Je vous propose une nouvelle escale dans l’archipel des Bahamas, dans les îles moins connues des francophones qui ne retiennent que les noms de Nassau ou des îles aux plages célèbres. Lors de mon séjour en juin dernier, j’ai eu le privilège de passer quelques jours à bord d’un catamaran pour explorer de plus près quelques îles du groupe des Abaco. Suivez le guide…
Lorsqu’au petit matin le doux clapotis de vaguelettes infimes sur la coque du catamaran me réveille, une main vague cherche le volet de toile à tâtons pour prendre connaissance de la météo du jour. Aveuglée par la lumière violente qui inonde soudain ma cabine, je ferme d’abord les yeux, puis en ouvre un prudemment avant de le refermer : où suis-je ?
J’ai eu le temps d’apercevoir un ciel limpide et ma conscience enregistre maintenant un léger mouvement du bateau qu’aucun bruit ne trouble. Serais-je la première à m’être réveillée ?… Non, tandis que je me traîne à genoux sur le lit pour atteindre la fenêtre, je tombe nez à nez avec une paire de pieds qui traverse d’Ouest en Est ! Visiblement, l’un de mes compagnons de voyage s’est montré plus matinal que moi (a-t-il mieux résisté au rhum de la veille ?…). Je m’accorde pourtant une longue minute pour profiter du panorama qui s’étire sous mes yeux, presque au ras de l’eau, une eau émeraude qui fait la fierté de l’archipel. Nous voici ancrés devant l’une des îles du groupe des Abaco !
Je prends une douche rapide dans ma mini salle de bains dotée de tout le confort (et merci d’avoir songé à nous équiper en produits de toilettes locaux fabriqués à base d’aloe, excellent pour la peau et contre les coups de soleil !). Après m’être assurée que les photos de la veille sont bien en train de se transférer sur l’un de mes mini disques durs externes, je file rejoindre mes amis sur le pont. Nous sommes 3 catamarans à naviguer de concert pour quelques jours en mer des Abaco. Pour moi ce n’est pas une première en catamaran puisque j’avais expérimenté quelques navigations au large de Maurice pour une journée puis quelques jours en mer plus rude au large des Marquises. J’appréhendais un peu le mal de mer, mais ici la mer est d’huile et l’équipage aux petits soins et parfaitement rôdé sait se montrer présent et chaleureux sans être omniprésent. Nous sommes choyés, dorlotés, et très heureux d’être là tous ensemble au petit déjeuner qui annonce une journée radieuse. Les plus gourmands d’entre nous se font un plaisir d’engloutir oeufs bénédicte et pancakes tout en plaisantant pendant que d’autres se perdent dans la contemplation du lieu. A vrai dire, ce matin-là je suis un mélange des deux : gourmande des mets sans être rassasiée du paysage !
Situé à 265 km de la Floride, et à moins de 190 km de Nassau la capitale, le sous-archipel des Abaco est l’une des destinations favorites des plaisanciers américains : Great Abaco, la troisième plus grande île des Bahamas se prolonge sur un arc de 200 km environ grâce à 7 îles et une multitude d’îlots. Ces petites îles créent une zone naturelle et protégée qui favorise la pratique de la pêche au gros et de la plaisance dans la mer des Abacos. Contrairement aux autres îles des Bahamas, la colonisation des Abaco s’est faite au moment de la guerre d’indépendance des Etats-Unis ; une poignée de loyalistes s’est implantée ici et là au gré des îles pour y fonder des racines tout en « cultivant » les échouages de navires passant à portée immédiate des récifs environnants et la commercialisation du rhum au fil des siècles avant de devenir de braves et honnêtes citoyens créant phares, petits hôtels, marinas et maisons d’hôtes pour le plus grand bonheur des touristes.
