Il me faut aborder aujourd’hui un sujet qui, semble-t-il, fâche de nombreux lecteurs sur le web : la publicité. J’ai lu récemment plusieurs débats épineux à ce sujet, j’ai souvent souri, parfois franchement ri ! Vous n’êtes pas sans savoir que le marché de la publicité sur le web francophone s’organise, se structure, pour essayer de rattraper le temps perdu par rapport au marché anglophone qui a vite compris l’intérêt de divulguer une information à l’attention du plus grand nombre et en un temps record. Internet s’y prête à merveille, et de plus en plus de sites web ou de blogs sont désormais contactés par des régies publicitaires ou directement par des clients qui souhaitent faire parler de leur produit. Et c’est le cas d’Un Monde Ailleurs…

(en mission sur une pirogue à Bornéo)
Il y a divers moyens de diffuser de la publicité sur un blog mais je n’en citerai que trois ici : l’insertion d’une bannière (petit logo ou suite d’images animées qui renvoient vers le site du client), la publication d’articles sponsorisés,  et le publi-reportage :
- des bannières vous en voyez deux sur mon blog (pour notre matériel photo et pour notre équipement de plongée) ; ce n’est pas franchement de la publicité à mon sens mais plutôt une façon de remercier les sponsors de l’Homme dont je profite aussi, par procuration.
- l’article sponsorisĂ© est commandĂ© par le client final (directement ou via une rĂ©gie publicitaire) et le blogueur rĂ©dige puis publie un article sur un produit prĂ©cis. La règle essentielle est de laisser une quasi-totale libertĂ© d’expression Ă l’auteur pour qu’il conserve le ton et le vocabulaire qu’il a l’habitude d’employer ; l’article doit rester « vrai » mĂŞme s’il est rĂ©munĂ©rĂ©, et se fait l’écho d’une campagne de promotion, ou promotion lui-mĂŞme.
- le publi-reportage entre dans un cadre légèrement différent : un client ou une régie publicitaire contacte l’auteur d’un blog et lui propose de publier, contre rémunération, un article ou une série d’articles sur un thème donné. Ce peut être la dernière collection d’un grand couturier ou la mise en valeur d’une ville, comme Bruges l’hiver dernier.
Bien sĂ»r, plus le blog connaĂ®t de succès, plus l’auteur est susceptible d’être contactĂ© pour s’adresser Ă son lectorat, faire des recommandations et gagner ainsi un peu d’argent. Pendant mon voyage en Australie j’ai Ă©tĂ© contactĂ©e en moins de trois jours par deux rĂ©gies publicitaires diffĂ©rentes. La première m’a proposĂ© d’être rĂ©munĂ©rĂ©e pour me faire l’écho d’une nouvelle forme de promotion des guides Voyager Pratique Michelin, la seconde en me suggĂ©rant très fortement de m’inscrire chez elle pour pouvoir ensuite ĂŞtre contactĂ©e pour des offres plus prĂ©cises. Sur le coup, j’ai voulu tourner le dos et dire « passez votre chemin bonnes gens, je ne mange pas de ce pain-lĂ Â !« . Mais…
Une heure plus tard, en y réfléchissant plus sérieusement, j’ai réalisé qu’Un Monde Ailleurs, bien que je m’en défende, fait déjà la promotion de nombreuses destinations, hôtels, restaurants, livres, etc… et sans que je sois rémunérée. Enfin… pas exactement puisque si je vous parle des Tonga, c’est que j’y suis allée dans le cadre d’un tournage de documentaire et non seulement je n’ai pas payé mes nuits dans cet hôtel mais j’étais à l’époque rémunérée par notre producteur pour les photos que j’ai faites au cours de ce voyage. Bien sûr l’hôtel de Paraty au Brésil ne sait probablement pas que j’ai eu un véritable coup de cœur pour son établissement de charme et que je vous en ai parlé, mais là encore j’étais payée en tant qu’éclairagiste sous-marin et le producteur a réglé la note d’hôtel pour toute l’équipe.
Par contre, quand je vous vante les mĂ©rites du centre de plongĂ©e de Hugues Vitry ou de celui de Jean-Michel Langlois tous deux situĂ©s sur l’île Maurice, vous savez que ce sont des cris du cĹ“ur puisqu’il s’agit lĂ de deux amis chers en qui j’ai une totale confiance et je sais que vous y serez bien accueillis et que vous y ferez des plongĂ©es superbes en toute sĂ©curité ; j’ai juste envie de vous en faire profiter. Mais je confesse que lorsque je plonge chez eux, ils m’accueillent Ă titre gratuit, au titre d’amie. Alors, promo ou pas promo ?…
Un Monde Ailleurs n’est-il qu’un blog de pub ?!!!…
Non !
