Maldives Velavaru, plongée sur Ali Giri

Plongées Maldives Angsana VelavaruJe retrouve Mirta Moraitis au centre de plongée à 08:45, devant son Laboratoire Marin. Quelques questions sur mes aptitudes, je montre ma carte de qualification, et une signature plus tard me voici à bord du bateau traditionnel maldivien qui nous emporte au large, à trente minutes de navigation de l’hôtel Angsana Velavaru dans l’atoll de South Nilandhe-Dhaalu.

Je savais que je ne plongerai pas beaucoup en venant pour quelques jours à peine, je n’ai donc pas emporté mon équipement et le centre a mis à ma disposition palmes, gilet, et détendeur. Mais je ne plonge jamais sans mon masque ni mon ordinateur de plongée, qui faisaient donc partie de mes bagages au même titre que les appareils photo. Et pour la première fois depuis mes débuts en Martinique, me voici en shorty… Mirta me rassure : « l’eau est à 30° en ce moment !« .

Sur le bateau avec nous, un skipper et deux employés qui nous aideront à enfiler notre bouteille avant le grand saut, Ali le directeur maldivien du centre de plongée, et un père et son fils dont j’ignorerai la langue : ils montent à bord sans dire bonjour, se mettent dans un coin du bateau, plongent, remontent, repartent sans parler. Pas grave, je vais parler même sous l’eau avec Mirta !

Mirta n’est pas une femme, c’est un sourire, un immense sourire chez un petit bout de femme. Je ne connais pas son âge, je n’ai pas demandé puisqu’elle pétille d’énergie et qu’elle transmet son enthousiasme à la pelle. Je vais plonger avec elle tandis qu’Ali s’occupera des deux messieurs après nous avoir fait le brief de la plongée, dans le détail, carte du site à l’appui. Interdiction de descendre au-delà de 30 mètres (maximum autorisé aux Maldives), palier de 5 minutes à 3 mètres, on prévient à 100 bars, on remonte à 50. Classique. Questions ?… No, thanks !

Vite, à l’eau !…

Mirta est biologiste marin, mais c’est aussi une monitrice de plongée, et elle a gentiment emporté avec elle son Canon G10 sous caisson pour faire les photos d’illustration dont j’ai besoin pour publier sur Un Monde Ailleurs. Elle parle italien (sa mère est mi-italienne, mi-française), français, anglais et grec (son père). « Prête ? » me lance-t-elle avant de s’approcher du bord.

Saut droit, j’entre dans l’eau. Bonheur. Plaisir. Bien-être. Béatitude…

L’eau est chaude, bleue, limpide, douce…

Les trois autres plongeurs sautent derrière nous, et ensemble nous passons sous la surface pour descendre tranquillement vers le thila situé sous nos palmes quelques dix mètres sous la surface. Un nuage de snappers s’écartent sur notre passage et nous nous séparons bientôt en deux groupes, Ali et ses plongeurs, Mirta et moi.

Morphologie sous-marine des Maldives

Schéma de la morphologie sous-marine aux Maldives

Sur le bateau Mirta s’est assurée de ce que je cherchais sous l’eau : profondeur ? courant ? grosses bêtes ? Non, je plonge relax, je veux voir tout, du plus petit au plus gros. De toutes façons j’ai l’habitude de plonger au ras du sable ou des coraux et de lever le nez vers le large régulièrement, pour ne rien manquer. Et tout de suite Mirta couine dans son détendeur et me montre quelque chose du doigt. Je regarde, cherche, ne trouve rien d’autre que quelques coraux, des éponges encroûtées, de mini-gorgones à peine juvéniles. Je regarde de nouveau Mirta, elle comprend que je n’ai pas vu et retend le doigt : « là !« . J’écarquille les yeux, descend un peu pour approcher mon visage du sable : sans doute un mini-nudibranche ? une espèce microscopique que cette scientifique aux yeux afutés distingue alors que je n’y vois rien ?… Non, rien que des grains de sable et un coquillage conique qui n’a rien d’extraordinaire. Et soudain, je VOIS !

