Lorsque l’Homme rentre…
11 juin 2005 par Un Monde Ailleurs
Dans Lire et dire
Après dix jours de décalage horaire violent et le grand plaisir de découvrir à son retour, tel un enfant le soir de Noël, tous les changements intervenus dans l’appartement en son absence, l’Homme s’éveille tout à coup un matin avec l’irrépressible envie de participer à l’aménagement de la caverne : moi capable de planter un clou, toi indiquer à quel endroit !
Et nous voici en quelques minutes voletant de mur en mur, lui le marteau en main, moi à surveiller le niveau. Après quelques minutes, un beau tableau représentant une source dans laquelle nous avons plongé dans le Lot (et peint par sa maman) trône au-dessus de la belle table en fer forgé ; deux photos sous-marines faites par l’Homme, encadrées et suspendues sur les murs de la plus petite pièce de l’appartement ; une photo sous-marine dans le bureau ; et mon tableau sous-marin représentant l’un de mes sites de plongée à Maurice sur le mur du couloir menant aux chambres. Soudain, l’espace s’anime, les murs se réchauffent. Il en manque encore, que nous trouverons au cours de nos voyages à venir.
Puis l’Homme décide de partir en excursion vers les zones commerciales autour de Marseille. Il veut des cannisses pour occulter la terrasse et nous soustraire aux regards des promeneurs des jardins du rez-de-chaussée. Il veut aussi acheter des plantes pour cette terrasse et des globes pour habiller les ampoules nues au plafond de la salle de bains, cuisine, couloirs,… bref, il est plein d’énergie, plein d’enthousiasme !
Premier arrêt chez Bois & Chiffons : je veux lui montrer son canapé, celui qu’il a acheté sans le voir, celui dont nous attendons livraison pour mi-juillet. Nous entrons dans le magasin, je l’entraîne vers le coin salon où l’objet de notre attente est en exposition. Je désigne le canapé, un peu agacée par la présence de quatre personnes assises sur ledit canapé, apparemment en pleine négociation d’achat. Et l’Homme dit : “mais que font ces gens dans notre salon ?!…“. Il est un peu surpris, la photo affichée sur mon blog ne correspond pas à l’idée qu’il s’était fait de l’objet qu’il a maintenant sous les yeux. Je l’encourage à patienter, je suis certaine qu’il aimera son nouveau canapé. Après un tour rapide du magasin puisque je suis toujours en recherche d’une table basse mais aussi d’un paravent orné et de tableaux pour décorer, nous reprenons la voiture pour nous garer quelques centaines de mètres plus loin dans cette zone commerciale.
Après une solide documentation, l’Homme cherche surtout notre nouvel écran de télévision. Et désireux d’avoir la meilleure technologie pour visualiser ses programmes mais aussi ceux des autres, l’Homme a fait son choix : il veut le plus grand, le plus beau, le plus high-tech ! Un vendeur chez Darty tente de le convaincre qu’il vaut mieux acheter plasma plutôt que LCD. Ils discutent connectique, pouces, carte PCMCIA, affichage, etc… Moi je surveille la taille de l’engin, son look, la qualité d’image. Chacun son domaine ! Pas tout à fait convaincus, nous ressortons. L’Homme file dans une librairie à quelques mètres de là, vérifie dans un magazine spécialisé puis fait irruption devant moi qui en avait profité pour faire le tour d’une boutique de décoration d’intérieur et me dit : “c’est celui-là ! il nous le faut !“. Il est hilare et me dit “je viens de lire qu’il est d’une sophistication rare !… donc c’est pour nous !“. A grandes enjambées impatientes, il me fait presque voler jusqu’au vendeur Darty surpris de nous voir revenir si vite. Deux renseignements supplémentaires puis le vendeur peut nous serrer la main lorsqu’il nous abandonne aux mains de la caissière : il vient de s’assurer un bonus pour sa fin de semaine ! Nous avons un peu bataillé, mais rien à faire : l’écran ne sera pas livré au nid avant mardi matin… Deux jours à patienter. Et moi je me demande si nous n’aurons pas l’impression d’être dans l’écran lorsque nous regarderons la télévision tant il est large…
Puis, satisfait, il m’entraîne vers les robots ménagers : quelques jours auparavant j’ai signalé à l’Homme qu’il nous faudrait un jour un vrai robot puisqu’il a envie de jus de fruits frais et que j’ai besoin d’un peu de modernité pour exercer mes talents culinaires. Comme rien de ce que je dis ne tombe dans l’oreille d’un sourd, l’Homme a enregistré et passe à l’acte : je sélectionne rapidement l’engin, un robot pétrisseur, mixeur, centrifugeur, presse-agrumes,… et j’en passe. Nouveau passage aux caisses. Quelques heures plus tard, lisant au lit chacun sa brochure d’appareil, il me dira : “la vache, c’est la première fois que j’achète un robot aussi cher, tu as intérêt à me faire de beaux petits hâchis !“. Et nous explosons de rire !…
Chez Leroy-Merlin, nous sélectionnons très rapidement les cannisses pour la terrasse : blanc, propre, net. Par contre, je freine sec devant les boules japonaises qu’il tente de me convaincre d’acheter pour enrober les ampoules du plafond ! des boules japonaises en papier pliant. Ce n’est pas du tout ce que j’envisage pour notre intérieur malgré les tentatives de séduction de l’Homme. Totalement has-been ce truc. Pas question et pas question. Je reste ferme. Et il me fait rire avec son petit air frustré qui consent. J’ignore encore qu’il profitera d’un shopping en solitaire quelques semaines plus tard pour rapporter les fameuses boules japonaises, à mon insu.
Nous n’avons pas trouvé les plantes : parvenus chez Truffaut vers 19:30, nous n’avons eu que le temps de nous faire copieusement surprendre par les douches de l’arrosage intégré certainement déclenchées pour faire fuir les clients tardifs. Nous achèterons le citronnier plus tard !
Il nous faudra aussi repartir en excursion pour dénicher la table de terrasse qui nous permettra de nous attabler à six. L’Homme est très heureux de sa terrasse et des lits de repos noyés sous les coussins.
Voilà ! Il s’agissait d’un sursaut d’énergie qui nous a donné envie de mettre la main à la pâte pour peaufiner l’aménagement d’un appartement qui nous plait vraiment. Nous fêtons aujourd’hui nos deux ans d’histoire commune. Ce n’est pas toujours facile, pas toujours simple, mais nous enchaînons avec un grand plaisir et un grand bonheur vers une troisième année…
Mots-clés :Francis Le Guen, Marseille





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