Malawi, Afrique authentique…

Récit Mer Rouge EgypteCape Maclear, Malawi, sur les rives Sud du lac. Nous sommes en repérage pour le film que nous nous apprêtons à tourner avec l’équipe qui doit nous rejoindre ici dans 5 jours. Chaque minute compte pour dénicher tous les lieux potentiels nécessaires à l’illustration de nos séquences, pour tester tous les sites de plongée, pour rencontrer des invités qui nous parleraient de leur pays et de ses ressources. Levés vers 06:00, couchés vers 23:00, nous vivons au rythme de nos hôtes qui nous accueillent dans leur structure du WWF et qui nous font découvrir leur terre d’accueil.

Fleur du Malawi

Ce matin, Ken McKaye nous a embarqué avec lui, dans sa recherche de villages potentiellement intéressés par la culture du jetropha, cet arbuste à la croissance ultra-rapide dont je vous reparlerai (ci-dessous photo de la fleur de jetropha).

Fleur de jetropha, au Malawi

Pour résumer, comprenez que c’est le plus grand espoir aujourd’hui pour protéger les populations des visites intempestives (et destructrices pour les cultures et les habitations) des éléphants sauvages, nombreux dans cette zone, tout en fournissant au pays un carburant de remplacement nettement moins coûteux et moins polluant que les hydrocarbures habituels. Un gros challenge, mais il faut aussi la collaboration des Africains, et Ken sillonne les routes pour convaincre les villageois de l’intérêt d’une telle culture. Je ne sais pas encore que je vais vivre aujourd’hui quelques-unes de mes plus belles émotions liées à l’Afrique.

Nous descendons vers le Sud pendant trois heures, vers la rivière Shire qui débouche à l’extrême pointe Sud du lac, puis nous bifurquons à l’intérieur des terres pendant une bonne heure, dans une zone protégée qui sera prochainement transformée en parc national. Les éléphants sont nombreux ici, et quand ils cherchent de l’eau, ils traversent les villages, ravagent les maigres cultures, arrachent les jeunes pousses. Ici, ce sont les enfants qui préviennent (photo) : dès que l’un d’entre eux en aperçoit un, il file à toutes jambes pour prévenir les autres, et tout le monde aux abris ! Ensuite, il faut reconstruire… Même si un enfant nous racontera que les éléphants qui ont traversé le village hier soir, ont chapardé tout le mil qu’ils ont trouvé, puis ils ont déposé les larges bassines de fer blanc… sur le toit des huttes !… Pour le bonheur des gamins qui en rient encore…

Jeunes enfants du Malawi

Après avoir suivi une longue piste de terre sèche sur laquelle nous croisons des femmes lourdement chargées, Ken s’arrête dans un premier village qu’il est déjà venu prospecter la semaine dernière. Américain de naissance, il vit au Malawi depuis 30 ans, mais ne maîtrise pas complètement la langue. Comme il existe de nombreux dialectes différents dans ce pays, nous sommes accompagnés d’un guide interprète qui nous présentent, l’Homme et moi, comme des journalistes. Il faut dire qu’avec nos appareils photos et nos objectifs, l’explication reste évidente, si ce n’est que ces villageois n’ont jamais rencontré de journaliste, et jamais vu d’appareil photo…

Femmes du Malawi

Très vite, Ken s’éloigne pour parler avec le chef de village, l’Homme cherche des angles de vue qui plairaient au réalisateur, et je suis entraînée à l’intérieur du village par les femmes et les enfants qui s’exclament autour de moi et me pressent de toute part (photo ci-dessous). Je souris, je tente de leur parler (notre interprète est resté avec Ken) et nous échangeons donc par gestes, par signes.

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Et le sourire est le meilleur des langages. Je lève l’appareil photo et je mitraille ; dès que je leur montre les premiers clichés sur l’écran LCD, les enfants hurlent leur joie et se bousculent pour être pris en photo, les femmes tendent leur bébé.