Et en tous cas ce n’est pas ainsi que je l’ai conçu, et ce n’est pas ainsi qu’il continuera à être développé. Un Monde Ailleurs est et restera un blog indépendant, rédigé par un auteur indépendant. Mais je suis aussi photographe et journaliste, et auteur de contenu web pour des chaînes nationales, la raison pour laquelle je voyage beaucoup et la raison pour laquelle j’ai tant à vous raconter ici. Or entre deux tournages, entre deux articles de presse, je dois continuer à travailler. Et si on me propose de rédiger un article qui reste cohérent avec le contenu de mon blog, je dois y réfléchir à deux fois. C’est ce que j’ai fait.
Lorsque j’ai accepté la proposition de Blogrider pour l’article sur Michelin, j’ai bien spécifié que je voulais rester totalement libre de mon contenu et de mes écrits et que je ne publierais rien qui ne soit en accord avec ma ligne éditoriale : le voyage, et par extension la plongée sous-marine, la photographie, la gastronomie, le tourisme en général. Blogrider a accepté sans protestation. Ici, vous ne me verrez jamais vanter les charmes d’un camembert ou les atouts d’un déboucheur d’évier. J’ai donc reçu une note de deux lignes sur l’objectif de mon article (relayer la campagne vidéo de Michelin) et carte blanche sur la façon de le traiter. J’ai décidé de vous parler de mon utilisation des guides papier dans la préparation de mes voyages puisque je n’avais jamais abordé ce thème ici, et d’ailleurs j’aurais du le faire plus tôt puisque ce sujet vous a fait longuement réagir !
J’ai ensuite soumis mon texte à la régie pub qui l’a transmis à Michelin, les deux l’ont validé, sans omettre une seule virgule ni changer le moindre mot. J’ai publié. Je serai rémunérée.
Ma seule restriction imposée fut de ne pas citer le nom des concurrents de Michelin, et je m’y suis prêtée bien volontiers puisque j’estime que c’est de bonne guerre. Et vous restiez libres de le faire dans vos commentaires…
Très honnêtement je pensais que cet article serait un coup unique, et cela m’amusait de le faire. J’ai eu l’occasion dans le passé de rédiger de nombreux communiqués de presse, c’est à la fois ennuyeux et excitant puisqu’il s’agit de faire passer un certain nombre de mots-clés sur un minimum d’espace pour retenir l’attention du lecteur. Ici, pas de mots-clés mais le challenge personnel de conserver l’attention de mes lecteurs, et pourquoi pas, de les intéresser en leur parlant d’un produit dont, à l’origine, il ne me serait pas venu à l’esprit de parler. Je ne regrette en rien cet article sur Michelin, j’ai pris plaisir à l’écrire et plaisir à échanger avec vous ensuite sur votre utilisation des guides papier. Au moins maintenant, je sais que nous avons des points en commun ! ;-)
Mais l’article Michelin n’était pas encore publiĂ© que Blogrider me proposait une autre collaboration, beaucoup plus sĂ©rieuse, beaucoup plus intĂ©ressante. Et c’est la raison de cet article aujourd’hui. Un office de tourisme m’envoie en reportage sept jours sur sa destination, pour vous en parler. Comme lorsque je suis en tournage, je serai rĂ©munĂ©rĂ©e pour le temps passĂ© sur place et les photos que je rapporterai. Comme lorsque je suis en tournage, tous mes frais seront pris en charge (dans une limite raisonnable bien sĂ»r !). Je suis journaliste, je vais travailler. Mais Ă la demande d’un autre client : ce n’est plus un producteur ou un magazine qui me fait monter dans un avion, mais un office de tourisme. Ce pourrait ĂŞtre un groupe hĂ´telier, un voyagiste ou un restaurateur. Pour moi, c’est une autre mission. Mais pour vous ?…
Pour vous il n’y aura strictement rien de nouveau !
Pendant ce voyage, et comme en Egypte ou en Australie dernièrement, je vais m’efforcer de publier chaque soir un petit récit de ma journée, mes impressions du jour, vous montrer une photo ou deux, partager avec vous ma découverte de ce pays que je ne connais pas encore. Ensuite, à mon retour, je livrerai au client une dizaine d’articles et une grosse sélection de photos dont il usera sur le web à des fins promotionnelles.
Ne vous mĂ©prenez pas, je ne pars pas pour vous Ă©crire pendant sept jours « ce pays est splendide et je l’adore ! » et surtout si je ne le pense pas ! D’ailleurs l’office de tourisme m’a fait savoir que je suis totalement libre de parler de ce qui ne me plait pas et j’ai dĂ©jĂ un a priori contre la gastronomie locale donc il est fort possible que je vous en parle… Non, je ferai comme d’habitude : je raconterai ma rĂ©alitĂ© du voyage, je vous montrerai ma vision de ce pays. En toute libertĂ©.
Alors me direz-vous, j’aurais pu me passer de la publication de cet article-là où je remets d’avance les pendules à l’heure avant même d’être lynchée (peut-être ?). Oui et non. J’aurais pu partir le nez au vent et vous raconter ce nouveau voyage mais vous auriez été surpris peut-être par mes liens qui renverront vers l’office de tourisme en question. Comme je l’ai fait pour l’Egypte et la Mer Rouge en février dernier pour le compte de Plongeurs International et du Red Sea Diving Safari. Vous savez de toutes façons que si mes plongées ne m’avaient pas plu, je ne vous en aurai même pas parlé !
