Ma nuit avec George Clooney…

20 octobre 2008 par Un Monde Ailleurs  
Dans Amérique

Ma nuit avec George ClooneyA 47 ans l’acteur réalisateur producteur engagé fait couler plus d’encre et de pixels sur nos pages magazines ou web que n’importe lequel des débutants de la Star Ac 2008. Et je trouve cela plutôt rassurant tous comptes faits, même si je ne suis pas une aficionada des pages people. “People“, tout un programme à suivre de près…

Ma nuit avec George Clooney

Je n’ai absolument pas la fibre midinette et je ne craque pas sur les stars. D’ailleurs pour moi l’image de la star reste attachée à celle des grands acteurs des films hollywoodiens des années 50-60, à l’époque du glamour. Mais certains en ce XXIème siècle ont ce petit quelque chose qui résulte d’un subtil mélange entre talent et gestion d’une carrière, en réussissant à manipuler habilement les règles du jeu de la communication, et donc les médias.  Outre un sourire et un regard auquel je suis sensible (on est fille ou on ne l’est pas !), je suis donc attentive à l’évolution professionnelle du célibataire “le plus convoité de la planète” (ce n’est pas moi qui le dit !).

Hier soir, je me suis jetée sur un livre tout beau tout neuf qui venait de m’être offert : George Clooney, Derrière le Miroir. Promis, je ne l’avais pas réclamé ! Ma meilleure amie avait hésité entre la biographie de Clooney et celle (plus trash) de Madonna, pour me changer les idées. Notez qu’elle n’avait heureusement pas songé à la vie cachée de Zidane et je l’en remercie vivement…

La dernière biographie que j’avais lu remontait à celle de Bill Clinton, en 700 pages avec une police de caractère taille 7 sur du papier bible. Vous comprendrez pourquoi je ne m’étais plus approchée de la vie de quiconque depuis. Mais il était temps de sortir des accroches de premières pages de la presse dite people pour comprendre un peu qui est l’acteur de nos fantasmes.

Portrait de George ClooneyRien de bien révolutionnaire dans ce livre à l’encre encore fraiche. L’auteur, Shana Cushman, relate le parcours et les amours d’un jeune premier qui a du mal à se faire remarquer malgré un physique déjà prometteur et la volonté de celui qui a voulu passer du statut d’acteur de télévision à celui d’acteur de cinéma. Pari réussi !

Cette biographie ne sera pas le prochain Prix Pulitzer, et on sourit de certaines photos du beau George dans sa période années 70. Mais à trois heures ce matin, en refermant le livre et au moment de m’enfouir sous la couette, ce n’est pas le sourire charmeur de l’acteur qui m’a entraînée dans une douce rêverie mais les méandres de mes souvenirs qui m’ont renvoyée sur les bords du Pacifique dans cette cité tentaculaire qu’est Los Angeles.

L.A. pour les intimes.  Sauf qu’intime, elle ne l’est pas : 4 millions d’habitants, 20 millions si on intègre les agglomérations limitrophes. La deuxième ville des Etats-Unis après New York. Et pour le monde entier et surtout pour les immigrants qui viennent grossir chaque année le flot de population, la cité des anges représente surtout l’accessibilité au rêve américain. Comme tous les Européens élevés à l’ombre des blockbusters hollywoodiens, je rêvais de voir un jour les grandes lettres blanches sur la colline qui surplombe la ville.

Los Angeles est déroutante, sans jeu de mots relatif à son réseau routier hallucinant qui rassemble les diverses agglomérations en une mégalopole à l’image de sa démesure. Et le visiteur qui envisage d’arpenter les sites les plus célèbres de la grande ville doit très vite réviser ses plans : ne comptez pas voir Los Angeles en une seule journée, ou bien louez les services d’un chauffeur de taxi trop heureux de l’aubaine…

On ne vient pas à Los Angeles sans frémir d’impatience à l’idée d’entrer à Hollywood. Nos chaines de télévision s’en gavent, nos pages de magazine en débordent, le cinéma et la télévision sont partout ; et alors que je descendais d’un taxi qui m’avait menée d’un hôtel de la city jusqu’au Grauman’s Chinese Theater, je me faisais l’effet d’une Marilyn de province posant le pied pour la première fois sur le célèbre Walk of Fame !

