra si j’ai le temps et la motivation.

    Gros bisous

    R.

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