Nous avons vous et moi une relation de confiance, et je prĂ©fère dès aujourd’hui vous dire tout haut ce que certains d’entre vous auraient peut-ĂŞtre pensĂ© tout bas. Oui je vais ĂŞtre payĂ©e pour parler de ce voyage, et non ça ne change strictement rien au fait que je reste totalement indĂ©pendante et que je continuerai Ă Ă©crire ce que je veux ! Tout ce que je veux…
Et je compte sur vous pour en faire autant dans vos commentaires…





Rédactrice, auteur et photographe, Marie-Ange Ostré publie chaque semaine le récit et les photos de ses voyages en direct ou en léger différé. Paysages, rencontres, plongée sous-marine, cuisine, culture, bons plans,... Tous les voyages, à l'écoute des cinq sens !






Bonjour Marie-Ange,
Je me disais, aussi… Je le trouvais tout de mĂŞme Ă©trangement orientĂ© « promo » ce prĂ©cĂ©dent post sur l’initiative vidĂ©o du guide de voyage prĂ©citĂ©.
Je suis ce week-end Ă Romans, au festival de l’expression sur internet, oĂą le cas de la campagne de pub « nouveau style » lancĂ© par ledit guide a Ă©tĂ© Ă©voquĂ© lors d’une table ronde sur la monĂ©tarisation des blogs.
Personnellement, je n’ai rien contre la publicitĂ©, sous quelque forme que ce soit dans les blogs, tant qu’elle n’est pas trop envahissante et qu’elle reste surtout cohĂ©rente par rapport au contenu et Ă l’esprit du blog. Et tant que l’auteur du blog reste maĂ®tre de cette pub et ne « trahit » pas les attentes de ses lecteurs. Il me semble que les quelques pubs prĂ©sentes sur « Un Monde Ailleurs » sont parfaitement en accord avec le blog, donc pas de souci.
En revanche, ce qui me gĂŞne beaucoup, Ă©tant journaliste aussi, c’est quand un publi-reportage ou un article sponsorisĂ© ne dit pas son nom et n’est pas signalĂ© comme tel au lecteur. J’aurais par exemple apprĂ©ciĂ©e d’ĂŞtre avertie Ă ce sujet sur l’article concernant le guide de voyage. Il aurait fallu signaler au dĂ©but que c’Ă©tait un billet sponsorisĂ©, ne crois-tu pas ?
Ce qui ne t’aurait pas empĂŞchĂ© de donner ton avis comme tu l’as fait. Mais la teneur de mon propre commentaire aurait alors Ă©tĂ© sans doute un poil diffĂ©rente.
Mais j’apprĂ©cie et je trouve intĂ©ressant que tu abordes franchement le sujet dans ce nouveau post. VoilĂ une problĂ©matique qui risque de susciter bien des rĂ©actions…
A bientĂ´t!
Haaa le rĂŞve ! ĂŠtre payĂ© juste pour voyager…
Au vu des différents blog que je suis on voit bien que les régies de pub ont compris comment marchait le blogeur. Si jamais un article sponsorisé ne leur plais vraiment pas ils ne payent pas pour cet article, tout simplement.
Le système du publie reportage me fait beaucoup penser au marques qui envoient de leurs produits Ă des magazines pour qu’il le teste. Ils fournissent le produit mais ils n’ont aucun contrĂ´le sur ce qui va ĂŞtre dit sur leur article.
Moi dans ce cas lĂ j’aurais peur de m’auto-censurer…
Je n’ai qu’une chose Ă dire, profite bien !
Corinne > en fait Blogrider voulait que je le stipule en bas de mon article. Et j’ai refusĂ©, parce que je me suis dit qu’il Ă©tait fort possible que je ne publie qu’un seul article sponsorisĂ© sur ce blog et qu’il Ă©tait inutile d’alerter mes lecteurs si je ne donnais pas suite Ă ce type d’expĂ©rience. D’autre part j’ai vraiment rĂ©digĂ© cet article comme je l’aurais rĂ©digĂ© si je n’avais pas du faire le relais de cette nouvelle campagne de pub, en essayant de rester aussi dĂ©tachĂ©e que possible. Et du coup mes lecteurs sont restĂ©s très spontanĂ©s dans leurs rĂ©actions ; je ne pense pas qu’ils l’auraient Ă©tĂ© autant s’ils avaient lu tout en bas « article sponsorisĂ© ». Et ça gâche un peu le plaisir de l’Ă©change dans ce cas, Ă mon avis.
Mais comme, depuis, j’ai acceptĂ© un reportage, j’ai voulu vous avertir pour jouer franc jeu.
Et ça ne m’empĂŞchera pas non plus de continuer Ă dire du bien de ce que j’aime quand j’en ai envie, sans ĂŞtre forcĂ©ment payĂ©e pour le faire ! Je vais garder la spontanĂ©itĂ© de mes coups de coeur !
