Il me faut aborder aujourd’hui un sujet qui, semble-t-il, fâche de nombreux lecteurs sur le web : la publicité. J’ai lu récemment plusieurs débats épineux à ce sujet, j’ai souvent souri, parfois franchement ri ! Vous n’êtes pas sans savoir que le marché de la publicité sur le web francophone s’organise, se structure, pour essayer de rattraper le temps perdu par rapport au marché anglophone qui a vite compris l’intérêt de divulguer une information à l’attention du plus grand nombre et en un temps record. Internet s’y prête à merveille, et de plus en plus de sites web ou de blogs sont désormais contactés par des régies publicitaires ou directement par des clients qui souhaitent faire parler de leur produit. Et c’est le cas d’Un Monde Ailleurs…

(en mission sur une pirogue à Bornéo)
Il y a divers moyens de diffuser de la publicité sur un blog mais je n’en citerai que trois ici : l’insertion d’une bannière (petit logo ou suite d’images animées qui renvoient vers le site du client), la publication d’articles sponsorisés, et le publi-reportage :
- des bannières vous en voyez deux sur mon blog (pour notre matériel photo et pour notre équipement de plongée) ; ce n’est pas franchement de la publicité à mon sens mais plutôt une façon de remercier les sponsors de l’Homme dont je profite aussi, par procuration.
- l’article sponsorisé est commandé par le client final (directement ou via une régie publicitaire) et le blogueur rédige puis publie un article sur un produit précis. La règle essentielle est de laisser une quasi-totale liberté d’expression à l’auteur pour qu’il conserve le ton et le vocabulaire qu’il a l’habitude d’employer ; l’article doit rester « vrai » même s’il est rémunéré, et se fait l’écho d’une campagne de promotion, ou promotion lui-même.
- le publi-reportage entre dans un cadre légèrement différent : un client ou une régie publicitaire contacte l’auteur d’un blog et lui propose de publier, contre rémunération, un article ou une série d’articles sur un thème donné. Ce peut être la dernière collection d’un grand couturier ou la mise en valeur d’une ville, comme Bruges l’hiver dernier.
Bien sûr, plus le blog connaît de succès, plus l’auteur est susceptible d’être contacté pour s’adresser à son lectorat, faire des recommandations et gagner ainsi un peu d’argent. Pendant mon voyage en Australie j’ai été contactée en moins de trois jours par deux régies publicitaires différentes. La première m’a proposé d’être rémunérée pour me faire l’écho d’une nouvelle forme de promotion des guides Voyager Pratique Michelin, la seconde en me suggérant très fortement de m’inscrire chez elle pour pouvoir ensuite être contactée pour des offres plus précises. Sur le coup, j’ai voulu tourner le dos et dire « passez votre chemin bonnes gens, je ne mange pas de ce pain-là !« . Mais…
Une heure plus tard, en y réfléchissant plus sérieusement, j’ai réalisé qu’Un Monde Ailleurs, bien que je m’en défende, fait déjà la promotion de nombreuses destinations, hôtels, restaurants, livres, etc… et sans que je sois rémunérée. Enfin… pas exactement puisque si je vous parle des Tonga, c’est que j’y suis allée dans le cadre d’un tournage de documentaire et non seulement je n’ai pas payé mes nuits dans cet hôtel mais j’étais à l’époque rémunérée par notre producteur pour les photos que j’ai faites au cours de ce voyage. Bien sûr l’hôtel de Paraty au Brésil ne sait probablement pas que j’ai eu un véritable coup de cœur pour son établissement de charme et que je vous en ai parlé, mais là encore j’étais payée en tant qu’éclairagiste sous-marin et le producteur a réglé la note d’hôtel pour toute l’équipe.
Par contre, quand je vous vante les mérites du centre de plongée de Hugues Vitry ou de celui de Jean-Michel Langlois tous deux situés sur l’île Maurice, vous savez que ce sont des cris du cœur puisqu’il s’agit là de deux amis chers en qui j’ai une totale confiance et je sais que vous y serez bien accueillis et que vous y ferez des plongées superbes en toute sécurité ; j’ai juste envie de vous en faire profiter. Mais je confesse que lorsque je plonge chez eux, ils m’accueillent à titre gratuit, au titre d’amie. Alors, promo ou pas promo ?…
Un Monde Ailleurs n’est-il qu’un blog de pub ?!!!…
Non !
