Je hais Ikea !…

22 mai 2005 par Un Monde Ailleurs  
Dans Lire et dire

Cauchemar IkeaCeux d’entre vous qui ont déjà expérimenté seront d’accord avec moi : quand c’est possible, n’achetez rien en kit ! Nous avons tous à 20 ans couru les kilomètres d’exposition des vendeurs de meubles suédois pour y trouver le meuble miracle ou l’objet de cuisine design (qu’on utilise rarement). Et nous nous sommes tous promis que jamais, plus jamais, nous n’y remettrions les pieds. Jusqu’au jour où, pas le choix, les Suédois sont tout de même les plus doués pour le meuble en kit qui ira exactement à l’emplacement de votre choix dans votre cuisine, sans vous obliger à investir les sommes que vous préférez mettre ailleurs… Ca n’a rien à voir avec un choix esthétique, c’est juste… pratique !

Sauf que…


L’Homme est en voyage professionnel et puisque cette fois on ne m’a pas permis de le suivre, je me suis promis de poursuivre l’aménagement de l’appartement que nous avons investi voici quelques mois sans avoir jamais eu le temps de nous y poser plus de quelques jours d’affilée…

Après avoir mesuré, dessiné sur papier, estimé l’espace rangement et localisé le magasin qui se trouve à Vitrolles, à 37 km de chez moi, je réussis l’exploit de happer une vendeuse au rayon cuisine et d’acheter les deux éléments qui manquent à notre cuisine : un meuble bas de 60 cm de large, et une armoire de rangement pour y cacher notre épicerie asiatique, entre autres… La vendeuse me regarde avec des yeux vides, écoute à peine les questions que je pose et tapote sur son écran pour valider le nombre de cartons que je dois récupérer moi-même dans leur stock (attention à ne pas vous tromper de référence !) et ceux qu’il me faut retirer au comptoir après la caisse. C’est là que j’ai la première surprise désagréable : charger seule, entre autres emballages encombrants, un carton de 2 mètres de long et de 61 kg ! Je vous le confirme : avec quelques efforts acharnés pour le soulever, ça rentre dans le 4 x 4 !… Il fut plus difficile en fait de faire passer ledit carton du coffre de la voiture à l’appartement puisque j’ai eu les plus grandes difficultés à faire entrer ce colis très haut dans l’ascenseur dont la porte est plus basse que le plafond…

Mais soit ! La douzaine de cartons dans le salon, il faut bien se résoudre à les ouvrir pour procéder au montage puis à l’installation de ces deux meubles. Le premier soir, enthousiaste, je monte le premier cube qui correspond au meuble bas : chevilles métalliques, chevilles en bois, vis, clous, tout y passe ! Et me voici avec un meuble de 60 x 60 que j’ai déjà du mal à soulever une fois monté. Et je vais me coucher…

Le matin suivant, je me fixe comme objectif de finir l’installation de ces deux meubles coûte que coûte avant la fin du week-end puisque le planning de la semaine prochaine est déjà bien chargé et partant du principe que ce qui est fait n’est plus à faire… j’ai repris tournevis cruciforme et petit marteau (merci à l’Homme pour sa caisse à outils bien garnie !) pour fixer les trois tiroirs coulissants du meuble bas. Et là… ça se corse !

Parce qu’il est finalement très facile de monter des tiroirs. Mais lorsqu’il s’agit de fixer les rails des tiroirs, vous vous apercevez subitement que ce que vous aviez subodoré la veille s’avère exact : les trous préformés sur les parois des meubles ne correspondent pas forcément à l’emplacement des trous sur les rails des tiroirs !… Et je me retrouve à pester avec force jurons en agrandissant à coups de tournevis rageurs les trous pour 2 malheureux mm. Une fois les rails fixés pour le tiroir du haut supposé accueillir plus tard les couverts de cuisine, autre surprise : le tiroir est trop haut et par conséquent, il est impossible de le glisser dans le meuble puisqu’il fait un mm de trop !!!… Il bute inexorablement contre le montant du haut et ne glisse pas sur les rails. Enervement maximum… Et je compatis alors avec ces messieurs les plus calmes qui se retrouvent forcément un jour devant des aberrations de ce genre et qui montrent les dents subitement.