Le Festival de Romans doit ĂŞtre fort intĂ©ressant, j’aurais aimĂ© y assister !
Lou > d’abord je rectifie : je ne suis pas payĂ©e « juste pour voyager », ce serait trop beau !…
D’habitude je suis payĂ©e pour Ă©crire des articles et prendre des photographies ; cette fois ce sera la mĂŞme chose, au bĂ©nĂ©fice d’un pays tout entier. Je serai payĂ©e pour parler de ce que je vais vivre et dĂ©couvrir dans ce pays. Ecrire, photographier, rapporter, montrer, tĂ©moigner, ça signifie ĂŞtre journaliste. Corinne peut en parler.
Et en ce qui concerne l’auto-censure, puisque l’office du tourisme m’a fait passer le message que je dois me sentir libre aussi dans ce sens, je pars sans souci : si quelque chose me fait râler, vous le saurez !
Oui dsl quand je disait « juste » pour voyager je pensais au fait que tu n’aura « rien d’autre Ă faire » lĂ bas que du journalisme au contraire de tes prĂ©cĂ©dents rĂ©cit oĂą tu Ă©tais quand mĂŞme assignĂ©e Ă un poste dans une Ă©quipe de tournage, etc
J’abonde dans le mĂŞme sens que Corinne. Je prĂ©fère toujours savoir qu’un reportage a Ă©tĂ© sponsorisĂ© avant, mĂŞme si cela ne change en rien le propos. En ce qui concerne les voyages payĂ©s par les offices de tourisme, j’ai toujours en tĂŞte le discours de mon prof de journalisme, Ă l’Ă©poque, qui nous conseillait de les refuser pour conserver notre intĂ©gritĂ© journalistique. Mais comme aucune rĂ©daction ne paie pour les voyages des pigistes au QuĂ©bec (et mĂŞme des permanents, sauf exception), avons-nous le choix ? Je tente donc d’ĂŞtre le plus objective possible, considĂ©rant le fait que ces voyages sont gĂ©nĂ©ralement conçus pour nous faire voir le plus beau…
Pour le reste, je vous trouve bien chanceuse d’ĂŞtre approchĂ©e en tant que blogueuse pour ce genre de projet !
Lou > oui, en ce sens je suis totalement d’accord !…
Marie-Julie > pour ma part quand je lis en tĂŞte d’article que l’auteur a Ă©tĂ© payĂ© pour Ă©crire, et bien que je sois journaliste, j’ai du mal Ă lire le reste sans a priori nĂ©gatif, sans penser « attention c’est du publi-reportage donc objectivitĂ© altĂ©rĂ©e ». Je pense que mon jugement personnel s’en trouve faussĂ© dès le dĂ©but ; or si je lis (comme la plupart du temps) en fin d’article que celui-ci a Ă©tĂ© sponsorisĂ©, je me dis juste « ah bon ! » mais mon opinion est dĂ©jĂ faite sur le contenu, et je peux juger s’il est bien Ă©crit, ou non, si j’adhère aux propos, ou non. Question de sensibilitĂ© personnelle sans doute. L’un comme l’autre reste respectable.
Refuser un voyage offert par un office de tourisme au nom de l’intĂ©gritĂ© journalistique, c’est un point de vue honorable. Mais lorsqu’il s’agit de parler du voyage, si ce n’est pas un magazine papier (ou tĂ©lĂ©) qui commande l’article et qui paye le dĂ©placement, le journaliste devrait-il payer de ses deniers pour conserver (au moins) l’illusion de son intĂ©gritĂ© ? Sachant de plus que la plupart des articles papier des magazines sur le thème du tourisme sont commanditĂ©s par les voyagistes, compagnies aĂ©riennes, groupes hĂ´teliers, qui offrent des voyages « gratuits » Ă la presse, aux agences de voyages, etc… Difficile de trancher.
Quand les rubriqueurs « beautĂ© » parlent des cosmĂ©tiques, ils en ont reçu des cartons entiers Ă tester, gratuitement. Tout le monde le sait et cela ne choque plus grand-monde. Idem pour la voiture de luxe que personne ne peut s’offrir mais qui fait le bonheur du journaliste auto qui l’aura entre les mains pendant une journĂ©e… Perd-il pour autant de son intĂ©gritĂ© ?
Seuls les critiques payĂ©s pour l’ĂŞtre (je pense aux fameux guides gastronomiques, entre autres) peuvent encore se permettre de refuser une gratuitĂ©, puisqu’ils sont rĂ©munĂ©rĂ©s par une sociĂ©tĂ© extĂ©rieure. Et encore…
Parler de produit sans l’approcher, c’est difficile. Et pour ma part, Un Monde Ailleurs ne serait pas aussi riche de contenu s’il avait fallu que j’Ă©conomise chaque mois pour payer chaque voyage, et d’ailleurs je n’aurais pas vĂ©cu tout ce que j’y raconte si j’avais Ă©tĂ© une touriste « ordinaire » (ce qui ne fait pas de moi quelqu’un d’extra-ordinaire !).