A moins d’un mètre de l’espace que je balayais du regard une tortue est posée sur le flanc du thila ! Elle est au repos, calme, tranquille, et nous surveille du coin de l’oeil. Je suis à moins d’une brasse d’elle et si je tendais la main je pourrais la toucher…

Tortue des Maldives

Je me tourne vers Mirta qui joue déjà avec les boutons de son caisson sous-marin et j’attends. Ma longue expérience avec un photographe sous-marin m’a appris la patience sous l’eau, je m’éloigne donc aussi discrètement que possible pour ne pas effrayer Dame Tortue et je laisse Mirta s’approcher jusqu’à ce que l’animal se soulève péniblement pour s’éloigner en quelques battements de patte, sans stress ni précipitation.

Puis vient la plongée, dans un paysage de coraux qui n’ont visiblement pas souffert de l’effet El Nino. Très vite Mirta me fait signe de scruter une gorgone fouet. Et je pense à mon amie Hélène qui tire le portrait régulièrement de ces mini-gobies qui colonisent ces lanières de corail : un tout petit poisson d’un centimètre de long se carapate dès que Mirta approche le doigt, mais tandis qu’il vire à droite pour échapper à nos masques indiscrets, un compère se présente tout émoustillé et prend la pose. Dix centimètres en-dessous, un troisième se défile déjà. Le Canon est braqué, éclat du flash, vérification sur l’écran arrière, et Mirta joue avec ses réglages avant de recommencer.

Autour de moi c’est un ballet de poissons-chirurgiens bleus qui virevoltent tous azimuts, fouillant dans le corail, faisant fuir les labres et autres demoiselles qui tentent de leur barrer le passage. Là, c’est un poisson-ballon qui s’éloigne presque à tire-d’aile, ici un baliste clown avec ses grosses taches rondes et blanches.

Nous avançons doucement toutes les deux, soucieuses de prendre notre temps et de ne rien rater. Mais nous rattrapons Ali qui attire l’attention de Mirta de loin, cette fois il semblerait que ce tout petit quelque chose ressemble à un nudibranche bien que la jeune femme ait annoncé hier qu’ils sont peu nombreux dans cette région des Maldives. Elle a fait sa thèse à Manado et nous avons comparé avec enthousiasme le nombre vu dans tous les coins du monde que nous avons explorés. Le nudibranche que nous montre Ali est minuscule, un centimètre de long, piqueté de blanc. Je me demande encore comment il a pu le repérer sur ce fond de sable !…

Nudibranche des Maldives, moins d'un centimètre de long

Nous poursuivons notre chemin, Ali et ses plongeurs en tête, Mirta et moi traînant derrière, scrutant chaque recoin, s’interpellant l’une l’autre pour ici un poisson-perroquet énorme, là un banc de chirurgiens, ailleurs des poissons-anges qui se battent sous de petites gorgones entre deux roches. Entre-temps Mirta mitraille d’étranges petites choses qui laissent perplexe la non-scientifique que je suis : photographie-t-elle des taches sur cette éponge jaune ? ou bien a-t-elle découvert une nouvelle espèce de gorgone ?… Elle m’a parlé hier d’une petite gorgone blanche, délicate, ourlée, qui est endémique de cette région des Maldives. Et il y a quelques mois une autre experte préparant une thèse sur les anémones de mer aurait découvert douze espèces non répertoriées en seulement 15 jours d’études sur les sites visités par le laboratoire marin de Mirta !

Banc de fusilliers aux Maldives

Je ne comprends pas tout, mais je la regarde travailler ardemment, volant de patate de corail en plateau circulaire, de surplomb rocheux en anfractuosité bien cachée. Elle flashe, recommence, repart, revient, me fait signe, me montre des ascidies, des étoiles de mer coussin dévoreuse de corail, un étrange de petit buisson que je vais apprendre à admirer en l’espace de 4 plongées seulement, et toute cette flore des fonds maldiviens que je n’avais pas observée ou vraisemblablement jamais vue.

En remontant tranquillement vers le haut du thila, ce petit plateau corallien à moins de dix mètres sous la surface, nous croisons de grands bancs de fusilliers, de lutjans, de snappers. Les couleurs s’entrechoquent, éclairs bleutés ou pyjamas jaunes, pour s’estomper dans le grand bleu que je scrute parfois pour y fouiller l’inconnu. Le « gros », celui que la plupart des plongeurs viennent chercher aux Maldives, ne s’est pas montré ce matin. Mais quelques loches bien grasses me laissent imaginer ce que je découvrirai dans moins d’une heure. Mais je vous le raconterai la prochaine fois…

Partir en vol direct depuis Paris avec… XL Airways
Mon hôtel aux Maldives… Hôtel Angsana Velavaru
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12 commentaires pour Maldives Velavaru, plongée sur Ali Giri

  1. Elisa on 11 avril 2010 at 21 h 35 min

    Bonjour!
    Ah, le Maldives, est une sorte de paradis:)
    Passe un bel dimanche…
    Amitiés!
    Elisa, Argentine

  2. Flo on 11 avril 2010 at 22 h 48 min

    Merci pour cette balade! (et d’avoir pris le temps de nous le publier !)