Et en tous cas ce n’est pas ainsi que je l’ai conçu, et ce n’est pas ainsi qu’il continuera à être développé. Un Monde Ailleurs est et restera un blog indépendant, rédigé par un auteur indépendant. Mais je suis aussi photographe et journaliste, et auteur de contenu web pour des chaînes nationales, la raison pour laquelle je voyage beaucoup et la raison pour laquelle j’ai tant à vous raconter ici. Or entre deux tournages, entre deux articles de presse, je dois continuer à travailler. Et si on me propose de rédiger un article qui reste cohérent avec le contenu de mon blog, je dois y réfléchir à deux fois. C’est ce que j’ai fait.
Lorsque j’ai accepté la proposition de Blogrider pour l’article sur Michelin, j’ai bien spécifié que je voulais rester totalement libre de mon contenu et de mes écrits et que je ne publierais rien qui ne soit en accord avec ma ligne éditoriale : le voyage, et par extension la plongée sous-marine, la photographie, la gastronomie, le tourisme en général. Blogrider a accepté sans protestation. Ici, vous ne me verrez jamais vanter les charmes d’un camembert ou les atouts d’un déboucheur d’évier. J’ai donc reçu une note de deux lignes sur l’objectif de mon article (relayer la campagne vidéo de Michelin) et carte blanche sur la façon de le traiter. J’ai décidé de vous parler de mon utilisation des guides papier dans la préparation de mes voyages puisque je n’avais jamais abordé ce thème ici, et d’ailleurs j’aurais du le faire plus tôt puisque ce sujet vous a fait longuement réagir !
J’ai ensuite soumis mon texte à la régie pub qui l’a transmis à Michelin, les deux l’ont validé, sans omettre une seule virgule ni changer le moindre mot. J’ai publié. Je serai rémunérée.
Ma seule restriction imposée fut de ne pas citer le nom des concurrents de Michelin, et je m’y suis prêtée bien volontiers puisque j’estime que c’est de bonne guerre. Et vous restiez libres de le faire dans vos commentaires…
Très honnêtement je pensais que cet article serait un coup unique, et cela m’amusait de le faire. J’ai eu l’occasion dans le passé de rédiger de nombreux communiqués de presse, c’est à la fois ennuyeux et excitant puisqu’il s’agit de faire passer un certain nombre de mots-clés sur un minimum d’espace pour retenir l’attention du lecteur. Ici, pas de mots-clés mais le challenge personnel de conserver l’attention de mes lecteurs, et pourquoi pas, de les intéresser en leur parlant d’un produit dont, à l’origine, il ne me serait pas venu à l’esprit de parler. Je ne regrette en rien cet article sur Michelin, j’ai pris plaisir à l’écrire et plaisir à échanger avec vous ensuite sur votre utilisation des guides papier. Au moins maintenant, je sais que nous avons des points en commun ! ;-)
Mais l’article Michelin n’était pas encore publié que Blogrider me proposait une autre collaboration, beaucoup plus sérieuse, beaucoup plus intéressante. Et c’est la raison de cet article aujourd’hui. Un office de tourisme m’envoie en reportage sept jours sur sa destination, pour vous en parler. Comme lorsque je suis en tournage, je serai rémunérée pour le temps passé sur place et les photos que je rapporterai. Comme lorsque je suis en tournage, tous mes frais seront pris en charge (dans une limite raisonnable bien sûr !). Je suis journaliste, je vais travailler. Mais à la demande d’un autre client : ce n’est plus un producteur ou un magazine qui me fait monter dans un avion, mais un office de tourisme. Ce pourrait être un groupe hôtelier, un voyagiste ou un restaurateur. Pour moi, c’est une autre mission. Mais pour vous ?…
Pour vous il n’y aura strictement rien de nouveau !
Pendant ce voyage, et comme en Egypte ou en Australie dernièrement, je vais m’efforcer de publier chaque soir un petit récit de ma journée, mes impressions du jour, vous montrer une photo ou deux, partager avec vous ma découverte de ce pays que je ne connais pas encore. Ensuite, à mon retour, je livrerai au client une dizaine d’articles et une grosse sélection de photos dont il usera sur le web à des fins promotionnelles.