En ce qui concerne le prochain voyage, j’ai dĂ©terminĂ© seule mon itinĂ©raire, j’ai fait du repĂ©rage virtuel sur Internet et j’ai achetĂ© deux guides papier (Michelin ne m’en a pas offert, qu’on se le dise…
). Je suis seule Ă savoir ce que je vais faire, combien de temps, pour quelle raison. L’office de tourisme peut me faire des recommandations, mais contrairement aux fameux « Ă©duc-tours » offerts aux agents de voyage pour qu’ils vendent mieux, je suis seule Ă dĂ©cider des endroits dont je vais vous parler très bientĂ´t, et seule Ă dĂ©cider si je vous parlerai d’un château ou d’une journĂ©e shopping, je ne le sais mĂŞme pas encore… Et je le ferai vraiment en toute libertĂ©.
Quant Ă la chance… il va falloir la mĂ©riter je crois…
Ça, c’est ce que j’appelle de la belle libertĂ© sponsorisĂ©e !
Bien hâte de lire ça !
Je suis en train d’organiser un voyage semblable avec un office de tourisme, qui dĂ©fraiera avion et hĂ©bergement seulement… Par contre, je ne serai pas payĂ©e (seulement par la vente des reportages aux diffĂ©rents mĂ©dias quĂ©bĂ©cois auxquels je collabore).
En gĂ©nĂ©ral en France c’est souvent ce qui se passe avec les journalistes qui veulent partir : ils essaient de se faire offrir le voyage et l’hĂ©bergement puis vendent leurs articles au retour (souvent ils ont au moins une première commande qui leur permet d’obtenir la gratuitĂ© auprès des rĂ©ceptifs sur place). Je vois qu’on procède de la mĂŞme façon au Canada…
La diffĂ©rence pour moi pour ce prochain voyage (et rien ne dit qu’il y en aura d’autres !), c’est que le mĂ©dia est mon blog, il est donc normal que je sois rĂ©munĂ©rĂ©e je pense puisque c’est mon blog qui diffusera l’information et non pas un magazine papier extĂ©rieur. Mais c’est peut-ĂŞtre ce qui peut heurter les sensibilitĂ©s ?… Le fait qu’on me paye pour publier sur mon propre mĂ©dia… A creuser.
Fais-nous savoir quand tu partiras, que l’on puisse suivre tes aventures…
A moi de mettre mon grain de sel, sur ce débat que je trouve intéressant.
D’une manière gĂ©nĂ©rale, je rejoins l’avis de Corinne.
A mon sens, il faut distinguer plusieurs choses (liste non exhaustive) :
- la pub sous forme de bannière. Perso ça ne me pose pas de pb (mĂŞme si je la refuse sur mon blog), surtout si c’est un partenaire. Egalement si cette publicitĂ© reste discrète, Ă©videmment (comme tout le monde, j’ai horreur des trucs qui dĂ©filent dans tous les sens).
- la pub concernant un endroit que l’on a bien aimĂ©, un organisme par lequel on est passĂ© qui nous a plus. LĂ encore, aucun problème. Ce n’est que justice de faire la pub pour quelque chose que l’on a apprĂ©ciĂ© ! Je le fais volontiers pour les hĂ´tels/restaus/guides que j’ai apprĂ©ciĂ© durant mes pĂ©riples en Asie.
- les articles « sur demande ». LĂ je suis très très sceptique. Je suis déçu de constater que la promo sur le Guide Michelin fait suite Ă une telle requĂŞte. Certes tu l’as sans doute trouvĂ© intĂ©ressant, mais je trouve que ce n’est pas honnĂŞte vis-Ă -vis des lecteurs de ne pas le prĂ©ciser. Ce n’est que mon opinion.
- concernant le voyage « sponsorisĂ© », si l’organisme te laisse une totale libertĂ© quant Ă ce que tu Ă©cris sur le blog, alors moi je dis, BANCO ! D’après ce que je comprends, tu fourniras Ă l’organisme des articles et des photos, donc pour moi il n’y a pas de d’interfĂ©rence avec ce qui se passe sur le blog. Pour moi (dis-moi si je me trompe) ça se rapproche un peu de ton travail pour Carnets d’ExpĂ©ditions, oĂą tu travailles en tant que photographe, et nous fait partager un journal de bord en parallèle, dissociĂ© de ton travail professionnel.
Just my 2 cents
En ce qui concerne l’article type Michelin j’ai l’impression d’avoir fait une erreur de jugement en le publiant sans le signaler juste parce que j’avais le sentiment que ce serait le seul et unique (et je ne suis toujours pas certaine d’en rĂ©diger d’autres !). Promis, si j’en publiais d’autres, je vous le signalerai ! Mais je maintiens que j’ai Ă©tĂ© très sincère en l’Ă©crivant puisque ce qui m’intĂ©ressait surtout c’Ă©tait de savoir comment vous utilisiez vos guides papier, et vos rĂ©actions diverses ont Ă©tĂ© intĂ©ressantes pour tout le monde.