  3. Catherine Sivadier-guerrand on 11 avril 2010 at 22 h 50 min

    Merci, je vais me coucher avec plein de jolies couleur dans les yeux

  4. Corinne on 12 avril 2010 at 0 h 35 min

    Bouh… Je suis jalouse. Je veux retourner sous l’eauuuuuuu !!!!

    Mille mercis Marie-Ange, pour ce petit plouf maldivien, qui va agréablement bercer mes rêves, en attendant les prochaines plongées.
    ;-)

  5. Jean-Philippe on 12 avril 2010 at 1 h 09 min

    Bonsoir Marie-Ange, je pense que tu as confondu Ascidies et Astérie, l’étoile dont tu parles, celle qui dévore le corail est une Acanthaster planci qui elle dévore le corail et est en plus très venimeuse. je viens d’en voir plein à Tahiti et à Kho Phi Phi c’est une vraie plaie pour les récifs elles bouffent tout le corail.
    Jean-Philippe

  6. Un Monde Ailleurs on 12 avril 2010 at 6 h 22 min

    Elisa > les Maldives sont plus qu’un paradis de carte postale, il faut les découvrir progressivement les unes après les autres pour apprendre à apprécier vraiment. Plus j’y reviens, plus j’ai envie d’y revenir…

    Flo > pas de quoi, j’ai bien dormi ensuite puisque la sortie pêche en mer de 06:30 ce matin a été annulée pour cause d’orage, et l’hôtel Angsana Velavaru a eu la bienveillance de ne pas réveiller les postulants à cette pêche traditionnelle. Tant pis, je ferai cela une autre fois…

    Catherine > en relisant mon texte je m’aperçois qu’en fait c’est la moins riche des quatre plongées que j’ai faites ici ! Mais j’ai déjà préparé quelques notes au sujet des suivantes, et j’ai aussi les photos réalisées par Mirta, l’adorable biologiste marin, qui a eu la gentillesse de les faire pour moi. Donc je vous raconterai cela après mon retour…

    Corinne > ce troisième séjour aux Maldives est de nouveau une bonne expérience (par rapport au premier voyage qui fut une déception) autant pour l’ambiance générale qui m’aide à me ressourcer un peu, que pour les plongées. De plus ici dans le sud des Maldives les plongeurs sont bien moins nombreux que dans le Nord ou dans l’atoll d’Ari par exemple (plus proche de Malé). De belles plongées donc, qu’on ne partage pas avec beaucoup de monde. Hier au cours de mes 3ème et 4ème plongée j’aurais pu toucher les diagrammes orientaux, les loches, les plataxs si j’avais seulement tendu la main. Poissons-anges et gaterins s’approchaient de moi comme pour venir me renifler sous le masque, c’est eux qui m’étudiaient, pas moi. C’est une sensation vraiment appréciable de plonger sur des sites très très peu fréquentés. Et puis c’est toujours un peu de l’exploration, même les moniteurs savent ce qu’on peut y trouver mais ils ne garantissent jamais rien et sont souvent surpris à leur tour : la semaine dernière Mirta a plongé avec un requin baleine, alors que ce n’est pas du tout la saison !…

    Jean-Philippe > bonjour et bienvenue sur les pages d’Un Monde Ailleurs… :-)

    Je ne confonds pas ascidies et astérie non, non. Il y a peu d’acanthaster par ici dans le nord de l’atoll de South Nilandhe-Dhaalu, Mirta dit qu’elle n’en croise qu’une environ par semaine, et très localisée, ce qui est une bonne chose. J’ai vu des endroits en Indonésie par exemple, ravagés par l’acanthaster que je connais bien. Et je suis désolée d’apprendre qu’il y en a aussi à Tahiti (je n’ai plongé qu’aux Marquises, et je n’en ai pas vu là-haut) et en Thaïlande (je n’y suis encore jamais allée à mon grand désappointement !).

