MySpace et moi, la rupture !

14 octobre 2007 par Un Monde Ailleurs  
Dans Lire et dire

boulegrrr.jpgC’est fini ! J’ai jeté l’éponge. J’ai laissé tomber. Pourquoi ?

MySpace, vous connaissez forcément. Au moins pour en avoir entendu parler, parce qu’on ne parle (presque) que de celà : créé en août 2003 par une société Internet américaine dont les premiers utilisateurs ont été les employés même de la maison mère, cet espace personnalisable par tout un chacun est rapidement devenu LE réseau de net-socialisation à l’échelon mondial. En juillet 2005 la valeur commerciale de MySpace était estimée à… 327 millions de $.

Six mois plus tard MySpace s’exportait en Grande-Bretagne, puis en Chine, et entrait par la grande porte chez nous. Aujourd’hui la société emploie 300 salariés et enregistre en moyenne 230 000 nouveaux comptes par jour. Et début septembre 2007 elle aurait passé les 200 millions d’inscrits. Et moi, et moi, et moi…

Alors pourquoi ai-je cette semaine supprimé mon “espace virtuel” ?

Je me suis inscrite début décembre 2006 sur MySpace, motivée par la curiosité. Pour comprendre comment cela fonctionne, et surtout pourquoi 200 millions de personnes dans le monde pensent qu’il est indispensable d’être et de paraître sur ce réseau. Réponse : communication, marketing, publicité, commerce.

Ce que m’a apporté MySpace en neuf mois de fréquentation (peu assidue sur les six derniers mois, j’admets) ? Les trois premiers mois on erre de profil en profil, cherchant les personnes qui pourraient avoir les mêmes intérêts communs, pour échanger quelques idées, quelques réactions. Très vite on trouve ceux qui ont quelque chose à vendre, ou à promouvoir, et on s’interroge : et moi ? Moi, j’ai un blog que vous êtes déjà des milliers à lire mais je pensais que, peut-être, la communauté MySpace pourrait agrandir le réseau de mes lecteurs et s’intéresser à mes récits d’ailleurs et à mes photos d’ici. Encore fallait-il qu’elle soit susceptible d’être intéressée par ce qui me motive : les voyages, la photographie, la plongée, et tout ce qui a un lien avec les cultures internationales, les modes de vie, les grands paysages, les petits édens, les dernières tribus, l’humanité toute entière.

Certains ont découvert l’univers d’Un Monde Ailleurs. Quelques-uns y ont laissé une trace de leur passage, un salut, un clin d’œil. Et ils reviennent de temps en temps. Mais ils sont si peu…

Par contre MySpace m’a permis de lire un livre dont je vous ai déjà parlé ici, écrit par William Reymond, journaliste investigateur, qui a eu l’amabilité de rédiger un commentaire suite à cet article sur mes pages. Toxic est un excellent livre de prise de conscience, et je le recommande encore une fois à tous ceux qui ont envie de modifier leur mode alimentaire. Mais c’est le seul bénéfice concret que je retire de ma participation à ce gigantesque réseau que l’on dit social. Parce que, curieusement, mon profil n’attirait que les DJ en herbe, les musiciens punk ou gothiques et… quelques plongeurs promeneurs qui, je l’espère, continueront à me rendre visite ici.

Parce que j’ai clos mon “compte” définitivement cette semaine. Dévoreur de temps et d’attention, MySpace n’est (à mon avis) qu’une immense bannière publicitaire sur laquelle clignote des annonces Flash pour retenir les 15-35 ans. Une communauté qui incite à entretenir de pseudo amitiés virtuelles, or j’ai du mal à considérer en toute sincérité qu’un simple “coucou, merci d’être passé sur ma page” puisse faire de deux individus des “amis”. Pour moi, l’amitié est bien plus précieuse qu’un clic de souris et elle se construit à long terme. Et comme je ne suis pas en recherche de rencontre “voir plus si affinités”… ;-)

Et puis, j’ai Un Monde Ailleurs. Ce blog perso qui grandit doucement et qui génère autour de moi bien plus de relations épistolaires sincères qu’un MySpace en quête de vampirisation mondiale. Ici, vous n’avez pas besoin de saisir votre profil, cette carte d’identité virtuelle qui vous permet de mentir sur votre âge, votre taille, votre religion, votre race (on dit origine je crois…). Ce profil qui laisse des traces sur la vaste toile Internet et qui indique tout de vos préférences, de vos goûts, de votre culture (regardez donc la liste des amis de certains…). Ici vous passez discrètement et revenez demain ou dans trois jours, si vous le voulez. Et si vous avez envie, vous laissez un petit témoignage quasi anonyme, et vous exprimez votre avis. Sans pression, sans nécessité de vous extasier que plus nécessaire, sans devoir forcément paraître sympathique et enjoué, et sans être forcément d’accord avec moi… Ce qui me semble être bien plus sincère et spontané.

Alors entre deux mondes virtuels, je choisis le mien. Celui qui me permet d’être moi-même, sans besoin de séduction forcenée. Je n’ai pas besoin d’amis virtuels, j’ai déjà des ami(e)s, des vrai(e)s, en chair et en os, des biens réel(le)s. Et avec Un Monde Ailleurs j’ai déjà l’occasion d’échanger sur le ton qui me plait, sans faux semblant ; des contacts se nouent, on fait connaissance, on échange des idées et des adresses, on se salue respectivement de temps en temps, juste pour le plaisir et pas pour la promo. Et c’est bien plus gratifiant que de voir le compteur de ses “amis” enfler chaque jour avec l’afflux de groupes de hard-rock en devenir…

J’ai clos mon compte sans état d’âme et sans regret, pas même celui du temps passé à observer ce microcosme virtuel qui s’agite derrière les claviers. Par contre la seule chose que j’ai souhaité conserver est ce petit diaporama que j’avais mis en ligne pour illustrer un peu ma page.

Et je choisis de vous le montrer aujourd’hui parce que j’y avais affiché en tête la reproduction d’une annonce d’un autre temps (photographiée dans le labo d’un centre de recherches du côté de Biarritz), celle que l’explorateur Shackleton, sur le départ pour l’Antarctique au début du siècle dernier, avait rédigée pour recruter ses hommes. Et je la trouve tellement proche de ce qu’est l’esprit de l’exploration, la vraie, que j’ai envie de lire votre réaction à ces mots simples…

Alors, qu’en pensez-vous ?…

 

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