Abandonnant le tiroir du haut, je me décide à installer les deux tiroirs du bas, l’un pour les casseroles, l’autre pour ma collection impressionnante d’épices du monde entier. Tout le monde sait que je raffole de la cuisine asiatique en général et thaïlandaise en particulier, et que j’ai pris l’habitude de manger créole au cours de ces trois ans passés dans l’océan indien, je ne vais donc pas vous décrire les flacons de garam massala, de gingembre du Siam, et de colombo martiniquais, vous me croirez sur parole. L’Homme partage mon goût pour la cuisine étrangère et nous rivalisons dans la bonne humeur pour nous surprendre l’un l’autre avec des saveurs originales. Je suis convaincue qu’il n’existe pas un seul couple dans le quartier qui ait un assortiment aussi complet de udons, ces nouilles de blé tendre ou de farine de sarrasin que l’on utilise au quotidien en cuisine japonaise.

Bref, j’emboîte, je visse, je cloue, je serre, je me pince, je me coince, je ronchonne, j’enrage : les deux tiroirs du bas sont finalement en place et coulissent en silence en obéissant au doigt et à l’oeil. Mais entre-temps, je me suis aperçue d’une belle erreur de la part de ma vendeuse aux yeux bovins : au lieu de commander sur son écran les trois façades de tiroirs, elle m’a commandé une porte pleine avec ses charnières ! Ce qui signifie que j’ai des tiroirs, mais sans façade. Pratique ! Ca ne met pas vraiment mes épices à l’abri de la poussière, mais on a un accès direct et surtout une vue plongeante sur l’intérieur du placard !… Si le magasin était moins loin, j’y retournerais illico pour l’écarteler en place publique ! Mais en ce samedi soir 21:00, je me sens claquée, j’ai le dos en compote, les doigts douloureux et j’ai encore un meuble à monter… Et il ne sera pas dit que j’abandonnerais cette histoire de tiroir du haut qui ne peut pas entrer dans le meuble. En étudiant ce problème plus calmement, je m’aperçois que sur la notice de montage on demande de fixer les rails à une certaine hauteur, ce que j’ai fait en comptant scrupuleusement les petits trous préformés servant de repères. En fait, si je fais abstraction de la notice et que je baisse les fixations sur la rangée de trous préformés inférieure d’un cran, le tiroir passera parfaitement… Dont acte, je m’exécute immédiatement en espérant que mon esprit ne m’égare pas puisque je bataille de nouveau avec ces trous mal placés, et je festoierais presque lorsque le fameux tiroir du haut s’enclenche alors parfaitement sur ses rails et qu’il file se ranger de lui-même au fond du bloc… C’était juste une erreur de la notice cette fois !

En tirant le meuble sur un carton éventré, je parviens à le glisser jusqu’à son emplacement prévu dans la cuisine et je peux enfin poser le plan de travail qui vient le couvrir. Et là, autre surprise désagréable : les standards suédois d’Ikea ne sont pas ceux du cuisiniste de Kaufman & Broad : il y a un dénivelé d’un centimètre entre mon meuble flambant neuf (sans façades) et les meubles installés par notre propriétaire… Mais tant pis ! C’est un appartement de transition, et je suis déjà satisfaite de constater que ce meuble entre bien dans l’espace prévu et je vais pouvoir l’installer définitivement. Je passe ensuite deux heures à tout ranger et à redistribuer le contenu de nos placards. Je file au lit vers 1:00 du matin, épuisée mais satisfaite.