Ne vous méprenez pas, je ne pars pas pour vous écrire pendant sept jours « ce pays est splendide et je l’adore ! » et surtout si je ne le pense pas ! D’ailleurs l’office de tourisme m’a fait savoir que je suis totalement libre de parler de ce qui ne me plait pas et j’ai déjà un a priori contre la gastronomie locale donc il est fort possible que je vous en parle… Non, je ferai comme d’habitude : je raconterai ma réalité du voyage, je vous montrerai ma vision de ce pays. En toute liberté.
Alors me direz-vous, j’aurais pu me passer de la publication de cet article-là où je remets d’avance les pendules à l’heure avant même d’être lynchée (peut-être ?). Oui et non. J’aurais pu partir le nez au vent et vous raconter ce nouveau voyage mais vous auriez été surpris peut-être par mes liens qui renverront vers l’office de tourisme en question. Comme je l’ai fait pour l’Egypte et la Mer Rouge en février dernier pour le compte de Plongeurs International et du Red Sea Diving Safari. Vous savez de toutes façons que si mes plongées ne m’avaient pas plu, je ne vous en aurai même pas parlé !
Nous avons vous et moi une relation de confiance, et je préfère dès aujourd’hui vous dire tout haut ce que certains d’entre vous auraient peut-être pensé tout bas. Oui je vais être payée pour parler de ce voyage, et non ça ne change strictement rien au fait que je reste totalement indépendante et que je continuerai à écrire ce que je veux ! Tout ce que je veux…
Et je compte sur vous pour en faire autant dans vos commentaires…



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Bonjour Marie-Ange,
Je me disais, aussi… Je le trouvais tout de même étrangement orienté « promo » ce précédent post sur l’initiative vidéo du guide de voyage précité.
Je suis ce week-end à Romans, au festival de l’expression sur internet, où le cas de la campagne de pub « nouveau style » lancé par ledit guide a été évoqué lors d’une table ronde sur la monétarisation des blogs.
Personnellement, je n’ai rien contre la publicité, sous quelque forme que ce soit dans les blogs, tant qu’elle n’est pas trop envahissante et qu’elle reste surtout cohérente par rapport au contenu et à l’esprit du blog. Et tant que l’auteur du blog reste maître de cette pub et ne « trahit » pas les attentes de ses lecteurs. Il me semble que les quelques pubs présentes sur « Un Monde Ailleurs » sont parfaitement en accord avec le blog, donc pas de souci.
En revanche, ce qui me gêne beaucoup, étant journaliste aussi, c’est quand un publi-reportage ou un article sponsorisé ne dit pas son nom et n’est pas signalé comme tel au lecteur. J’aurais par exemple appréciée d’être avertie à ce sujet sur l’article concernant le guide de voyage. Il aurait fallu signaler au début que c’était un billet sponsorisé, ne crois-tu pas ?
Ce qui ne t’aurait pas empêché de donner ton avis comme tu l’as fait. Mais la teneur de mon propre commentaire aurait alors été sans doute un poil différente.
Mais j’apprécie et je trouve intéressant que tu abordes franchement le sujet dans ce nouveau post. Voilà une problématique qui risque de susciter bien des réactions…
A bientôt!
Haaa le rêve ! Être payé juste pour voyager…
Au vu des différents blog que je suis on voit bien que les régies de pub ont compris comment marchait le blogeur. Si jamais un article sponsorisé ne leur plais vraiment pas ils ne payent pas pour cet article, tout simplement.
Le système du publie reportage me fait beaucoup penser au marques qui envoient de leurs produits à des magazines pour qu’il le teste. Ils fournissent le produit mais ils n’ont aucun contrôle sur ce qui va être dit sur leur article.
Moi dans ce cas là j’aurais peur de m’auto-censurer…
Je n’ai qu’une chose à dire, profite bien !
Corinne > en fait Blogrider voulait que je le stipule en bas de mon article. Et j’ai refusé, parce que je me suis dit qu’il était fort possible que je ne publie qu’un seul article sponsorisé sur ce blog et qu’il était inutile d’alerter mes lecteurs si je ne donnais pas suite à ce type d’expérience. D’autre part j’ai vraiment rédigé cet article comme je l’aurais rédigé si je n’avais pas du faire le relais de cette nouvelle campagne de pub, en essayant de rester aussi détachée que possible. Et du coup mes lecteurs sont restés très spontanés dans leurs réactions ; je ne pense pas qu’ils l’auraient été autant s’ils avaient lu tout en bas « article sponsorisé ». Et ça gâche un peu le plaisir de l’échange dans ce cas, à mon avis.