Village de huttes du Malawi

Je passe un excellent moment avec eux, jusqu’à ce que Ken nous rappelle : le chef de village est favorable à l’implantation de jetropha puisque l’odeur de cet arbre incommode les éléphants et qu’ils l’éviteront soigneusement en le contournant, ce sera donc une clôture efficace. Avant de me laisser monter en voiture, l’une des jeunes femmes se précipite vers moi et me parle de façon volubile, en riant très fort. Notre guide me traduit : elle n’a jamais vu de femme aux cheveux jaunes, elle voudrait les mêmes… Je m’amuse en lui mettant ma longue natte sur l’épaule et compare ses cheveux crépus coupés ras avec mes longueurs parfois encombrantes. Elle éclate de rire, et elle me tape dans les mains (photo). Puis elle me dit : je veux venir dans ton pays pour parler comme toi…. Son village n’a pas de nom, et ici les distances se comptent en jours de marche. Elle ne peut avoir aucune idée de l’endroit d’où je viens, c’est bien trop abstrait.

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Emue, je ne sais que lui répondre… Comment lui dire que ce qu’elle prend pour un Eldorado ne serait qu’un enfer pour elle ? Comment dire à une jeune femme qui manque de tout, et surtout d’eau courante pour laver son enfant et le faire boire ? Comment expliquer à une jeune Africaine sans devenir qu’elle est plus heureuse chez elle qu’elle ne le serait jamais chez moi ?… Comment donner sans enlever ?… Contrite, et le cœur serré, je lui fais répondre qu’elle serait trop malheureuse chez moi parce que c’est bien trop loin de son village et que le soleil n’est jamais assez présent. Je vois dans son regard qu’elle ne comprend pas, puis je remonte en voiture, après une dernière accolade, un peu honteuse de ce que je possède, de ces vêtements de voyage confortables, propres et en bon état, de cette bouteille d’eau dans mon sac à dos, de la douche que je prendrai en rentrant, de ce repas équilibré qui m’attendra ce soir au dîner, de ce toit sur ma tête pour la nuit…

Nous faisons encore quelques kilomètres avec le 4×4, nous arrêtant pour photographier ce somptueux paysage piqueté de dignes baobabs centenaires (ci-dessous), puis la piste s’arrête brusquement au sommet d’une petite colline : plus bas, le lit asséché d’une rivière. Nous sommes en fin de saison sèche, les pluies se font attendre… La piste ne va pas plus loin.

Baobabs du Malawi

En sortant de voiture, l’Homme vacille un peu, hésite, puis décide qu’il va faire une petite sieste à l’ombre du 4×4. Un coup de fatigue le fait tituber et je lui mets une bouteille d’eau entre les mains avant de traverser le lit de rivière avec nos deux compagnons, Ken et son interprète (à notre retour, l’Homme conviendra qu’il a subi les premiers effets d’une déshydratation, un mal très fréquent chez les Occidentaux de passage). Il fait 40°C. Nous grimpons de l’autre côté de la colline, sous le soleil qui chauffe à blanc le petit chemin de sable creusé par une ornière qui ressemble au lit d’un ruisselet à sec ; une ornière creusée par les pluies diluviennes qui tardent à venir ?…

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Après dix minutes de marche, nous arrivons devant quelques huttes de paille et de torchis. Un homme frappe un tronc d’arbre à grands coups de hache, en nous tournant le dos. Lorsque notre interprète le salue, il se retourne, lui sert la main puis tend la main timidement à Ken. Mais quand son regard se pose sur moi, sa mâchoire inférieure descend d’un cran, et il ne sait visiblement pas comment agir… Je lui tends la main, et il la serre presque timidement, puis plus énergiquement.

Derrière lui, une femme, puis deux se retournent. Elles sourient un peu aux deux hommes qui m’accompagnent mais restent statufiées devant moi. Je les salue de la main, et après avoir hésité une seconde, elles me renvoient mon salut, avec un petit sourire hésitant. L’une d’entre elles, la plus âgée au visage littéralement parcheminé (ci-dessous), s’approche de moi à pas lents pendant que les hommes s’entretiennent du dernier passage des éléphants, deux heures auparavant. Elle s’arrête devant moi et me regarde droit dans les yeux, puis regarde mes cheveux, mon appareil photo. Je le lui montre, la prends en photo puis lui montre son image sur l’écran. Elle porte ses mains à sa bouche en un geste charmant de timidité puis avertit ses amies derrière elle. Elles s’approchent, se penchent sur l’écran, s’interpellent les unes les autres, elles rient comme des gamines. Et je suis émue de nouveau.

