Cousteau or not Cousteau ?…
29 mai 2006 par Un Monde Ailleurs
Dans Plongée sous-marine
J’avais déjà plongé en Martinique : ma toute première plongée s’est faite en juillet 1998 en compagnie de mon fils qui n’avait que 12 ans à l’époque. Je tenais à ce que nous commencions tous deux ce sport, ensemble. Nous avons donc passé notre baptême de plongée en nous tenant la main, puis après une semaine de cours théoriques et pratiques nous avons révisé notre niveau 1 ensemble (cet enfant d’alors craignant férocement d’échouer !).

L’examen a été difficile pour lui parce que le directeur du centre n’a fait que peu de concession avec le fait que cet enfant n’avait pas la corpulence d’un adulte : il nous a fait faire 100 mètres en mer en nage de surface, avec bouteille de plongée sur le dos mais sans gilet stabilisateur (qui habituellement fait office de flotteur) ! En ce qui me concerne j’ai eu un peu de mal sur le retour (une bouteille pèse environ 10 à 12 kg), mais… il m’a fallu littéralement soutenir mon fils en surface dès la moitié du périple parce que la bouteille était bien trop lourde pour lui. Le moniteur qui nous surveillait étroitement depuis le ponton du centre m’a accueillie en me disant entre les dents “il est dingue, il n’avait aucune raison de faire ça pour un gamin !“. J’ai su bien plus tard qu’effectivement, cet exercice stupide n’était pas inscrit aux épreuves, mais je n’ai toujours pas compris pourquoi il a obligé mon enfant à le faire. Quoiqu’il en soit, nous avons obtenu notre niveau 1 tous les deux et Romain n’était pas peu fier !… Il l’avait bien mérité. Néanmoins je n’avais pas gardé un souvenir flamboyant de mes plongées (le fameux Rocher du Diamant) parce que c’était trop émaillé d’exercices pratiques.

(Albert Falco, ancien capitaine du bateau de J.-Y. Cousteau, la Calypso)
Lorsque j’ai replongé sur les mêmes sites (et d’autres) en janvier 2005, je n’ai toujours pas été éblouie. Pourtant j’y ai plongé en compagnie d’Albert Falco, ancien capitaine de la Calypso pendant 37 ans. Belle émotion de plonger avec un grand Monsieur (il a accepté de poser pour moi, j’ai même eu droit à une signature et quelques mots gentils sur mon carnet de plongée). J’ai plongé dans la baie de Saint-Pierre, sur les épaves des bateaux coulés par la nuée ardente de la Montagne Pelée en 1902. Enormes crabes… Et j’ai replongé avec Albert sur le site du Rocher du Diamant, sur l’autre face. Je sais maintenant que ce directeur de centre de plongée à l’époque de ma première qualification s’est bien moqué de nous : pendant une semaine nous n’avons vu qu’un seul site, plus un autre pour y faire des exercices d’apnée (dont une apnée jusqu’à 15 mètres que le moniteur qui nous contrôlait sous l’eau a ramené discrètement à 10 mètres lorsque ce fut le tour de mon fils).
En janvier 2006 j’ai découvert les fonds de la Guadeloupe au large de Basse-Terre, sur un espace qui est soit-disant “Réserve Cousteau“. Enfin, c’est ainsi qu’elle est nommée… même si Cousteau n’y a jamais plongé ! Mais la Guadeloupe a saisi cette occasion de faire un peu de marketing et… un centre de plongée avisé a même décidé d’immerger là un buste en bronze du célèbre commandant (photo en tête d’article). A moins de 10 ou 15 mètres de profondeur, vous vous retrouvez soudain avec le bonnet rouge (qui n’est pas rouge sous l’eau…) vous faisant un signe de communication. Etrange (et presque morbide).

Cette fois, puisque je n’étais pas prise par les difficultés du devoir (pas d’entraînement à la plongée et pas d’éclairagisme sous-marin à assurer pour un cameraman), j’ai davantage prêté attention au paysage et à la flore. Disons-le tout net : je n’ai pas été estomaquée. Je n’ai pas vu de profusion de poissons, pas d’animal de hauts fonds, pas de superbes coraux mous… Mais j’admets que je n’ai pas non plus vu tous les sites de plongée proposés par les centres. Par contre, j’ai apprécié la multitude d’éponges de toutes formes et de toutes couleurs qui font des Caraïbes un jardin différent du reste du monde. Savez-vous que les éponges peuvent être tubes ? barriques ? cornets ?…
Les gorgones filaires (cidessous) sont aussi étonnantes, de belles chevelures aux longs filaments blancs ou jaunes qui ondulent au gré des courants. Les poissons y jouent, s’y cachent.

Il y a une plongée que je recommanderai : sans doute la plus réputée de Guadeloupe, celle du Sec-Pâté. Dénommé ainsi parce qu’à partir de 30 mètres depuis la surface, on aperçoit d’énormes pics rocheux qui montent des profondeurs. Ces pics sont littéralement couverts d’une épaisse flore sous-marine extrêmement diversifiée : coraux mous d’une belle couleur sombre, gorgones pourpres, coraux cuir, corail de feu, éponges par centaines,… Evidemment lorsque la flore sous-marine abonde, la faune est présente également puisque les poissons s’y nourrissent et s’y cachent. De nombreuses espèces récifales s’y regroupent dont les lutjans, de petites perches de mer, des poissons-coffres pintades qui frétillent du croupion frénétiquement, des anges empereurs majestueux, des anges français (qu’on ne voit que dans les Caraïbes), etc… Et par bonheur, une belle tortue qui déambule nonchalamment au-dessus de la tête des rares plongeurs qui s’aventurent là, une habituée des lieux paraît-il.
Cette plongée du Sec-Pâté n’est pas accessible à tous les plongeurs, parce que le site est localisé en pleine mer, entre l’île de la Guadeloupe et l’archipel des Saintes. Et que la houle de surface est souvent forte, voire très forte. Parfois le courant sous la surface interdit aux plongeurs la descente de 30 mètres vers le site… Le palier de décompression se fait en étant houspillés et accrochés à la corde d’ancrage, et la remontée sur le bateau s’avère sportive… Mais pas de doute, si vous allez en Guadeloupe, et que vous avez le niveau nécessaire, il faut voir le Sec-Pâté !
Si vous y allez, rendez vous à Bouillante face aux Ilets Pigeon pour plonger avec le centre Les Heures Saines.
Mots-clés :Caraïbes, Carnets de Plongée, Guadeloupe, Martinique





J’ai aussi eu l’occasion d’échanger et de plonger avec MONSIEUR Falco!
Grand respect pour cet homme d’exception.
J’ai un autre très grand souvenir. Plonger avec Haidar au Sénégal. Je te conseille cette destination. Je suis sur que tu pourrais faire un très beau reportage.
GB