Île Maurice, une halte à Grand Baie

15 juin 2008 par Un Monde Ailleurs  
Dans Océan indien

Grand Baie à l\'île MauriceAujourd’hui les kite-surfeurs s’en donnaient à cœur joie dans les baies de l’île Maurice, l’anti cyclone leur offrant quelques envolées somptueuses au-dessus des vagues. Ayant renoncé à tenter une sortie en bateau après avoir scruté l’écume des vagues sur le récif signalant l’impétuosité de la mer, nous avons remonté la côte vers le Nord, en direction de Grand Baie :

Grand Baie à l\'île Maurice

Vaquant à quelques affaires personnelles, Jean-Michel me dépose près des marchands ambulants offrant cari poulet, beignets de chou et oignons, et ananas découpés. Curieusement aucun touriste ne tente sa chance et laisse la priorité aux Mauriciens qui, en ce dimanche, déambulent en couples avant de rejoindre la famille sur l’une des plages de la région pour le pique-nique dominical. Le sourire de la vendeuse est si alléchant que je teste un beignet de chou, brûlant mais à la pâte légère, mousseux, parfumé, et (beaucoup trop) calorique.

mangues île Maurice

Puis, quelques photos plus tard, je rejoins ce qui fut ma halte favorite dans le passé lorsque je venais faire quelques emplettes ici : le Sunset Café. Petit repaire discret dissimulé au-dessus du ponton des bateaux de pêche au gros, le Sunset Café est connu des locaux (surtout par les expatriés) et quelques visiteurs de passage s’y égarent parfois. La musique est toujours trop forte, mais c’est quasiment le seul endroit où l’on puisse s’asseoir pour boire un verre face à la baie, juste au-dessus de la mer. Et j’adore…

Avant, il y a quelques années, j’aimais y venir au coucher du soleil, lorsque le ciel s’embrase et que quelques traînées sanglantes s’accrochent aux nuages. Ce midi je commande un simple jus d’orange mêlé d’ananas, fait avec des fruits frais dont on retrouve la pulpe dans le verre embué. Et en écoutant les trilles de Sinead O’Connor je laisse mon regard se perdre sur les coques colorées des catamarans pavoisés aux couleurs du drapeau mauricien.

A la table d’à côté quelques expatriés discutent affaires et drague. Dans le désordre (ou dans l’ordre ?… tout dépend sans doute du sexe qui s’exprime…). Je capte l’accent alangui d’un vrai Mauricien qui colore son récit d’expressions savoureuses, en français suranné. Les autres surenchérissent, rient, entrechoquent leurs verres. La bière délie les langues et le soleil désinhibe. Sacré tropiques…

De l’autre côté ce sont deux Anglaises bon teint (c’est-à-dire roses de soleil absorbé trop vite) accompagnées d’une fillette d’une dizaine d’années vêtue de cerise. Le trio me fait penser à un milk-shake framboise, je ne saurais dire pourquoi… Leur anglais précieux s’interroge sur le taux de change alors qu’elles comparent les tee-shirts et paréos achetés quelques minutes auparavant tandis que l’enfant s’impatiente jusqu’à ce que son assiette de frites soit déposée devant elle. Elle oublie aussitôt le manque d’attention des aînées pour se concentrer sur l’un des atouts du Sunset Café : ses frites ! Epaisses, carrées, légèrement dorées, elles ont l’air d’avoir été faites à l’instant sous les mains expertes d’une cuisinière attentive, comme à la maison. Je cèderais bien à la tentation d’une salade accompagnée de marlin fumé, mais il me faut rejoindre mes amis et je file, en abandonnant quelques roupies sur la table.

Lorsque je me lève, les hommes réalisent qu’il y avait une blonde derrière le palmier nain qui me cachait. Je croise leurs regards, je me fends d’un petit sourire sarcastique, et ils pouffent entre eux, un peu gênés. Je parie qu’ils parleront moins fort dimanche prochain !…

;-)

PS : quand je vous dis que la mer est forte ici, même les Mauriciens en restent sans voix… Ci-dessous Jean-Michel en admiration devant la houle qui vient se fracasser sur les roches basaltiques, anciennes coulées de lave de cette terre éruptive. Cette même houle qui l’empêche de faire sortir ses bateaux au-delà du lagon…

île Maurice côte Est

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Commentaires

6 Réponses à “Île Maurice, une halte à Grand Baie”

  1. Corinne le 16 juin 2008 1:48

    Que c’est beau…

    Avec la houle, c’est presque la Bretagne! Les fruits exotiques et l’accent créole en plus!!!

    ;-)

  2. Un Monde Ailleurs le 16 juin 2008 8:01

    Maurice = la Bretagne ?… Hum… :-)

    Disons que la côte Est mauricienne ressemble beaucoup à la côte Est réunionnaise, et notamment par ses roches basaltiques (volcaniques) noires sur lesquelles la mer vient parfois s’écraser. Néanmoins les lagons sont beaucoup plus nombreux sur la côte Est mauricienne que sur La Réunion (toute proche, à peine 170 km de distance entre les deux îles). Et en temps normal les lagons sont calmes, translucides, ou turquoise. Sauf ces jours-ci !…

    Impossible de plonger encore aujourd’hui… la passe reste infranchissable. Mais j’ai tout de même de quoi faire en terme de photos, une journée bien remplie m’attend.

    Bonne journée Corinne…

  3. Jean-Michel Langlois le 16 juin 2008 19:54

    Joli texte M-A,

    Si je ne suis pas sorti ces deux jours a Belle Mare, c’est par respect pour mes clientes qui ont le mal de mer, neanmoins, les autres ont quand meme plonge. N’oublie pas Cap Divers a Cap Malheureux.

    A demain

  4. Un Monde Ailleurs le 16 juin 2008 20:17

    Exact, mais je parlerai de Cap Divers dès que j’aurai plongé là-haut !…

    Sinon, merci pour ta délicate attention, c’est ce que j’appelle “avoir des amis” !…

    ;-)

    Et à l’attention de mes lecteurs : nous tenterons une sortie en mer demain matin, en espérant que le mal de mer n’aura pas raison de mon estomac récalcitrant face à une houle sauvage. Sinon il semblerait que ce soit davantage possible à partir de mercredi matin, et nous rattraperons le temps perdu !

  5. Yves le 16 juin 2008 21:58

    Ex_cel_lent.

    Les photos sont pour moi un bain de magnifiques souvenirs.
    J’ai l’impression de manger des frites et sentir cette odeur de beignet.

    Il y a des choses qui sont agaçantes en voyage et pour rejoindre un autre post qui a fait débat sur ton blog.
    Souvent le touriste “français” mais aussi “allemand” parle fort et “gras”.
    J’ai pu le constater encore au Maroc.
    Certainement un “gène colon vieillissant” ;)

    Merci encore.

  6. Un Monde Ailleurs le 17 juin 2008 18:01

    Bonsoir Yves, de retour du Maroc… Il va falloir montrer les photos maintenant… ;-)

    J’avoue fuir un peu les touristes français quand je suis en voyage, mais surtout lorsqu’ils sont en groupes, ou entre amis : ils deviennent alors très imbus de leur suprématie supposée, et sont presque arrogants (ou condescendants, pire) vis-à-vis des autres populations. Effectivement, dans les contrées moins “riches” économiquement, sans doute une vieille réminiscence de l’histoire colonialiste…

    Mais les Allemands rient haut et fort, les Italiens hurlent toutes les nuits (ne pas dormir près d’une piscine quand un groupe d’Italiens sévit dans le coin !), etc…

    Bref, il y en a pour tous les goûts… ;-)

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