D’autre part au sujet de ce voyage rĂ©munĂ©rĂ©, je suis libre d’Ă©crire sur mon blog mes rĂ©cits de voyage comme je l’entends. A mon retour j’Ă©crirai en plus entre 5 et 10 articles supplĂ©mentaires que je livrerai Ă l’Office de Tourisme avec un certain nombre de photos. Libre Ă eux de les utiliser dans le cadre de la promotion du pays en question. C’est un travail de journaliste, comme je le fais Ă©galement dans le cadre de la promotion des Carnets d’ExpĂ©dition ou des Carnets de PlongĂ©e pour le compte du producteur, ou pour d’autres reportages que j’ai effectuĂ© auparavant ou entre-temps pour la presse magazine. Rien de nouveau, tu l’as bien compris.
Vraiment très très intéressant, cette nouvelle problématique des blogs face aux annonceurs.
Le sujet fait couler beaucoup d’encre Ă©lectronique en ce moment dans la blogosphère, en particulier ce nouveau mode de pub que dĂ©veloppent des agences de com type Blogrider, eBuzzing, Blogbang, etc. via les « billets sponsorisĂ©s » et autres initiatives du mĂŞme type. Faites donc une petite recherche dans un moteur sur ce thème, le dĂ©bat est vif…
Tu n’es pas la seule, Marie-Ange, parmi les auteurs de blogs jugĂ©s « influents » par les annonceurs Ă avoir tentĂ© l’expĂ©rience du billet sponsorisĂ©. LĂ -dessus, je maintiens ce que je disais plus haut: chacun est libre d’Ă©crire ce qu’il souhaite dans son blog, MAIS: quand on est journaliste, et qu’on Ă©crit comme tel, sous cette identitĂ© professionnelle dans un blog, alors on se doit de respecter le code de la profession. Bref, un billet sponsorisĂ© doit ĂŞtre signalĂ© comme tel aux visiteurs. Question de transparence, de crĂ©dibilitĂ©, d’honnĂŞtetĂ©. Mais je vois que nous sommes finalement d’accord lĂ -dessus.
Pour les autres pratiques, celles des produits reçus en « test », des voyages de presse, elles sont effectivement courantes et rĂ©pandues dans la profession. Rien de nouveau, en effet. Et ça ne me gĂŞne pas si le journaliste « invitĂ© » fait correctement son boulot derrière, avec l’objectivitĂ© qui est la sienne, dans le respect de la ligne Ă©ditoriale du support pour lequel il travaille, pour les papiers qu’il a prĂ©vu d’Ă©crire, et sans se sentir obligĂ© de servir la soupe Ă celui qui finance le voyage ou fournit les produits. Pour informer, il faut bien avoir accès aux choses dont on parle. Mais il est plus prudent de lâcher l’affaire quand on a le sentiment dĂ©sagrĂ©able de se faire « acheter ».
L’exercice est plus dĂ©licat quand le reportage est rĂ©alisĂ© dans le cadre d’un partenariat avec le support de presse pour lequel on travaille et un organisateur d’Ă©vĂ©nement. LĂ , des pressions peuvent s’exercer. Et les papiers publiĂ©s seront en fait plus de la communication que de l’information.
Car le problème est lĂ : on confond informer et communiquer. Le journaliste, dĂ©tenteur de la carte de presse, fait un travail d’information, il n’est pas attachĂ© de communication au service d’un annonceur quelconque. De plus en plus de gens, sur le web en particulier, font la confusion. Une dĂ©rive inquiĂ©tante, qui nuit Ă la confiance que les gens ont dans la presse et les mĂ©dias.
C’est pour ça que je pense qu’il convient de sĂ©parer soigneusement les deux types d’exercice, en les identifiant de façon claire. Y compris sur un blog.
Nombreux sont les journalistes qui font un boulot de com’ (pour des raisons matĂ©rielles ou par intĂ©rĂŞt pour un domaine particulier), Ă cĂ´tĂ© de leur activitĂ© journalistique proprement dite. Comme ils ont les compĂ©tences pour Ă©crire et prĂ©senter un sujet, ils sont très sollicitĂ©s. Le tout est de pouvoir ensuite continuer Ă exercer en toute indĂ©pendance son travail strictement journalistique.
Aucun commentaire Ă ajouter Ă cela Corinne, tout est dit !…
PS : ne pas oublier tout de mĂŞme qu’Un Monde Ailleurs n’est pas Le Monde, et que mon ambition sur ce blog n’est pas de rĂ©diger un vrai article de presse comme en vous liriez tant ailleurs, et comme j’en rĂ©dige pour d’autres mĂ©dias. Je garde ici la ligne directrice qui m’est propre et qui me motive : raconter MA vision du voyage, Ă travers mon expĂ©rience de voyageuse. En gardant un soupçon de poĂ©sie, et quelques Ă©motions Ă transmettre. Un Monde Ailleurs n’est pas un blog de tourisme, c’est un livre virtuel Ă feuilleter pour y lire le rĂ©cit de voyages aux quatre coins du monde. Surtout, ne pas confondre les genres…
Comme tu dis, surtout ne pas confondre les genres. Et j’abonde dans le sens de ton PS :
C’est bien pour toutes ces raisons que j’aime tant parcourir Un Monde Ailleurs!!!