Mais comme, depuis, j’ai accepté un reportage, j’ai voulu vous avertir pour jouer franc jeu.
Et ça ne m’empêchera pas non plus de continuer à dire du bien de ce que j’aime quand j’en ai envie, sans être forcément payée pour le faire ! Je vais garder la spontanéité de mes coups de coeur !
Le Festival de Romans doit être fort intéressant, j’aurais aimé y assister !
Lou > d’abord je rectifie : je ne suis pas payée « juste pour voyager », ce serait trop beau !…
D’habitude je suis payée pour écrire des articles et prendre des photographies ; cette fois ce sera la même chose, au bénéfice d’un pays tout entier. Je serai payée pour parler de ce que je vais vivre et découvrir dans ce pays. Ecrire, photographier, rapporter, montrer, témoigner, ça signifie être journaliste. Corinne peut en parler.
Et en ce qui concerne l’auto-censure, puisque l’office du tourisme m’a fait passer le message que je dois me sentir libre aussi dans ce sens, je pars sans souci : si quelque chose me fait râler, vous le saurez !
Oui dsl quand je disait « juste » pour voyager je pensais au fait que tu n’aura « rien d’autre à faire » là bas que du journalisme au contraire de tes précédents récit où tu étais quand même assignée à un poste dans une équipe de tournage, etc
J’abonde dans le même sens que Corinne. Je préfère toujours savoir qu’un reportage a été sponsorisé avant, même si cela ne change en rien le propos. En ce qui concerne les voyages payés par les offices de tourisme, j’ai toujours en tête le discours de mon prof de journalisme, à l’époque, qui nous conseillait de les refuser pour conserver notre intégrité journalistique. Mais comme aucune rédaction ne paie pour les voyages des pigistes au Québec (et même des permanents, sauf exception), avons-nous le choix ? Je tente donc d’être le plus objective possible, considérant le fait que ces voyages sont généralement conçus pour nous faire voir le plus beau…
Pour le reste, je vous trouve bien chanceuse d’être approchée en tant que blogueuse pour ce genre de projet !
Lou > oui, en ce sens je suis totalement d’accord !…
Marie-Julie > pour ma part quand je lis en tête d’article que l’auteur a été payé pour écrire, et bien que je sois journaliste, j’ai du mal à lire le reste sans a priori négatif, sans penser « attention c’est du publi-reportage donc objectivité altérée ». Je pense que mon jugement personnel s’en trouve faussé dès le début ; or si je lis (comme la plupart du temps) en fin d’article que celui-ci a été sponsorisé, je me dis juste « ah bon ! » mais mon opinion est déjà faite sur le contenu, et je peux juger s’il est bien écrit, ou non, si j’adhère aux propos, ou non. Question de sensibilité personnelle sans doute. L’un comme l’autre reste respectable.
Refuser un voyage offert par un office de tourisme au nom de l’intégrité journalistique, c’est un point de vue honorable. Mais lorsqu’il s’agit de parler du voyage, si ce n’est pas un magazine papier (ou télé) qui commande l’article et qui paye le déplacement, le journaliste devrait-il payer de ses deniers pour conserver (au moins) l’illusion de son intégrité ? Sachant de plus que la plupart des articles papier des magazines sur le thème du tourisme sont commandités par les voyagistes, compagnies aériennes, groupes hôteliers, qui offrent des voyages « gratuits » à la presse, aux agences de voyages, etc… Difficile de trancher.
Quand les rubriqueurs « beauté » parlent des cosmétiques, ils en ont reçu des cartons entiers à tester, gratuitement. Tout le monde le sait et cela ne choque plus grand-monde. Idem pour la voiture de luxe que personne ne peut s’offrir mais qui fait le bonheur du journaliste auto qui l’aura entre les mains pendant une journée… Perd-il pour autant de son intégrité ?