Evitant les regards avides des touristes qui me dévisageaient en se demandant dans quel film j’avais bien pu jouer, je maudissais mes lunettes de soleil qui me surexposaient  soudain ! Pire, je surpris un monsieur en bermuda levant son petit appareil photo vers mon visage ! Hésitant entre dérision et moquerie, je choisissais de tourner le dos à l’innocent pour me concentrer sur la façade finalement bien modeste du cinéma où tous les grands acteurs ont un jour vécu leur grande première. Comme devant la Petite Sirène d’Andersen à Copenhague je fus déçue par la taille du bâtiment. J’avais imaginé un théâtre immense, avec son entrée en pagode chinoise prête à m’engloutir. Mais non, ce n’était qu’un décor modeste et presque incongru sur Hollywood Boulevard.

J’ai alors quasiment sautillé de dalle en dalle sur le ciment du Walk of Fame : ayant rapidement localisé les empreintes de Mary Picford et Douglas Fairbanks, les tout premiers acteurs à inaugurer cette consécration suprême, j’avançais truffe au sol entre les mains courtes de Bruce Willis et l’étoile en laiton de Michael Jackson.  Pour être honnête, ce petit divertissement ne vous retiendra que dix minutes et c’est heureux parce qu’il y a à ce jour plus de 2 200 étoiles attribuées…

Si Hollywood Boulevard a ceci d’étrange que vous avez l’impression d’être dans l’un des films que vous regardiez sur grand écran quelques semaines auparavant, quand vous lèverez le regard vers les lettres blanches sur la colline, vous ne retiendrez pas le sourire qui vous montera instantanément : cette fois, vous y êtes !

Hollywood ne vaut que pour sa vie nocturne et le côté kitsch de ses boutiques ou de ses restaurants. Mais sans doute préfèrerez-vous vous éloigner un peu pour aborder les premières villas d’un autre quartier mythique, à proximité. C’est en pensant à Julia Roberts et à son Prince Gere que vous vous arrêterez quelques minutes à l’angle de Rodeo Drive et de Wilshire Boulevard, au cœur de ce petit quartier (à l’échelle de Los Angeles, c’est tout petit !), face à l’hôtel désormais rendu célèbre. Vous serez ici moins dépaysé, entre les vitrines Saint-Laurent et Cartier,  dans un décor de boutiques à l’architecture résolument européenne, façon chic telle que le conçoivent les Américains.

Et au-delà, entrez dans Beverly Hills… Sur Hollywood Boulevard vous aurez trouvé sans aucun doute un vendeur de cartes indiquant l’adresse des stars. Ne vous y fiez pas trop, les stars déménagent souvent et les plus belles maisons sont de toutes façons invisibles depuis la route. Mais ne serait-ce que pour échapper un peu au vacarme de ces grands boulevards et pour admirer les façades aux influences culturelles diverses qui forment le melting-pot californien, Beverly Hills mérite la promenade. Vous y croiserez les somptueux bolides que vous admirez d’habitude dans les magazines spécialisés (avec seins siliconés garantis), mais aussi des chiens de race aux flancs imitant les profils anorexiques de leurs propriétaires aux sourires factices. Vous admirerez des jardins mêlant orangers en fleurs et magnolias aux branches lourdes. Et très vite, vous prendrez un taxi pour rejoindre le bord de mer…

Parisienne comme je l’étais alors et habituée aux îles sous le soleil, j’imaginais Los Angeles comme Nice ou Cannes : une ville en bord de mer. C’était sans compter le gigantisme à l’américaine. Si vous souhaitez rejoindre le Pacifique depuis Hollywood ou Beverly Hills, prenez un taxi ou le bus !