Justement parce que ce n’est pas un blog de tourisme ni une collection d’articles de magazines. Le ton de tes rĂ©cits, leur qualitĂ©, les belles Ă©motions que tu nous fais partager me font revenir rĂ©gulièrement ici. Et je ne suis pas près d’arrĂŞter!!!
Ă€ bientĂ´t!
Je pense très honnĂŞtement que si tu avais annoncĂ© que l’article Ă©tait sponsorisĂ©, je ne l’aurais pas lu !
Merci pour ta sincérité.
Un autre cĂ´tĂ© positif de ce reportage sponsorisĂ© : dĂ©sormais c’est l’Homme qui suit ! :-p
VĂ©ronique C. > très honnĂŞtement, j’aurais fait comme toi si je l’avais lu sur un autre blog…
Tomawak Diver > je tiens Ă ma relation de confiance avec mes lecteurs, et je n’ai aucunement l’intention de les trahir, mĂŞme pour gagner ma vie. Et… l’Homme ne part pas avec moi sur ce reportage (dont la date de dĂ©part vient d’ĂŞtre repoussĂ©e de 3 semaines !). Je pars toute seule, quant Ă lui il prĂ©pare la suite de nos Carnets…
Je viens de lire la suite des messages… Discussion très intĂ©ressante. Je suis d’accord avec vous par rapport Ă la rigueur et Ă la transparence, et le fait que l’Ă©thique journalistique devrait ĂŞtre la mĂŞme sur un blogue. Par contre, moi non plus je n’ai pas la prĂ©tention de vouloir faire «Le Monde» en bloguant! Mon blogue, c’est avant tout mon espace de libertĂ©, celui qui me permet justement de parler des coulisses de mon mĂ©tier et des autres sujets qui me passionnent mais n’intĂ©ressent pas forcĂ©ment les mĂ©dias dits traditionnels.
Autre dĂ©tail: oui, quand nos voyages sont sponsorisĂ©s par les offices de tourisme, nous sommes libres d’Ă©crire ce que nous voulons. Par contre, ce qui fausse parfois un peu les choses, c’est qu’ils mettent le paquet pour nous faire voir le bon cĂ´tĂ© de leur pays, ne lĂ©sinant sur aucun dĂ©tail. Il est Ă©vident que loger dans un hĂ´tel «7 Ă©toiles» Ă Hong Kong a rendu mon sĂ©jour plus agrĂ©able que si j’avais dormi dans un hostel !
Ça me rappeler l’expo universelle de Lisbonne, oĂą je suis allĂ©e en tant que simple touriste. Un ami s’y Ă©tait rendu pour une sĂ©rie de reportages tĂ©lĂ© et n’a pas eu Ă faire la queue. Il a adorĂ© son expĂ©rience. Moi, après 4 heures d’attente sous un soleil brĂ»lant, il aurait fallu que l’attraction soit vraiment extraordinaire pour que je l’apprĂ©cie. Je garde un souvenir plutĂ´t amer de ma visite des lieux…
Oups! Ça me «rappelle»…
Nous sommes donc d’accord sur la libertĂ© d’expression sur un blog qui est effectivement un espace personnel sur lequel l’auteur doit se sentir libre d’Ă©crire, comme il l’entend, sur le sujet qu’il souhaite aborder. Pour l’instant, c’est toujours mon cas !
Pour les voyages « sponsorisĂ©s », il est Ă©vident que si le prestataire est dĂ©sireux de nous montrer le meilleur, on ne va pas faire la fine bouche. Par contre en tant que journaliste, si nous savons apprĂ©cier le confort pour ce qu’il est, je pense que nous sommes aussi tout Ă fait capables de prendre de la distance par rapport Ă ces conditions hors normes et de nous mettre Ă la place du lecteur qui, lui, vivra autre chose. Et donc de relativiser. Par ailleurs, un prestataire qui me logerait en 5* pendant une semaine partirait (en ce qui me concerne) avec un lĂ©ger handicap : cela me mettrait mal Ă l’aise vis-Ă -vis de mon objectivitĂ©… J’aurais sans doute tendance Ă me montrer un peu narquoise, mais je ne pense pas que j’en ferais Ă©tat dans mes Ă©crits.