    Non ici l’étoile la plus dévoreuse de corail, et je l’ai appris avec surprise, est une grosse étoile épaisse, comme une grosse boule en forme de coussin. Je vais demander à Mirta le nom latin de l’espèce pour que nous puissions mieux l’identifier, et elle m’en a montré plusieurs au cours de mes plongées avec elle.

    Merci pour ton intervention Jean-Philippe, cela me permet de ce fait de faire découvrir cette étoile à tous mes lecteurs.

    :-)

  7. Tessa on 12 avril 2010 at 13 h 05 min

    Les Maldives sont attirantes, certes, mais d’une Mer à l’autre ou plutôt d’un Océan l’autre, il y a tant de merveilles et de beauté …Tiens je devrais être née poisson ! ( rien à voir avec l’astrologie…)

    -:)

  8. Jean-Philippe on 12 avril 2010 at 13 h 32 min

    Marie-Ange je regarde toujours tes articles avec plaisir sans intervenir (jusqu’à présent pour la seconde fois) la première fois tu cherchais des infos sur un papillon vert via twitter….. ;-)

  9. Thib on 12 avril 2010 at 14 h 07 min

    Ah, les Maldives… le côté luxueux m’attire assez peu, mais j’entends dire qu’on y fait des plongées magnifiques ! Très intéressant ce schéma en coupe, même si j’ai un peu de mal à m’imaginer l’échelle ?

    Je t’invite, quand tu auras l’occasion de prendre quelques minutes, à lire mon premier carnet de plongée, que je viens de publier sur mon blog (après 3 ans de vie en Asie, je m’y suis mis, enfin !!). Il s’agit de plongées à Busuanga, aux Philippines, principalement dans des épaves. Fascinant !

    Profite bien de tes prochaines plongées !

  10. Un Monde Ailleurs on 12 avril 2010 at 15 h 01 min

    Tessa > d’un mer à l’autre… je vais bientôt quitter l’océan indien que j’aime tant pour aller nager dans d’autres eaux…

    ;-)

    Jean-Philippe > exact !… Le papillon Twitter, je n’avais pas fait le lien ! :-) C’est d’autant plus un plaisir de te retrouver ici Jean-Philippe. C’est toujours agréable de lire un lecteur qui sort enfin de son anonymat, au moins je n’ai pas l’impression de « parler dans le vide ».

    ;-)

    Thib > eh !… Plongeur maintenant ?!… En vivant sur Singapour et en errant un peu partout en Asie du Sud-Est il était temps que tu t’y mettes. Je manque de temps ici pour lire ton premier carnet de plongées mais je le ferai en rentrant, c’est promis Thib. Busuanga… on m’en a parlé. Mais on me parle beaucoup de Sulawesi aussi en ce moment. Je n’aime pas trop les épaves, en réalité je n’aime pas l’ambiance épaves avec tout ce que cela comporte de drame humain souvent. Mais je comprends qu’elles plaisent à d’autres.

    A bientôt Thib ! :-)

  11. Mirta on 12 avril 2010 at 15 h 45 min

    Salue to eveyone!I am sorry for my written french…I will answer to you in English.

    The name of the « pin cushion starfish » is Culcita schmedeliana
    We have started to remove these starfishes in 2007. After El Nino in 1998 we have realized that the reefs around Velavaru did not recover properly after so many years from El Nino. Only 20-30% of the reef was covered with corals(I have attached two pictures of the starfish with digested corals next to it). We have found out that the pin cushions can eat several corals per night. They extrude the stomach and slowly digest the soft tissue of corals with their guts. They have preferences on two genera of Corals: Pocillopora and Acropora. The only predator of Culcita is the Charonia tritonis “Giant triton shell”. The Giant triton eats many kinds of Echinoderms including the well known “Crown-of-thorns starfish” Acanthaster planci. This shell has been collected from local communities as food. As it often happen removing the predator can cause the collapse of the food chain. An outbreak of pin cushions occurred around this area. After three years of monitoring and starfish removal the reef recovery has reached the 70% of coverage. The increase of Acropora and Pocillopora is visible. During our monthly reef cleanup we invite guests to participate. After a proper briefing we organize a collection on different areas of the housereef
    A bientôt

  12. Jean-Philippe on 12 avril 2010 at 22 h 19 min

    tu ne parles pas dans le vide et c’est Hélène qui m’a parlé de ton blog :-) C’est aussi une amie.

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