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Elles nous accompagnent sur un bout de chemin qu’on nous indique (ci-dessous), vers une mare qui attire les éléphants. Ken veut se rendre compte sur le terrain de l’impact des éléphants sur les villages, savoir si une clôture de jetropha serait suffisante pour les tenir éloignés des villages.

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Quand nous arrivons trente minutes plus tard dans le méandre de rivière à sec, un villageois nous montre les empreintes des éléphants venus boire là le matin même (empreintes ci-dessous devant notre interprète). Un autre villageois nous rejoint ; quand un troisième arrive, il salue mes compagnons de loin en descendant le petit talus d’un pas alerte et… devant moi, il glisse littéralement sur les fesses, se récupère d’un geste souple et, yeux écarquillés, sa mâchoire tombe par terre ! Tex Avery ne ferait pas mieux. J’ai beau sourire pour les saluer, leurs yeux me fixent tétanisés et ils ne m’approchent pas. Ken sourit dans sa moustache et notre interprète m’explique: c’est la première fois qu’ils voient une femme blanche… L’impact de cette réalité me frappe de plein fouet, au moment où une femme tire doucement ma natte du bout de ses doigts raidis par le travail manuel. Elle comprend mal qu’il s’agit de mes propres cheveux, et de nouveau je joue avec pour la faire rire. avec un gentil sourire plein de délicatesse

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Puis j’éteins mon appareil photo : je me sens indécente à vouloir fixer leurs traits sur une carte numérique pour les emporter avec moi, pour vous les montrer. Ces villageois encore préservés de la “civilisation” dite moderne doivent rester protégés, pour ne pas souffrir trop vite d’un autre mal, celui qu’ils ignorent encore.

Mais qui suis-je en fait pour décider à leur place qu’ils ont besoin d’être protégés ?… Cette question hantera tout notre trajet de retour.

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Marie Ange, ce qui transparait dans ce post, c’est la remise en question de notre place, nos responsabilités face à ces civilisations. Quelle question ? Y a t il une réponse ? Quel est ton devoir de journaliste ? Ne serait ce que raconter cette rencontre, n’est ce pas une faille ? As tu trouver un bout de réponse ?
Ce qui m’a attiré vers ce post, c’est Malawi. Je m’explique, mon fils a passé son brevet de pilote commerciel en NZ. Ensuite il a eu l’opportunité d’aller travailler pour une petite compagnie en République de Malawi. Il a fait un autre choix celui de l’A…. Et je me serai bien vu visiter un pays africain profond.

Grande question quasi philosophique Yves… Et je me la pose chaque fois que je suis au contact de populations dites défavorisées, que je considère souvent comme privilégiées au contraire. Mais au nom de quoi ?!…

Qui sommes-nous pour décider arbitrairement qu’il faut les préserver à tout prix de notre “civilisation” alors qu’ils sont au contraire tellement demandeurs ? Qui sommes-nous pour les priver délibérément du confort le plus élémentaire par peur que dans un an, ou dix, ils ne soient pervertis par l’abus d’alcool ? J’ai vu aussi ce phénomène dans le Nord de la Namibie : dans un village de poussière où ne vivent que quelques cases de béton et une épicerie dont le propriétaire n’ouvre la grille de métal qu’après avoir vu quel est le client : la bière sévit dans le village et rend fous les plus fragiles. Une jeune fille d’une quinzaine d’années dansait, ivre, en écoutant un vieux lecteur de cassettes, une bouteille de bière à la main, un bébé posé sur sa hanche droite. Ca fait forcément mal au coeur… Mais j’ai pensé immédiatement au fait que j’avais décidé la veille d’acheter un nouvel objectif parce qu’il me manquait quelques prises de vue intéressantes et… caprice d’Occidentale ?…

Le rôle d’un journaliste est d’informer. Doit-on ne pas les photographier pour les préserver ? Ou doit-on les photographier pour faire connaître au monde qu’il existe encore dans notre monde des tribus ou populations quasi pures ?…

J’ai regardé très récemment un documentaire (récent) très intéressant sur une tribu de Nouvelle-Guinée qui n’avait encore jamais été filmée, qui n’avait jamais rencontré de “Blancs”. Je me suis alors reposé la question : qui est le nanti ? qui est le privilégié ?