Seuls les critiques payés pour l’être (je pense aux fameux guides gastronomiques, entre autres) peuvent encore se permettre de refuser une gratuité, puisqu’ils sont rémunérés par une société extérieure. Et encore…
Parler de produit sans l’approcher, c’est difficile. Et pour ma part, Un Monde Ailleurs ne serait pas aussi riche de contenu s’il avait fallu que j’économise chaque mois pour payer chaque voyage, et d’ailleurs je n’aurais pas vécu tout ce que j’y raconte si j’avais été une touriste « ordinaire » (ce qui ne fait pas de moi quelqu’un d’extra-ordinaire !).
En ce qui concerne le prochain voyage, j’ai déterminé seule mon itinéraire, j’ai fait du repérage virtuel sur Internet et j’ai acheté deux guides papier (Michelin ne m’en a pas offert, qu’on se le dise…
). Je suis seule à savoir ce que je vais faire, combien de temps, pour quelle raison. L’office de tourisme peut me faire des recommandations, mais contrairement aux fameux « éduc-tours » offerts aux agents de voyage pour qu’ils vendent mieux, je suis seule à décider des endroits dont je vais vous parler très bientôt, et seule à décider si je vous parlerai d’un château ou d’une journée shopping, je ne le sais même pas encore… Et je le ferai vraiment en toute liberté.
Quant à la chance… il va falloir la mériter je crois…
Ça, c’est ce que j’appelle de la belle liberté sponsorisée !
Bien hâte de lire ça !
Je suis en train d’organiser un voyage semblable avec un office de tourisme, qui défraiera avion et hébergement seulement… Par contre, je ne serai pas payée (seulement par la vente des reportages aux différents médias québécois auxquels je collabore).
En général en France c’est souvent ce qui se passe avec les journalistes qui veulent partir : ils essaient de se faire offrir le voyage et l’hébergement puis vendent leurs articles au retour (souvent ils ont au moins une première commande qui leur permet d’obtenir la gratuité auprès des réceptifs sur place). Je vois qu’on procède de la même façon au Canada…
La différence pour moi pour ce prochain voyage (et rien ne dit qu’il y en aura d’autres !), c’est que le média est mon blog, il est donc normal que je sois rémunérée je pense puisque c’est mon blog qui diffusera l’information et non pas un magazine papier extérieur. Mais c’est peut-être ce qui peut heurter les sensibilités ?… Le fait qu’on me paye pour publier sur mon propre média… A creuser.
Fais-nous savoir quand tu partiras, que l’on puisse suivre tes aventures…
A moi de mettre mon grain de sel, sur ce débat que je trouve intéressant.
D’une manière générale, je rejoins l’avis de Corinne.
A mon sens, il faut distinguer plusieurs choses (liste non exhaustive) :
- la pub sous forme de bannière. Perso ça ne me pose pas de pb (même si je la refuse sur mon blog), surtout si c’est un partenaire. Egalement si cette publicité reste discrète, évidemment (comme tout le monde, j’ai horreur des trucs qui défilent dans tous les sens).
- la pub concernant un endroit que l’on a bien aimé, un organisme par lequel on est passé qui nous a plus. Là encore, aucun problème. Ce n’est que justice de faire la pub pour quelque chose que l’on a apprécié ! Je le fais volontiers pour les hôtels/restaus/guides que j’ai apprécié durant mes périples en Asie.
- les articles « sur demande ». Là je suis très très sceptique. Je suis déçu de constater que la promo sur le Guide Michelin fait suite à une telle requête. Certes tu l’as sans doute trouvé intéressant, mais je trouve que ce n’est pas honnête vis-à-vis des lecteurs de ne pas le préciser. Ce n’est que mon opinion.
- concernant le voyage « sponsorisé », si l’organisme te laisse une totale liberté quant à ce que tu écris sur le blog, alors moi je dis, BANCO ! D’après ce que je comprends, tu fourniras à l’organisme des articles et des photos, donc pour moi il n’y a pas de d’interférence avec ce qui se passe sur le blog. Pour moi (dis-moi si je me trompe) ça se rapproche un peu de ton travail pour Carnets d’Expéditions, où tu travailles en tant que photographe, et nous fait partager un journal de bord en parallèle, dissocié de ton travail professionnel.
Just my 2 cents
En ce qui concerne l’article type Michelin j’ai l’impression d’avoir fait une erreur de jugement en le publiant sans le signaler juste parce que j’avais le sentiment que ce serait le seul et unique (et je ne suis toujours pas certaine d’en rédiger d’autres !). Promis, si j’en publiais d’autres, je vous le signalerai ! Mais je maintiens que j’ai été très sincère en l’écrivant puisque ce qui m’intéressait surtout c’était de savoir comment vous utilisiez vos guides papier, et vos réactions diverses ont été intéressantes pour tout le monde.
