Au rythme de Salvador de Bahia

5 mars 2005 par Un Monde Ailleurs  
Dans Amérique

Récit de voyage BrésilQu’espérer de mieux qu’entrer au Brésil en arrivant par Salvador de Bahia ?!… Nous sommes tous ravis d’atterrir enfin au Brésil : pour les 5 membres de l’équipe de tournage, il s’agit d’une première. Mes compagnons ont tous beaucoup voyagé, mais jamais ils n’ont visité ce pays vaste comme 17 fois la France. Il fait nuit, il est 18:00 mais nous ouvrons tous grands les yeux pour chercher, qui les Brésiliennes siliconées, avec ou sans strings, qui les favelas pour les premières prises de vue, qui encore les premiers accents de bossa nova.

Pelhourino, quartier ancien de Salvador de Bahia

On nous conduit en mini-bus à notre hôtel et notre chauffeur a laissé une vidéo en marche pour nous accueillir, une star brésilienne hurle des rythmes oscillant entre la samba, la bossa nova et le disco. Après deux jours de voyage depuis Paris, nous nous sentons crasseux, fatigués, et un peu déboussolés. Mais nous découvrons les chambres de l’hôtel Tropical avec étonnement, au 11ème étage : l’Homme est traité avec égards puisqu’on lui remet la clé d’une grande suite royale avec deux salons et une vaste chambre, et deux grandes salles de bains avec douche double et large baignoire rectangulaire taillée dans le marbre. Un traitement de faveur un peu inhabituel qu’on apprécie avec humour, et plaisir ! Merci à Cathy Gonçalvès, notre guide sur place représentant le tour-opérateur… Un dîner original et somptueux, quelques heures de sommeil et à nous Salvador !…

Ce matin, en ouvrant les rideaux, je découvre la vue sur l’Atlantique, coincée entre deux immenses tours de béton. Nous sommes donc en bord de mer. Première constatation d’Européenne : l’Atlantique, vu du Brésil, est aussi gris qu’à La Rochelle ! Le ciel est plombé, on nous annonce de la pluie.

Hier soir au dîner nous nous sommes mis d’accord : nous avons tous très envie de découvrir cette ville, et encore plus de faire une halte au grand air avant de remonter dans des avions pour atteindre notre point de destination finale. Nous devons être à l’aéroport à midi, nous avons choisi d’écourter notre nuit pour profiter de trois heures dans la ville avec notre chauffeur-guide qui nous entraîne directement vers le Pelourinho, le vieux centre ville.

Francis Le Guen à Salvador de Bahia

Dès 8:00 du matin nous foulons les pavés des ruelles de ce quartier historique de Salvador, nez au vent : notre réalisateur filme à tour de bras des scènes de rue et la déambulation de l’animateur le long des échoppes à touristes ou devant les peintures murales (ci-contre) qui égaient certaines rues en cours de réfection. Un petit moment à admirer la baie tout en observant un Brésilien qui tient absolument à montrer son savoir-faire en capoeira, cette danse gymnique qui mêle mouvements d’arts martiaux et rythme brésilien, pour quelques piécettes…

Nous repartons dans les rues de l’ancienne première capitale coloniale du Brésil : fondée en 1549 sur le modèle des villes portugaises de l’époque avec ses fortifications, ses places publiques et ses églises richement décorées, Salvador devient un centre commercial important qui assure la liaison entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques. Elle exporte le sucre, le café, le tabac et les métaux précieux, ainsi que le pau brasil, ce bois précieux qui va donner son nom au Brésil. Trois à quatre millions d’Africains arrivent par cette porte d’entrée sur le territoire pour travailler en tant qu’esclaves dans les plantations, les mines, et pour bâtir les grandes villes et les infrastructures du pays. Quatre siècles plus tard, le gouvernement entreprend une vaste opération d’assainissement du quartier ancien pour éradiquer les bordels et les crimes crapuleux qui y fleurissent. En quelques années, et après des travaux de rénovation importants, les ruelles pavées deviennent l’un des premiers sites touristiques historiques du Brésil.

Femme de Salvador de Bahia, Brésil

Très vite, il se met à pleuvoir sur la place centrale et cette pluie tropicale transforme un caniveau en mini torrent, drainant toute la poussière de la rue et faisant dévaler tous les mégots de cigarettes vers le bas du quartier, nous faisant toucher du doigt la misère de ces favelas qui sont à quelques centaines de mètres de nous… Quelques femmes acortes en robe traditionnelle abordent les touristes pour se faire photographier contre quelques pièces. Un gamin de 13 ans qui maîtrise le sourire et quelques mots de français réussit à extorquer au producteur quelques reals pour le prix d’un petit collier brésilien (auparavant, il aura été suffisamment malin pour lui offrir le premier collier…).