Ce matin, en ce dimanche ensoleillé de mai, je m’acharne au montage de la colonne-armoire… Nouveau défi avec les chevilles métalliques, puis les chevilles de bois, quelques vis, et… arrive le moment où je dois poser un côté de l’armoire sur les autres parties du cube afin justement d’en faire un cube. Le problème c’est que, j’ai beau essayer trois fois de suite, toute seule, je ne peux pas à la fois soulever cette façade latérale et la poser au bon endroit juste en face des chevilles des deux façades haut et bas : j’ai besoin d’aide. Je me suis écrasé un orteil en la reposant au sol, à bout de forces, les muscles tétanisés par l’effort, et je souffre déjà d’un bleu assez monumental au-dessus du genou gauche, causé hier par le plan de travail 60 x 78 qui m’a échappé des mains…

Je vais donc frapper chez mes voisins compatissants et la charmante Marseillaise m’aide alors à superposer ces trois parties qui s’emboîtent avec un peu de difficultés puisque de nouveau les trous préformés ne correspondent pas tous tout à fait à l’emplacement des chevilles qui doivent venir s’empaler… Je cloue alors la plaque de fond : 30 clous à disséminer autour du cadre. Puis les vis pour bloquer les chevilles métalliques. Je m’ouvre un doigt avec un tournevis cruciforme qui glisse sur le métal d’une vis. Mais je suis déterminée : la cuisine prend forme, elle devient fonctionnelle et je veux que tout soit en place avant le retour de l’Homme. Il est en Nouvelle-Calédonie et hier il me disait “mais je ne comprends pas, c’est quoi tout ce travail dont tu me parles, tu dois avoir fini maintenant, profites-en pour te reposer…”. Il ne peut pas comprendre, il ignore tout de l’aménagement de l’appartement. Ce sera ma surprise pour son retour. Mais j’en bave !…

Lorsque l’armoire est prête à installer, je frappe à nouveau chez ma souriante voisine qui s’amuse de mes efforts en solitaire et qui compatit à mes petits tracas de bricoleuse pas du tout confirmée. A deux, nous glissons l’armoire sur un carton jusqu’à son emplacement définitif, nous la redressons, je la colle au mur, et la voilà bien en place !… Il n’y a plus qu’à installer les étagères et monter les rails de fixation des corbeilles coulissantes… Et ça voyez-vous, je le ferai demain ! Parce que j’ai terminé à 13:00 en nettoyant le sol et les meubles de fond en comble et je me trouve plutôt satisfaite du résultat. Bien sûr, mes tiroirs n’ont pour l’instant pas de façades, et je dois encore aménager l’intérieur de l’armoire et fixer l’immense porte sur ses charnières. Mais la cuisine a au moins un aspect fonctionnel, tout est rangé, plus rien ne traîne au sol et nous disposons désormais d’un grand espace de travail autour de la plaque halogène pour la préparation de nos petits et grands repas. L’Homme sera soulagé de n’avoir pas cela à faire en rentrant, et moi j’ai atteint l’objectif que je m’étais fixé : il me reste encore deux heures de travail dans cette cuisine, mais ce soir, elle sera terminée.

Pour les façades je retournerai au magasin dans la semaine et si j’ai le temps je les fixerai avant le retour de l’Homme, sinon cela attendra un peu. Ce n’est pas essentiel. Parce qu’il me reste maintenant un immense chantier : le bureau et les bibliothèques du salon… Avant mercredi soir je dois avoir déménagé le bureau et préparé tout ce que je compte ranger sur les étagères des bibliothèques, autant dire que je dois avoir vidé tous les cartons qui restent dans cet appartement : à l’instant je viens de dénombrer 21 cartons, deux caisses métalliques et une malle à vider…

PS : le pied de basilic vient de rendre l’âme, rongé aux racines par une colonie de pucerons, et grillé au soleil sur la terrasse… Il aura survécu trois semaines grâce à mes soins répétés. Paix à son âme ! Mais j’ai découvert un élément intéressant : le basilic mort, ça sent le pipi de chat !

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Commentaires

Une Réponse à “Je hais Ikea !…”

  1. Le Guen le 12 juin 2005 17:20

    Je suis rentré déchiré de fatigue et…

    Ah que c’est bon d’avoir un mari bricoleur !

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