D’autre part au sujet de ce voyage rémunéré, je suis libre d’écrire sur mon blog mes récits de voyage comme je l’entends. A mon retour j’écrirai en plus entre 5 et 10 articles supplémentaires que je livrerai à l’Office de Tourisme avec un certain nombre de photos. Libre à eux de les utiliser dans le cadre de la promotion du pays en question. C’est un travail de journaliste, comme je le fais également dans le cadre de la promotion des Carnets d’Expédition ou des Carnets de Plongée pour le compte du producteur, ou pour d’autres reportages que j’ai effectué auparavant ou entre-temps pour la presse magazine. Rien de nouveau, tu l’as bien compris.
Vraiment très très intéressant, cette nouvelle problématique des blogs face aux annonceurs.
Le sujet fait couler beaucoup d’encre électronique en ce moment dans la blogosphère, en particulier ce nouveau mode de pub que développent des agences de com type Blogrider, eBuzzing, Blogbang, etc. via les « billets sponsorisés » et autres initiatives du même type. Faites donc une petite recherche dans un moteur sur ce thème, le débat est vif…
Tu n’es pas la seule, Marie-Ange, parmi les auteurs de blogs jugés « influents » par les annonceurs à avoir tenté l’expérience du billet sponsorisé. Là-dessus, je maintiens ce que je disais plus haut: chacun est libre d’écrire ce qu’il souhaite dans son blog, MAIS: quand on est journaliste, et qu’on écrit comme tel, sous cette identité professionnelle dans un blog, alors on se doit de respecter le code de la profession. Bref, un billet sponsorisé doit être signalé comme tel aux visiteurs. Question de transparence, de crédibilité, d’honnêteté. Mais je vois que nous sommes finalement d’accord là-dessus.
Pour les autres pratiques, celles des produits reçus en « test », des voyages de presse, elles sont effectivement courantes et répandues dans la profession. Rien de nouveau, en effet. Et ça ne me gêne pas si le journaliste « invité » fait correctement son boulot derrière, avec l’objectivité qui est la sienne, dans le respect de la ligne éditoriale du support pour lequel il travaille, pour les papiers qu’il a prévu d’écrire, et sans se sentir obligé de servir la soupe à celui qui finance le voyage ou fournit les produits. Pour informer, il faut bien avoir accès aux choses dont on parle. Mais il est plus prudent de lâcher l’affaire quand on a le sentiment désagréable de se faire « acheter ».
L’exercice est plus délicat quand le reportage est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec le support de presse pour lequel on travaille et un organisateur d’événement. Là, des pressions peuvent s’exercer. Et les papiers publiés seront en fait plus de la communication que de l’information.
Car le problème est là: on confond informer et communiquer. Le journaliste, détenteur de la carte de presse, fait un travail d’information, il n’est pas attaché de communication au service d’un annonceur quelconque. De plus en plus de gens, sur le web en particulier, font la confusion. Une dérive inquiétante, qui nuit à la confiance que les gens ont dans la presse et les médias.
C’est pour ça que je pense qu’il convient de séparer soigneusement les deux types d’exercice, en les identifiant de façon claire. Y compris sur un blog.
Nombreux sont les journalistes qui font un boulot de com’ (pour des raisons matérielles ou par intérêt pour un domaine particulier), à côté de leur activité journalistique proprement dite. Comme ils ont les compétences pour écrire et présenter un sujet, ils sont très sollicités. Le tout est de pouvoir ensuite continuer à exercer en toute indépendance son travail strictement journalistique.
Aucun commentaire à ajouter à cela Corinne, tout est dit !…
PS : ne pas oublier tout de même qu’Un Monde Ailleurs n’est pas Le Monde, et que mon ambition sur ce blog n’est pas de rédiger un vrai article de presse comme en vous liriez tant ailleurs, et comme j’en rédige pour d’autres médias. Je garde ici la ligne directrice qui m’est propre et qui me motive : raconter MA vision du voyage, à travers mon expérience de voyageuse. En gardant un soupçon de poésie, et quelques émotions à transmettre. Un Monde Ailleurs n’est pas un blog de tourisme, c’est un livre virtuel à feuilleter pour y lire le récit de voyages aux quatre coins du monde. Surtout, ne pas confondre les genres…
Comme tu dis, surtout ne pas confondre les genres. Et j’abonde dans le sens de ton PS :
C’est bien pour toutes ces raisons que j’aime tant parcourir Un Monde Ailleurs!!!