Salvador de Bahia, Brésil

Nous nous abritons sommairement, et rapidement, sous des porches en regardant les troupeaux de touristes prendre ce déluge sur les épaules et sauter maladroitement de flaques en flaques, les ruisseaux d’eaux de pluie dévalant sur leurs chevilles ! Ce quartier aux ruelles étroites et sombres sont égayées par les couleurs vives des façades et les balcons ouvragés. Quelques boutiques proposent les célèbres peintures naïves de Salvador (voir photo en tête d’article). La caméra tourne, et nous nous dirigeons vers le bas du quartier lorsque notre guide arrête le producteur : il ne faut pas descendre plus bas. Au-delà de la place centrale du vieux quartier, en limite Sud des façades pour touristes, vivent des milliers de Brésiliens désargentés. Le chauffeur nous fait comprendre qu’avec le matériel de prises de vues nous sommes des proies vivantes et que les favelascapoeira s’adonnent en cercle à une démonstration efficace, qui rappelle aussi le métissage de cette population riche de 2 millions d’habitants pour cette seule ville.

Salvador de Bahia, Brésil

Nous remontons dans notre bus et prenons la direction de l’aéroport en longeant les bidonvilles, modestes planches de bois constituant les murs, toits de tôles, le tout sur pilotis pour mieux s’agripper aux pentes abruptes du relief de la baie… n’attendent que nous… Désappointés, et vivement réintégrés dans le contexte social local, nous obtempérons à contre-coeur et reprenons le chemin du retour. Une diseuse de bonne aventure attrape fermement au vol la main de l’animateur pour débiter quelques phrases en brésilien, et lui extorquer une cigarette ou deux… Un groupe de danseurs de capoeira s’adonnent en cercle à une démonstration efficace, qui rappelle aussi le métissage de cette population riche de 2 millions d’habitants pour cette seule ville. Nous remontons dans notre bus et prenons la direction de l’aéroport en longeant les bidonvilles, modestes planches de bois constituant les murs, toits de tôles, le tout sur pilotis pour mieux s’agripper aux pentes abruptes du relief de la baie…

Il nous reste encore deux ou trois mille kilomètres à effectuer pour atteindre notre première destination : Bonito, grosse bourgade au cœur du Mato Grosso do Sul, non loin de la frontière du Paraguay. Nous allons nous poser une première fois à Sao Paulo en survolant sa forêt tentaculaire de buildings, puis en fin de journée nous embarquerons sur le dernier vol pour Campo Grande. En arrivant à destination je recompterai mes cartes d’embarquement depuis notre départ de Paris trois jours auparavant : nous avons décollé six fois ! Mais en arrivant à Campo Grande, nous apprenons que nous aurons encore près de 3 heures 30 de route en mini-bus avant d’atteindre notre destination finale : au soir de notre arrivée, nous ne verrons de la pousada qui nous attend à Bonito que la chambre tellement nous sommes éreintés.

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Commentaires

2 Réponses à “Au rythme de Salvador de Bahia”

  1. Jocelyne le 20 juillet 2008 18:12

    ton blog a fait peau neuve. je vois que tu es égale à moi, qui n’arrête pas de refaire et refaire mon site de voyages.
    En partance pour Salvador, fin de la semaine qui vient, via une journée à Rio.
    Pas de Pantanal, loin, froid, pas de Noronha, pas trouvé quelqu’un qui soit prêt à casquer le budget avec moi. Donc on verra bien. S’il ne pleut pas comme il a plu ce dernier mois, déjà je serai très contente.
    Jocelyne

  2. Un Monde Ailleurs le 21 juillet 2008 10:33

    Bonjour Jocelyne,

    Cela me fait plaisir de te lire.

    A Rio, sois très prudente : les plaintes pour agression sur touristes sont très fréquentes, et je n’y ai passé que 24 heures mais j’ai constaté que du côté de la plage et notamment le soir il vaut mieux ne pas se promener seule. D’ailleurs normalement la réception de l’hôtel te l’indiquera. Eviter aussi colliers, montres, bagues, et… appareil photo (si tu es seule). Il ne faut pas être parano, mais lucide, consciente et attentive.

    Salvador, j’ai adoré ! Il y a une ambiance assez unique, très… brésilienne ! ;-)

    Je suis certaine que tu vas aimer le Brésil et en revenir enrichie. Je te souhaite un excellent séjour là-bas, profites-en ! Et reviens me raconter quand tu rentreras !

    :-)

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