Au départ de la marina de Marsh Harbour la veille, sur l’île de Great Abaco qui rassemble la majorité des magasins, hôtels et facilités du sous-archipel, nous avons navigué une partie de la nuit sur une allure modérée pour ancrer devant l’îlot de Fowl Cay. Ne le cherchez pas sur la carte ci-contre, vous ne le trouverez pas ! Mais si vous évoquez la réserve marine des Abaco, nul doute que l’on vous acheminera vers cet éden sous-marin constitué de récifs protégés qui ont fait notre bonheur ce matin : une eau chaude et cristalline, des coraux affleurants et de nombreuses variétés hébergeant mérous tigres (tiger grouper), poissons papillons virevoltants et des bancs entiers de de poissons chirurgiens blue tang à la robe bleu sombre ourlée de bleu vif sur la caudale et la dorsale (acanthurus coeruleus). Si je n’ai pas eu le temps et l’opportunité de plonger cette fois aux Bahamas, cette petite séance de snorkeling m’a laissée sur ma faim et avec une envie intense de revenir tremper mes palmes dans les eaux claires des Abaco !
A peine sommes-nous remontés à bord que l’équipage lève l’ancre pour nous mener vers un autre îlot que j’ai encore aujourd’hui du mal à définir, Great Guana Cay : oui, j’ai aimé son ambiance fun et folklo, mélange d’ambiance créole célébrée par des bimbos en ultra bikini et de fumets de barbecues alléchants. Non, cette presque décadence mâtinée d’Américains en goguette trempant dans le lagon avec une, voire deux !, bières à la main ne correspond pas tout à fait à ma notion d’îles au soleil.
Mais, d’accord ou non, pour ou contre, on ne reste pas insensible au charme de Great Guana Cay. D’abord on y arrive grâce à des embarcations à fond plat uniquement, ce qui limite grandement l’affluence et les remous. Une fois grimpé sur le ponton de bois qui mène jusqu’à un ensemble de bâtiments au charme colonial (reconvertis en hôtel propret), il faut se laisser séduire par l’ambiance vacances qui prédomine ici : duo de musiciens s’exerçant avec succès au rake and scrape (musique locale qui consiste à mêler accordéon, triangle et en grattant les dents d’une scie !) face à la piscine, plage abritée et cocotiers, touristes visiblement heureux et conquis, vous ne serez pas les derniers à onduler des hanches très vite et sans vous en apercevoir.

On passe aisément une heure ou deux sur la plage à écouter la musique traditionnelle qui vous emporte au-delà de vos frontières, puis il est temps d’aller voir ce qui attire ici des centaines de visiteurs chaque année. En vous dirigeant vers le Nord de Great Guana Cay, en saluant les rares habitants et les touristes de passage sur les chemins de sable serpentant entre les dunes, vous trouverez aisément ce qui fait la notoriété de cet îlot : une immense plage naturelle de 11 kilomètres de long (photo en tête d’article) !
Mais il faut venir à Great Guana Cay le dimanche pour profiter d’un spectacle qui en enchantera certains et en fera sourire d’autres : chaque dimanche, le Nipper’s propose un barbecue… largement arrosé ! J’avoue ne pas avoir vu quoique ce soit griller où que ce soit, mais j’ai humé le contenu d’énormes assiettes garnies défilant au beau milieu d’une foule dense s’agitant sur les différents niveaux de terrasses en bois du Nipper’s installé sur l’une des dunes surplombant cette plage qui n’en finit pas… Près du bar, une piscine ronde qui évoque plutôt le jacuzzi dans lequel trempe une vingtaine de jeunes gens sirotant bière et cocktails en hurlant de joie au son des derniers tubes à la mode que diffuse le DJ du haut de ses platines sophistiquées dans un recoin sombre. Autour du bar en bois réduit à sa plus simple expression, des hectolitres d’alcool s’échangent dans des gobelets en plastique contre des dollars froissés. Pour en profiter il faut résolument oublier l’atmosphère excessive du lieu pour jouir de la bonne humeur ambiante et faire connaissance avec des Bahaméens et des Américains souvent curieusement accoûtrés et qui ne manquent pas de vous poser l’inévitable « where do you come from ?« … A vous alors de les faire rêver à votre tour en prononçant le non moins fameux « Paris, France !« . La conversation est engagée…
C’est presque à reculons que nous avons quitté le Nipper’s et Great Guana Cay pour rejoindre notre catamaran, mais le soir-même nous attendait une autre escale de charme baignant dans un doux coucher de soleil qu’il ne faut pas manquer : je vous raconterai demain…
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Rédactrice, auteur et photographe, Marie-Ange Ostré publie chaque semaine le récit et les photos de ses voyages en direct ou en léger différé. Paysages, rencontres, plongée sous-marine, cuisine, culture, bons plans,... Tous les voyages, à l'écoute des cinq sens !