Justement parce que ce n’est pas un blog de tourisme ni une collection d’articles de magazines. Le ton de tes récits, leur qualité, les belles émotions que tu nous fais partager me font revenir régulièrement ici. Et je ne suis pas près d’arrêter!!!
À bientôt!
Je pense très honnêtement que si tu avais annoncé que l’article était sponsorisé, je ne l’aurais pas lu !
Merci pour ta sincérité.
Un autre côté positif de ce reportage sponsorisé : désormais c’est l’Homme qui suit !
Véronique C. > très honnêtement, j’aurais fait comme toi si je l’avais lu sur un autre blog…
Tomawak Diver > je tiens à ma relation de confiance avec mes lecteurs, et je n’ai aucunement l’intention de les trahir, même pour gagner ma vie. Et… l’Homme ne part pas avec moi sur ce reportage (dont la date de départ vient d’être repoussée de 3 semaines !). Je pars toute seule, quant à lui il prépare la suite de nos Carnets…
Je viens de lire la suite des messages… Discussion très intéressante. Je suis d’accord avec vous par rapport à la rigueur et à la transparence, et le fait que l’éthique journalistique devrait être la même sur un blogue. Par contre, moi non plus je n’ai pas la prétention de vouloir faire «Le Monde» en bloguant! Mon blogue, c’est avant tout mon espace de liberté, celui qui me permet justement de parler des coulisses de mon métier et des autres sujets qui me passionnent mais n’intéressent pas forcément les médias dits traditionnels.
Autre détail: oui, quand nos voyages sont sponsorisés par les offices de tourisme, nous sommes libres d’écrire ce que nous voulons. Par contre, ce qui fausse parfois un peu les choses, c’est qu’ils mettent le paquet pour nous faire voir le bon côté de leur pays, ne lésinant sur aucun détail. Il est évident que loger dans un hôtel «7 étoiles» à Hong Kong a rendu mon séjour plus agréable que si j’avais dormi dans un hostel !
Ça me rappeler l’expo universelle de Lisbonne, où je suis allée en tant que simple touriste. Un ami s’y était rendu pour une série de reportages télé et n’a pas eu à faire la queue. Il a adoré son expérience. Moi, après 4 heures d’attente sous un soleil brûlant, il aurait fallu que l’attraction soit vraiment extraordinaire pour que je l’apprécie. Je garde un souvenir plutôt amer de ma visite des lieux…
Oups! Ça me «rappelle»…
Nous sommes donc d’accord sur la liberté d’expression sur un blog qui est effectivement un espace personnel sur lequel l’auteur doit se sentir libre d’écrire, comme il l’entend, sur le sujet qu’il souhaite aborder. Pour l’instant, c’est toujours mon cas !
Pour les voyages « sponsorisés », il est évident que si le prestataire est désireux de nous montrer le meilleur, on ne va pas faire la fine bouche. Par contre en tant que journaliste, si nous savons apprécier le confort pour ce qu’il est, je pense que nous sommes aussi tout à fait capables de prendre de la distance par rapport à ces conditions hors normes et de nous mettre à la place du lecteur qui, lui, vivra autre chose. Et donc de relativiser. Par ailleurs, un prestataire qui me logerait en 5* pendant une semaine partirait (en ce qui me concerne) avec un léger handicap : cela me mettrait mal à l’aise vis-à-vis de mon objectivité… J’aurais sans doute tendance à me montrer un peu narquoise, mais je ne pense pas que j’en ferais état dans mes écrits.