Par contre si c’est un hĂ´tel 5* qui me loge pour en parler, je n’ai pas de scrupule Ă tester ses services. Cela m’est dĂ©jĂ arrivĂ©, et je le traite avec la mĂŞme objectivitĂ© qu’un Ă©tablissement de catĂ©gorie plus modeste (ou plus raisonnable). Toute catĂ©gorie a son charme, et le 5* n’est pas forcĂ©ment toujours le meilleur choix (en fonction de l’objectif de son voyage)…
Pour ce qui concerne ton expĂ©rience Ă l’expo universelle de Lisbonne, il va de soi que les facilitĂ©s offertes (parfois, pas toujours !) aux journalistes ont parfois du bon, et prĂ©cisĂ©ment dans le cas que tu cites. Comment aurais-je rĂ©agit ?…
Je crois que lorsqu’on voyage pour travailler on espère, forcĂ©ment, des conditions de travail qui nous permettront d’aller plus vite au coeur du sujet, avec un maximum d’efficacitĂ©. Pour pouvoir tĂ©moigner davantage, avec un maximum d’infos. Mais ça n’empĂŞche pas de prendre de la distance avec les facilitĂ©s offertes et de se mettre Ă la place du lecteur (encore une fois) pour Ă©valuer son apprĂ©ciation dans des conditions d’utilisation normales. Ce que tu as vĂ©cu…
Enfin, mĂŞme en temps que journaliste avec prestations payĂ©es, on peut vivre des expĂ©riences root, voire très root, et en ressortir enrichi(e) aussi. En sachant que le touriste « classique » ne vivra lui, jamais ce type d’expĂ©rience.
Donc toute expĂ©rience est bonne Ă prendre, tant qu’on ne perd pas de vue son objectivitĂ©. Qu’en pensez-vous ?
J’ajouterais une rĂ©flexion :
Nous n’avons sans doute pas non plus la mĂŞme pression sur les Ă©paules quand nous sommes « sponsorisĂ©s » pour effectuer un reportage qu’un touriste qui aurait payĂ© pour le mĂŞme voyage : sans vouloir jouer les Calimero de service (« c’est vraiment trop injuste… »), je me sens très redevable dès lors que je suis en mission pour un prestataire qui m’a offert le voyage, pas dans le sens oĂą je me sens obligĂ©e de faire un article Ă©logieux, au contraire mon objectivitĂ© s’en trouve affutĂ©e, mais dans le sens oĂą il s’agit d’un travail Ă part entière et je ne me sens pas le droit de me comporter comme un touriste classique.
C’est-Ă -dire que je ne m’octroie pas le plaisir d’un cocktail sur la plage Ă l’heure du coucher de soleil : je suis en gĂ©nĂ©ral dans ma chambre, devant l’ordi, Ă rĂ©diger mon papier, Ă trier mes photos, Ă batailler avec les connexions Internet pour mettre en ligne, Ă monter les rendez-vous du lendemain, etc…
Je cours partout, pour rentabiliser mon temps et engranger les photos dans diverses situations. Je suis en permanence en situation d’interview avec les personnes que je rencontre. Je plonge, encore et encore, s’il s’agit d’un sĂ©jour plongĂ©e, malgrĂ© le froid, malgrĂ© les conditions en mer, malgrĂ© la fatigue parfois.
Et je vais ĂŞtre exigeante avec le prestataire : je vais chercher Ă en obtenir le maximum, pour pouvoir offrir le maximum Ă mes lecteurs. Un voyage dans le dĂ©sert n’est possible que si nous partons Ă 05:00 du matin ?… Ok, pas de petit dĂ©jeuner. On peut aller plonger sur ce site mais c’est Ă 2h de Zodiac et la mer est mauvaise ?… Ok, tant pis pour le mal de mer. On peut rencontrer une tribu Dayak mais il va falloir dormir trois jours par terre et pas de salle de bains ? Banco, on y va. Etc…
En gĂ©nĂ©ral c’est bien perçu par le prestataire qui accepte de jouer le jeu. Mais je le redis : quand je rentre de voyage, je suis toujours fatiguĂ©e ! Par contre un vacancier va rentrer reposĂ©, dĂ©tendu. Mais nous n’aurons pas non plus vĂ©cu le mĂŞme voyage…
Dernier point : tous les prestataires ne sont pas des escrocs, loin de lĂ ! La plupart de ceux avec lesquels, ou pour lesquels, j’ai travaillĂ© sont d’honnĂŞtes gens qui aiment leur mĂ©tier et veulent juste le faire savoir pour augmenter leur chiffre d’affaires et continuer Ă travailler. Alors en gĂ©nĂ©ral ils ont Ă cĹ“ur de nous mettre en situation rĂ©elle, et quand une situation sort un peu de l’ordinaire, ils nous le signalent systĂ©matiquement. Et je l’Ă©cris dans le reportage. Leur intĂ©rĂŞt n’est pas de vendre sur papier ce qu’ils ne peuvent offrir, ils ne tiennent pas Ă ce que les futurs clients allĂ©chĂ©s par un reportage leur reprochent ensuite de « ne pas avoir vu les requins longimanus » ou « ne pas avoir eu beau temps en pĂ©riode de cyclone », etc… Donc j’entends assez facilement « non, ne l’Ă©crivez pas parce que c’est tout de mĂŞme rare… ».
Conclusion : être payé(e) pour voyager crée une obligation de résultat. Et si on est sérieux, ou consciencieux, on donne le maximum pour témoigner du maximum. Pour le bénéfice du lecteur.
En tous cas c’est comme cela que je perçois mon drĂ´le de mĂ©tier…