Tout dépend bien sûr de la personne qui se la pose… Il est tellement facile pour nous de penser que nous devons les préserver alors qu’un simple demi cachet d’aspirine broyée suffit à faire tomber la fièvre d’un bébé dans la jungle…

Je n’ai pas fini de me poser cette question.

PS : si tu veux visiter un pays d’Afrique australe authentique, je te conseille le Malawi… Voir mon album photo.

Le rôle du journaliste est d’informer. Je ne remets pas en cause la définition de ce magnifique métier. La question est, doit il être aussi l’analyste d’une situation à un moment donné ? Non je ne le crois pas. Si ce n’est quand il est un spécialiste reconnus du milieu scientifique ou du domaine abordé.
Certains médias dépassent cette limite. J’aime pouvoir me faire ma propre opinion d’une situation en récupérant mes informations. Mais en disant cela on ne règle pas le phénomène de masse engendré actuellement par les grands groupes qui cherchent seulement le profit immédiat. Au détriment d’un droit à la pudeur, d’un devoir de réflexion, il y a des débordements, car la précipitation prend le dessus. Ensuite le public gobe ce type d’information et par manque de temps, il ne prendra pas de recul ou plutôt de la hauteur nécessaire pour se forger sa perception.
Tous ces excès me rendent quelque peu pessimiste sur l’avenir d’une magnifique profession.
Quelle question !!! Grrr …

PS :
Alboume vu j’en prends bonne note.

“J’aime pouvoir me faire ma propre opinion d’une situation en récupérant mes informations.”

Et justement, ces informations tu les récupères de quelle façon ? En lisant tout ce que tu peux trouver, à droite et à gauche. Si le journalisme est remis en cause aujourd’hui, s’il y a tant de dérives, c’est aussi en partie à cause du lectorat qui ne sait plus quoi lire et qui croire… Il y a encore une dizaine d’années, nous n’avions que quelques sources “fiables” (= sérieuses ?) d’information : JT, et grande presse. Aujourd’hui, et avec l’avènement d’Internet qui offre l’accès à une information provenant de par-delà nos frontières, les sources se multiplient et on va vers celle qui nous semble la plus crédible, sans autre assurance de sérieux. C’est en fonction de nos affinités avec le média, et avec l’auteur.

Et les blogs compliquent la donne : avec cette nouvelle facilité d’expression, tout un chacun peut affirmer ce qu’il veut, sans limite (quasiment), sans réflexion parfois. On parle de cyber-journalisme, et de cyber-citoyen. Hum…

Sans parler d’un certain type de presse qui fait son bénéfice de ragots croustillants. Le fait qu’une liaison entre un top-model et un Président de la république fasse vendre du papier me laisse songeuse… Je suis davantage intéressée par les résultats concrets dudit Président, sa vie privée ne m’intéresse guère, sauf d’un point de vue psycho. Et encore…

Aujourd’hui plus qu’hier il faut savoir lire entre les lignes, mais l’accès à une plus grande information ne devrait qu’aiguiser un sens critique défaillant et offrir ainsi une vision plus exacte du monde et de ses problématiques.

Reste qu’un journaliste, aussi pointu soit-il, ne peut régler à lui seul une règle de quasi déontologie : faut-il ou non parler de ces populations “faibles” ?… Pour ma part j’en parle sur le ton de la rencontre, davantage sur le plan de l’humain, et comme sur le terrain, j’essaie de ne pas porter de jugement. Mais ce n’est pas toujours simple…

:-)

Hum …
Nous devons rester vigilant. Je tente de ne pas me laisser abuser tout simplement par toutes ces sources d’informations. Mais qui croire véritablement ?