Par contre si c’est un hôtel 5* qui me loge pour en parler, je n’ai pas de scrupule à tester ses services. Cela m’est déjà arrivé, et je le traite avec la même objectivité qu’un établissement de catégorie plus modeste (ou plus raisonnable). Toute catégorie a son charme, et le 5* n’est pas forcément toujours le meilleur choix (en fonction de l’objectif de son voyage)…
Pour ce qui concerne ton expérience à l’expo universelle de Lisbonne, il va de soi que les facilités offertes (parfois, pas toujours !) aux journalistes ont parfois du bon, et précisément dans le cas que tu cites. Comment aurais-je réagit ?…
Je crois que lorsqu’on voyage pour travailler on espère, forcément, des conditions de travail qui nous permettront d’aller plus vite au coeur du sujet, avec un maximum d’efficacité. Pour pouvoir témoigner davantage, avec un maximum d’infos. Mais ça n’empêche pas de prendre de la distance avec les facilités offertes et de se mettre à la place du lecteur (encore une fois) pour évaluer son appréciation dans des conditions d’utilisation normales. Ce que tu as vécu…
Enfin, même en temps que journaliste avec prestations payées, on peut vivre des expériences root, voire très root, et en ressortir enrichi(e) aussi. En sachant que le touriste « classique » ne vivra lui, jamais ce type d’expérience.
Donc toute expérience est bonne à prendre, tant qu’on ne perd pas de vue son objectivité. Qu’en pensez-vous ?
J’ajouterais une réflexion :
Nous n’avons sans doute pas non plus la même pression sur les épaules quand nous sommes « sponsorisés » pour effectuer un reportage qu’un touriste qui aurait payé pour le même voyage : sans vouloir jouer les Calimero de service ( »c’est vraiment trop injuste… »), je me sens très redevable dès lors que je suis en mission pour un prestataire qui m’a offert le voyage, pas dans le sens où je me sens obligée de faire un article élogieux, au contraire mon objectivité s’en trouve affutée, mais dans le sens où il s’agit d’un travail à part entière et je ne me sens pas le droit de me comporter comme un touriste classique.
C’est-à-dire que je ne m’octroie pas le plaisir d’un cocktail sur la plage à l’heure du coucher de soleil : je suis en général dans ma chambre, devant l’ordi, à rédiger mon papier, à trier mes photos, à batailler avec les connexions Internet pour mettre en ligne, à monter les rendez-vous du lendemain, etc…
Je cours partout, pour rentabiliser mon temps et engranger les photos dans diverses situations. Je suis en permanence en situation d’interview avec les personnes que je rencontre. Je plonge, encore et encore, s’il s’agit d’un séjour plongée, malgré le froid, malgré les conditions en mer, malgré la fatigue parfois.
Et je vais être exigeante avec le prestataire : je vais chercher à en obtenir le maximum, pour pouvoir offrir le maximum à mes lecteurs. Un voyage dans le désert n’est possible que si nous partons à 05:00 du matin ?… Ok, pas de petit déjeuner. On peut aller plonger sur ce site mais c’est à 2h de Zodiac et la mer est mauvaise ?… Ok, tant pis pour le mal de mer. On peut rencontrer une tribu Dayak mais il va falloir dormir trois jours par terre et pas de salle de bains ? Banco, on y va. Etc…
En général c’est bien perçu par le prestataire qui accepte de jouer le jeu. Mais je le redis : quand je rentre de voyage, je suis toujours fatiguée ! Par contre un vacancier va rentrer reposé, détendu. Mais nous n’aurons pas non plus vécu le même voyage…
Dernier point : tous les prestataires ne sont pas des escrocs, loin de là ! La plupart de ceux avec lesquels, ou pour lesquels, j’ai travaillé sont d’honnêtes gens qui aiment leur métier et veulent juste le faire savoir pour augmenter leur chiffre d’affaires et continuer à travailler. Alors en général ils ont à cœur de nous mettre en situation réelle, et quand une situation sort un peu de l’ordinaire, ils nous le signalent systématiquement. Et je l’écris dans le reportage. Leur intérêt n’est pas de vendre sur papier ce qu’ils ne peuvent offrir, ils ne tiennent pas à ce que les futurs clients alléchés par un reportage leur reprochent ensuite de « ne pas avoir vu les requins longimanus » ou « ne pas avoir eu beau temps en période de cyclone », etc… Donc j’entends assez facilement « non, ne l’écrivez pas parce que c’est tout de même rare… ».
Conclusion : être payé(e) pour voyager crée une obligation de résultat. Et si on est sérieux, ou consciencieux, on donne le maximum pour témoigner du maximum. Pour le bénéfice du lecteur.
En tous cas c’est comme cela que je perçois mon drôle de métier…