jolie expédition entre virée en Catamarans et le folklore touristique américain ( deux bières dans chaque main pour le couché du soleil..beuh) et rhum en guise d’apéro ( oh ouiiii) . Bref j’essaye d’imaginer le décors et l’ambiance alors que nous abordons l’automne en France -;)
Merci pour l’info,c’est le type de balade sympa qu’on a envie de faire en dehors de sentiers battus des Bahamas traditionnellement envahis par les touristes de tous horizons . Mes Cousins Américains me disent souvent que les parisiens n’ont pas l’air sympa ( oh!). Avec un peu de Rhum j’espère que tu leur en auras fait la démonstration contraire -;)
Merci Tess…
Même sans rhum j’ai réussi à obtenir l’accord de nombre d’entre eux pour leur tirer leur portrait, et crois-moi les messieurs sont souvent les plus timides surtout lorsqu’il s’agit d’agiter un 60 mm sous le nez (grande proximité). Mais avec un grand sourire, tout se passe bien…
Bonjour!
je viens de Iire Ie debut , et je reste sur ma faim ….! Ia suite , ou puisje Iire Ia suite ? Nous partons Ie 1er janvier pour miami puis Iouons un voiIer sans skipper au depart de grand abaco pendant 15 jours.
J’ai pu voir des quantites de photos sur Ie net signees marie ange ostree . ( Ies tiennes?)
merci de me donner des infos sTp.
je suis tres pressee. a tres bientot j’espere!
DesoIee , j’etais teIIement interressee par ton recit que je n’avais pas pris Ie temps de tout decortiquer sur ton bIog …. (avant d’envoyer Ie 1er commentaire, et je dois passer pour une idiote….:-( )j’ai eu beaucoup de reponses a mes questions….
Je suis passionnee par toutes tes histoires , j’y ai passe I’apres midi aIors que j’aurais du faire mes bagages…..!
J’ai vote en ta faveur. queIqu’un qui arrive a me tenir en haIeine a ce point ,c’est rare….
J’espere une future victoire meritee!!!!
Bonjour Stangia, tout d’abord bienvenue sur les pages d’Un Monde Ailleurs et mille merci pour avoir passé l’après-midi en ma compagnie au lieu de faire ces bagages qui, pour faire de la voile dans les Abaco aux Bahamas ne devraient pas prendre plus de cinq minutes. Laisse-moi te guider : lunettes de soleil, chapeau ou casquette, crème solaire et crème apaisante, crème ou fluide anti-moustiques si vous devez dormir à terre, un appareil photo avec suffisamment de cartes numériques, le chargeur de batterie, un maillot de bain, et un paréo. Tout le reste est superflu !!!…
Je n’ai pas encore eu le temps d’écrire la suite, il faudrait pour cela que je m’isole pendant 8 jours pour le faire sans être perturbée par d’autres taches moins gratifiantes que de raconter ce fabuleux voyage que j’ai vécu aux Bahamas en bonne compagnie. Mais je vais le faire ! Et je ferai même mieux, très bientôt !
Mais d’ici là tu seras rentrée de ce beau voyage et je suis certaine (j’espère ?…) que tu reviendras ici pour nous raconter tes aventures et donner peut-être d’autres conseils précieux pour ceux de mes lecteurs qui sont tentés par cette expérience de navigation dans les Abaco.
Quoiqu’il en soit j’ai promis de commencer ces récits par la randonnée en kayak dans la mangrove de Grand Bahama puisque mes lecteurs l’ont élu par vote. Vous l’aurez lundi, c’est promis ! Nous commencerons l’année sous le soleil des Bahamas…
Je te souhaite un très beau voyage, très zen, dans les Abaco. Profite bien et reviens nous raconter à ton retour !