La tendance actuelle est au choix du média comme pour le boulanger, ou le psy. Nous le choisissons en fonction de critères inconscients de séduction. Le danger vient de cela. Certains médias abusent de nos failles cérébrales.
Quand je vois le public se pressait sans la nommer “TFX”, pour ne parler que du média le plus visible, je reste vraiment pessimiste.

Le ton sur lequel tu parles des populations “faibles” me semble juste et tout à fait humain. Pour cela je t’en remercie, car nous sommes une petite quantité de personnes à le prendre tel que tu le retranscris.
Mais si tu devais en parler à un public beaucoup plus large, ne serais tu pas obligée de faire intervenir des spécialistes donnant du crédit au message que tu souhaites transmettre ? Cela ressemblerait certainement à une véritable enquête. En essayant d’aborder toutes les bonnes questions sur le sujet.

En fait ce que je veux dire, on nous fait croire que donner des bilans rapporter des chiffres, c’est de la réelle information. Pour ma part je la trouve incomplète, car manque de recul et d’analyse.
Le lendemain devant toutes les machines à café les gens commentent suivant leur perception seulement les chiffres.

Nous devons être critiques lors de la diffusion d’informations en nous posant les bonnes questions. Pourquoi Comment …

Je le constate aussi dans mon travail. La communication est réellement un point sensible.

A suivre …

;)

La communication a beaucoup évoluée, certes, et nous en sommes tous un peu responsables, chacun à notre façon…

Et tu as raison également sur le fait que décrire ces populations sur mon blog me permet de le faire selon mon objectivité toute personnelle, et donc ma propre perception de ces populations, de ce que nous pourrions leur apporter de positif comme de négatif. Il faut aussi savoir étudier l’histoire, nos siècles passés pour en tirer un enseignement et tenter de ne pas reproduire les mêmes erreurs, mais c’est très difficile. Si je devais écrire un article pour la grande presse sur ce sujet, je ferais probablement comme ceux qui le font régulièrement en effet, avec chiffres à l’appui pour étayer mes propos.

Ce qui manque, à mon sens, le plus au public d’aujourd’hui, et donc aux lecteurs par extension, c’est cette capacité de recul, cette distance par rapport à l’information, une distance qui doit offrir une vraie aptitude à l’ANALYSE de l’information. Tout est dans l’analyse. Or de nos jours on nous livre du prêt à digérer, dans tous les domaines : en cuisine, en voyages, en lecture, en TV,… Tout doit être consommable dans l’instant, sans apprêt particulier, du “clé en mains”, du “all inclusive”. Où peut se cacher dans ce cas l’objectivité du lecteur ou du téléspectateur ?…

Il faudrait que le lecteur retrouve sa propre capacité d’analyse, suffisamment de recul pour se poser les bonnes questions, comparer les écrits, les chiffres, les sources d’information,… Mais le lecteur est volatile aussi, sitôt qu’il a lu quelque chose, il court vers un autre texte à consommer !

En ce qui concerne les blogs, certains prétendent qu’il faut y écrire des notes courtes, pour ne pas lasser le lecteur qui, sur Internet, ne passe en général pas plus de 1 mn sur un site, le temps de trouver l’info qu’il était venu chercher. Je refuse de me soumettre à cette règle et j’écris sans tenir compte de la longueur de mon texte (voir mon record, le journal d’un cyclone que j’ai vécu à l’île Maurice !… ;-) ). Et il faut croire que mes lecteurs n’entrent pas dans la catégorie du fast-food du blog puisqu’ils passent en moyenne 6 minutes par visite ici ! Et qu’ils reviennent.

Alors je m’en tiens à ma règle de départ : raconter mes ressentis, et ne pas faire de journalisme à tout prix. Bien sûr, dans ce cas il s’agit de ma vision unilatérale et elle peut prêter à controverse, mais la possibilité d’inscrire un commentaire, et d’y recevoir réponse, est là pour enrichir un débat potentiel. N’est-ce pas ?

:-)