Je voulais pousser le rêve jusqu’à Malibu (pas pour Pamela Anderson !), mais je me suis arrêtée à Santa Monica. Même si “arrêtée” n’est pas le bon mot : Santa Monica, c’est au contraire l’ouverture sur le Pacifique, le grand, celui qui permet de laisser le nuage de pollution derrière votre épaule et de vous rafraîchir au grand air, celui du large. Après avoir observé l’horizon un moment, vous pousserez jusqu’au bout du Santa Monica Pier pour vous offrir quelques cartes postales, un tee-shirt I Love L.A.. ou quelques sucreries. Je vous suggère aussi de vous attabler pour un déjeuner au restaurant situé tout au bout, pour manger un vrai hamburger et quelques french fries au-dessus de l’océan. La dernière fois que j’y étais, je déjeunais à deux tables de Thierry Lhermitte !

Ensuite, il faut vous laisser porter par la nonchalance qui règne sur cette côte. Et en descendant lentement vers le Sud, vous vivrez la Californie côté plage, pour côtoyer les belles Américaines et les torses les plus musclés. Au royaume de la chirurgie esthétique les beautés sont légion ! Blondes de magazine virevoltant sur des rollers ou abdos huilés et biceps soulevant de la fonte, tout l’archétype du body-building évolue ici sur le Ocean Front Walk jusqu’à Venice Beach.  Voulez-vous que je vous dise ? Finalement le factice n’est pas si déplaisant à regarder ! (pour quelques minutes et a contrario d’une population qui vire malgré tout à l’obèse).

La promenade vous entrainera sur des kilomètres le long des boutiques d’artistes peintres en alternance avec les échoppes vouées au tatouage ou au piercing. Et peu avant d’arriver à Marina del Rey qui abrite la flotte des bateaux des plus nantis, peut-être ferez-vous comme moi…

En fin de journée et après des heures de marche dans la grande cité, j’ai traversé la large plage qui mène jusqu’au Pacifique et je me suis assise sur le sable au coucher du soleil. Un sable qui ressemble à tant d’autres ailleurs dans le monde, mais un sable qui fait rêver des générations de touristes qui veulent approcher cet Eldorado des temps modernes qui brille encore un peu au firmament des ambitions de certains.

Les goélands lançaient dans le ciel quelques cris inélégants, et le soleil jouait à cache-cache entre les pilotis de ces fameuses cabanes de sauveteurs. Dans une ville où il brille 325 jours par an, j’étais la seule à remplir ma boîte à souvenirs des embruns vivifiants de l’air humide de cette fin de printemps.  J’étais à Los Angeles et je savais pourtant déjà que je n’aimais pas, que je n’y reviendrais sans doute pas. Au-delà des clichés, le miroir ne me convenait pas.

Mais quand j’ai refermé cette nuit la biographie de George Clooney j’ai pensé que Los Angeles valait tout de même d’être inscrite sur le livre de mes récits. Je vous la livre aujourd’hui telle que je l’ai ressentie alors, entre sarcasme et distance, mais avec le plaisir de l’avoir parcourue pour quelques heures.

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Commentaires

4 Réponses à “Ma nuit avec George Clooney…”

  1. Marie-Net le 20 octobre 2008 13:12

    Haaaaaa Georges, what else ?

  2. Un Monde Ailleurs le 20 octobre 2008 13:21

    Mmm… je n’avais pas voulu la faire celle-ci, trop facile !…
    :D

    Ceci dit ne te précipite pas sur sa bio, ce n’est en réalité qu’une compilation de tout ce que l’auteur a pu trouver sur sa filmographie et sur quelques sites web : rien qu’on n’ait déjà lu quelque part.

  3. Zorglub le 21 octobre 2008 20:20

    Toujours un plaisir de te lire, même quand tu parles de sujets légers :) Ceci dit, je comprends qu’on craque du beau Georges, amateur de jeunes et jolies françaises d’ailleurs :D

  4. Un Monde Ailleurs le 22 octobre 2008 0:03

    Je crois que j’ai passé l’âge de sélection dans ce cas !…
    ;-)

    Et c’est un plaisir de te lire ici en dehors de http://www.plongeur.com !
    :-)

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